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Jean-Yves Le Drian a de la mémoire. C’est pourquoi David Robo, maire de Vannes, n’a pas obtenu l’investiture LREM pour les élections municipales de mars 2020. Et du côté du trafic de drogue, le « shérif » Robo a fort à faire…
David Robo, maire de Vannes, croyait avoir mis toutes les chances de son côté pour les élections municipales de mars 2020. Il commence par quitter Les Républicains : « Je ne reprendrai pas ma carte chez Les Républicains. J’estime que ma famille politique qui est la droite et le centre donne une très mauvaise image à travers ce parti » (Ouest-France, Bretagne, vendredi 1er septembre 2017). Il avait surtout remarqué qu’au premier tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron était arrivé en tête dans sa ville avec 31,63% des suffrages, devançant François Fillon (27,19%). Confirmation un mois plus tard au premier tour des élections législatives : Hervé Pellois (LREM) arrive en tête avec 41,90% ; la candidate LR, bonne n°2, se contente d’un 18,85%. David Robo sait dans quelle direction souffle désormais le vent.
« C’est un petit con. Je vais le cogner. J’irai aux régionales pour ça »
On se retrouve alors avec une situation amusante puisque des gens qui ne s’aiment pas (Jean-Yves Le Drian, François Goulard, David Robo) se retrouvent dans le même bateau. Ils cohabitent, « unis » derrière le président de la République pour assurer « l’impérative réussite du pays » (sic). En des temps anciens, Le Drian avait eu cette phrase gentille à l’intention de Robo : « C’est un petit con. Je vais le cogner. J’irai aux régionales pour ça ». Le maire de vannes avait refusé une invitation à dîner à l’Hôtel de Brienne (Jean-Yves Le Drian, le glaive du président, Hubert Coudurier, Plon). C’était avant les élections régionales de 2015. Robo oubliait que Le Drian, ministre de la Défense et président du conseil régional de Bretagne, était le « patron » de la région…
Se plaçant dans l’écurie du Premier ministre, Édouard Philippe, tous deux anciens LR, Robo espérait bien bénéficier de l’investiture gouvernementale. Patatras ! Lundi 1er juillet, LREM dévoile dix-neuf têtes de liste. Et à Vannes, « le parti a notamment choisi d’investir le doyen de la faculté de doit de l’université de Bretagne –Sud, Patrick Le Mestre, face au maire sortant, ancien du parti Les Républicains (LR), David Robo. Or, ce dernier, quia claqué la porte du parti de droite dès septembre 2017, a affiché récemment son soutien à la politique d’Emmanuel Macron. Une initiative qui pouvait logiquement lui donner l’espoir de décrocher l’appui de la majorité pour les municipales. » (Le Monde, vendredi 5 juillet 2019).
Dans Le Télégramme (samedi 6 juillet 2019) Killian Tribouillard explique les choses ainsi : « Le cas vannetais serait surtout lié à une configuration locale. Et à l’intervention de… Jean-Yves Le Drian. Le ministre des Affaires étrangères aurait imposé l’investiture de Patrick Le Mestre contre David Robo, son adversaire aux régionales de 2015, assurent des sources à Paris et en Bretagne. « On a le sentiment que Le Drian ne voulait pas lui laisser le champ libre, confie l’une d’elles. Cela a créé une certaine gêne chez LREM » ».
« Kermesquel, eldorado des dealers »
David Robo peut se consoler de ses déboires en s’occupant de la drogue, activité florissante dans sa ville. Car rien ne va, et l’intervention de la police ne résout rien. L’explication est simple : les dealers sont mobiles ; chassés d’un quartier, ils s’installent dans un autre. Obligés par la police de quitter le parc de Kérizac, situé en plein cœur du quartier de Ménimur, au début de mars 2019, ils se sont déplacés dans le parc de Kermesquel , situé un peu plus à l’ouest en bordure de la RN 165. « La lutte contre les stupéfiants, ce sont des enquêtes longues et fouillées. On va avoir des résultats, ça je peux en assurer les habitants », se rassure David Robo (Le Télégramme, Bretagne, mercredi 31 juillet 2019). En attendant, les riverains se mobilisent. Ils interpellent la population par de l’affichage public. Par exemple : « Kermesquel, eldorado des dealers » ; Voilà une bonne publicité pour Vannes.
Bernard Morvan
Photo : L’hôtel de ville de Vannes, Lavilleautady/Wikimedia (cc)
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