11 septembre 2001 : 18 ans après, entre cicatrices et nouveaux projets

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Les attentats du 11 septembre 2001 ont fait entrer le monde dans une nouvelle ère. Ils ont mis les États-Unis à genoux, réveillé les islamistes de tous bords et provoqué de graves atteintes aux libertés. Dix-huit ans après, toutes les plaies ne sont pas refermées…

11 septembre 2001 : rappel des faits

Il fallut moins de deux heures pour que tout bascule. Le mardi 11 septembre, entre 8h46 et 10h03  du matin (heures américaines), quatre avions de ligne détournés et utilisés comme de véritables missiles provoquèrent la mort de 2 977 personnes.

Les deux premiers percutèrent les « Twin Towers » (tours jumelles) au cœur du quartier de Manhattan, à New York, tandis que le troisième percuta le Pentagone – le ministère de la Défense –  à Washington DC, la capitale fédérale des États-Unis. Le quatrième appareil s’écrasa dans un champ, en Pennsylvanie.

À 9h59 et 10h28, les deux Tours jumelles s’effondrent sur elles-mêmes. Avant cela, tentant de fuir la chaleur infernale, des dizaines d’hommes et de femmes se jetaient par les fenêtres.

Un troisième gratte-ciel du World Trade Center s’effondre à 17h20, et ce sans avoir été touché par un quelconque attentat.

Aucun avion détourné ne fut détruit par l’armée de l’air américaine. L’ensemble du trafic aérien fut stoppé tandis que le président, George W. Bush, restait coi en apprenant les nouvelles alors qu’il visitait une école.

343 pompiers sont morts en faisant leur travail. Des recherches pour retrouver d’éventuels survivants dans les ruines des Tours jumelles, renommées « Ground Zero » ont duré plusieurs jours.

Les pompiers décédés sont honorés par une plaque inaugurée en juin 2006.

Avec eux, 300 chiens participaient aux fouilles. Le dernier des animaux survivants a été euthanasié en 2016 et avait été baptisé… « Bretagne ».

Les suites judiciaires et militaires

Très rapidement, le gouvernement américain a désigné Al-Qaïda comme instigateur des attaques et Oussama Ben Laden, le chef du groupe terroriste, comme le responsable. Des vidéos contradictoires le montrent tantôt avouer les faits, tantôt s’en réjouir mais s’en dédouaner.
Le numéro 3 d’Al-Qaïda, Khalid Cheikh Mohammed, aurait quant à lui organisé les opérations. Coupable d’autres attentats par le passé, il a été arrêté en 2003.
Dix-neuf noms de présumés terroristes ont aussi été dévoilés. Certains papiers d’identité de ces hommes ont été retrouvés aux pieds des Tours jumelles, faisant naître des doutes sur leur authenticité et la réelle culpabilité des pirates de l’air.

À ce jour, un seul islamiste, Zacarias Moussaoui, un citoyen français, a été condamné. Il n’est toutefois pas jugé coupable des attentats mais d’avoir participé au complot par son silence. Revenu maintes fois sur ses propos, il est difficile de connaître son implication exacte.

Zacarias Moussaoui

Il aura fallu plus d’un an pour que la commission d’enquête voit le jour. Celle-ci délivre un rapport contesté le 22 juillet 2004. Il accuse le FBI et la CIA de graves défaillances, notamment dans la communication entre leurs services respectifs.

Sur le plan militaire, les Américains ont attaqué l’Afghanistan, fief des Talibans et d’Al-Qaïda, dès octobre 2001.

De fil en aiguille, le gouvernement de George W. Bush a accusé le voisin irakien de menacer les États-Unis et de fabriquer des armes de destruction massive. Le pays de Saddam Hussein a donc été attaqué à son tour à partir de mars 2003. Des dizaines voire des centaines de milliers de civils irakiens auraient été tués et près de 4 500 soldats américains sont également morts dans ce conflit ayant duré officiellement huit ans et huit mois.

La région n’a jamais retrouvé le calme depuis, laissant même la place aux offensives, conquêtes et exactions de Daesh, qui a fondé « l’État islamique » en 2006 sur des territoires irakiens mais aussi syriens.

L’Afghanistan n’a pas non plus connu d’améliorations durant cette période même si la guerre avec les Américains s’est officiellement terminée en 2014 et que Donald Trump, au pouvoir depuis 2016, a lancé des négociations de paix avec les Talibans et le gouvernement afghan.

Les victimes oubliées du 11 septembre et le geste de Donald Trump

Si l’on dénombre comme dit précédemment près de 3 000 victimes le 11 septembre 2001, beaucoup d’autres Américains sont morts des suites de maladies provoquées ce jour-là par les débris toxiques, à commencer par les pompiers et les secouristes de New York.

En juillet dernier, Donald Trump a validé une loi leur garantissant une aide médicale à vie. Le milliardaire, qui a fait en partie sa fortune à New York, a expliqué être lui-même passé à « Ground Zero » après les attentats et a exprimé sa gratitude envers les soldats du feu et les policiers.

Les familles des victimes attendaient cette mesure depuis de nombreuses années.

Freedom Tower et Central Park Tower, deux gratte-ciel pour le renouveau de New York

Les Tours jumelles figuraient parmi les plus hauts gratte-ciel des États-Unis, juste derrière la Willis Tower de Chicago (nommée Sears Tower à l’époque).
Ces bâtiments symbolisaient « la grosse pomme » (surnom de New York) au même titre que la statue de la Liberté, ils étaient visibles dans d’innombrables films et séries et ne pouvaient pas, pour la fierté américaine, être remplacés par un immeuble quelconque.

C’est ainsi qu’est né le One World Trade Center, surnommé « Freedom Tower », en 2014. Treize années et 3,9 milliards de dollars ont été nécessaires pour le voir sortir des ruines des Tours jumelles car de nombreux projets ont été imaginés et des conditions strictes de sécurité devaient être respectées.

L’emplacement exact des anciennes tours est toutefois occupé par un mémorial inauguré en 2011. Les empreintes des Twin Towers sont marquées par des bassins et l’on peut y lire le nom de toutes les victimes du 11 septembre 2001 sur les rebords. Les visiteurs peuvent également découvrir un musée dans lequel sont notamment exposés des débris des tours jumelles.

Si New York n’oubliera jamais les attentats de 2001, la ville est résolument tournée vers l’avenir, comme le prouve l’édification d’un nouveau gratte-ciel, la Nordstrom Tower, auparavant appelée Central Park Tower, dont l’inauguration est prévue pour 2020.

Avec ses 472 mètres – sans compter l’antenne –, ce sera le plus haut building des États-Unis devant… le One World Trade Center.

Crédit photo : DR
[
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