Le 11 septembre 2001 a choqué les États-Unis et l’Europe. Les responsables des attentats devaient être identifiés rapidement et le nom d’Oussama Ben Laden est apparu quasi instantanément. Il ne fallut pas attendre longtemps non plus pour avoir la liste des noms des dix-neuf pirates de l’air ayant détourné les quatre avions.

Cette précipitation politico-médiatique, mais aussi les conditions de l’enquête ou encore les guerres menées en Afghanistan et en Irak ont créé un mouvement international de remise en cause de la version officielle sur le déroulement des événements du 11 septembre.

Des associations citoyennes, des scientifiques, des familles de victimes, des pompiers, des anonymes, des journalistes et des cinéastes ont décortiqué chaque étape pour essayer de comprendre ce qui s’était réellement passé. Des questions importantes et pertinentes ont émergé, mais aussi des théories fumeuses et des postures discréditant les personnalités sérieuses.

Les interrogations sur le déroulement des attentats du 11 septembre 2001

Les premières questions concernent directement les événements survenus le 11 septembre, leur préparation et la façon dont ils se sont passés.
Il faut bien sûr se rappeler que poser des questions n’est pas y répondre.

Ainsi, quand l’on se demande pourquoi aucun avion de chasse n’a intercepté les avions de ligne détournés, cela ne veut pas dire pour autant que l’on imagine que le gouvernement américain a laissé sciemment les appareils se faire détourner.

L’on sait par ailleurs, via les témoignages d’anciens instructeurs des différents terroristes, qu’ils étaient loin d’être brillants lorsqu’ils apprenaient à piloter. Comment ont-ils pu réussir des manœuvres extraordinaires ce jour-là, notamment ceux qui étaient dans l’avion ayant frappé le Pentagone, au ras du sol ?
Des associations de pilotes, y compris en France, jugent les explications données largement insuffisantes.

Peut-être qu’une succession d’incompétences américaines et de performances exceptionnelles des terroristes sont les réponses à ces questions, mais l’enquête qui a été menée est loin de préciser tout cela.

Peut-être aussi qu’il n’y a eu aucun délit d’initié et que les transactions financières effectuées les 7 et 10 septembre par les compagnies aériennes United Airlines et American Airlines (les deux touchées le 11 septembre) ne sont qu’un hasard. Aucune piste ne peut être écartée, mais il est légitime de s’intéresser à tous les détails autour de cet événement qui a coûté la vie à 3 000 personnes à New York et à des dizaines de milliers d’autres par la suite lors des réponses militaires américaines.

Dans la même veine, quel est le phénomène ayant détruit le bâtiment numéro 7 du World Trade Center ? Le 11 septembre, en fin d’après-midi, ce gratte-ciel de 47 étages et 228 mètres (la Tour Montparnasse en fait 210) s’est effondré sur lui-même. Il n’avait pas été touché par un avion ni par un autre attentat et n’avait subi que des incendies provoqués par des débris des Tours jumelles.
Seuls deux autres immeubles en acier s’étaient effondrés de la même manière dans l’histoire… les Tours jumelles, le matin même ! Etait-ce un hasard si cet immeuble abritait des bureaux de diverses agences de sécurité locales ou gouvernementales dont la CIA ? Là encore, il ne s’agit que d’une question, la réponse est peut-être positive, mais le cas de ce qu’on appelait « WTC 7 » est de première importance dans la compréhension du 11 septembre.

Les quatre avions ont été presque entièrement désintégrés lors des crashs, ne laissant que peu de débris à analyser. Pourtant, des passeports et autres papiers d’identité des pirates de l’air ont été retrouvés aux pieds des tours. Comment expliquer cela ?

Comment expliquer également les témoignages de plusieurs pompiers ou employés du World Trade Center qui ont déclaré avoir vu ou entendu des explosions dans les étages et les sous-sols, parfois avant même que les avions touchent les tours ? William Rodriguez, agent d’entretien, a fait de nombreuses conférences pour raconter ce qu’il avait vécu.

Une fois de plus, de nombreuses réponses sont possibles. William Rodriguez est peut-être un affabulateur, à moins que de simples accidents se soient produits à ce moment-là par hasard. Aucune enquête officielle ne s’est toutefois intéressée à ces événements, laissant planer le doute.

Le doute reste entier au Pentagone également. En plus d’être une cible très difficile à atteindre, aucune vidéo de qualité sur l’attaque du bâtiment n’a été diffusée à ce jour alors que tous les bâtiments voisins disposaient de systèmes de vidéosurveillance.

L’incompétence est-elle la cause de la passivité qui a permis à 140 membres de la famille Ben Laden de fuir les USA après les attentats alors que le trafic aérien était stoppé et que le nom d’Oussama Ben Laden était déjà brandi par le président Bush ?

La majorité de ces questions ont été posées dans un documentaire américain intitulé Loose Change : Final cut. Il a été traduit en français par l’association Reopen 9/11, qui milite pour la réouverture d’une enquête et traduit nombre de vidéos et d’articles sur le sujet.

Les interrogations sur l’enquête

Une commission d’enquête a été ouverte 411 jours après les attentats. Ce très long délai est inédit dans l’histoire de la justice américaine.
En guise de comparaison, l’enquête sur l’assassinat de John Kennedy commença une semaine après les faits, tout comme celui de la catastrophe de la fusée Challenger. Pour Pearl Harbor, il fallut attendre neuf jours.
Le budget alloué de 3 millions de dollars est dérisoire par rapport aux 75 millions nécessaires pour l’enquête sur Challenger. Ces éléments font partie des nombreux points qui ont soulevé les interrogations des familles des victimes sur le sérieux de l’enquête.

De plus, de nombreux membres de la commission travaillaient ou avaient travaillé pour des organisations gouvernementales ou des grandes entreprises aéronautiques, faisant naître des soupçons de conflit d’intérêt et de partialité.

Les membres de la commission d’enquête : Richard Ben-Veniste, John Lehman, Thimothy J. Roemer, James R.Thompson, Bob Kerrey, Slade Gorton.
Fred F. Fielding, Lee H. Hamilton, Thomas Kean, Jamie Gorelick.

Les interrogations sur les conséquences du 11 septembre

Une partie des gens qui remettent en cause la version officielle sur les attentats du 11 septembre le font à cause des conséquences de ces derniers.

Après avoir attaqué l’Afghanistan à partir d’octobre 2001, les États-Unis ont dévié sur l’Irak, accusant Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive. L’on sait maintenant que ces accusations étaient fausses, preuve que le gouvernement américain est capable de mentir.

La guerre en Irak a donné l’accès à d’importants puits de pétrole.

Le 11 septembre a aussi permis de faire passer le Patriot Act, un système de surveillance a priori antiterroriste mais plus globalement un outil liberticide contre tout opposant politique.

Les conséquences du 11 septembre ont été dénoncées par le cinéaste d’extrême gauche Michael Moore dans son film Fahrenheit 9/11, sorti en 2004. Contrairement aux questions sur le déroulement des attentats, celles sur les conséquences, qui ciblent notamment le patriotisme et l’armée, sont mieux acceptées. Le film de Michael Moore a d’ailleurs obtenu la Palme d’or du festival de Cannes.

Théories fumeuses sur le 11 septembre

Le défaut de nombre d’anonymes mais aussi de certaines associations s’interrogeant sur le 11 septembre 2001 est de vouloir répondre à leurs propres questions.

L’épilogue de Loose Change : Final cut, le documentaire évoqué précédemment, en est le parfait exemple.

Alors que le film a soulevé des points intéressants pendant deux heures, il se termine par un discours politique anti-américain primaire clamant haut et fort que le gouvernement des États-Unis a menti sur toute la ligne. De quoi satisfaire les médias qui accusent ceux qu’ils appellent « complotistes » de ne chercher que le scandale et non la vérité, comme ils le prétendent.

Les premières versions de Loose Change étaient d’ailleurs très orientées vers ce genre de théories, évoquant par exemple explicitement des missiles au lieu de simplement s’interroger sur les manœuvres exceptionnelles effectuées par les pirates de l’air.

Si des spécialistes peuvent effectivement apporter des théories sérieuses, que ce soit sur le vol d’un avion, la température de fusion de l’acier ou la vitesse à laquelle un gratte-ciel est censé s’écrouler, un observateur lambda se doit de rester dans le doute pour conserver sa crédibilité.

Comme vu plus haut, de réelles questions de bon sens peuvent être posées mais les théories fumeuses ne font que leur mettre des bâtons dans les roues de ceux qui cherchent des réponses. Que répondre à un geek solitaire du fin fond du Cantal lorsqu’il explique avec certitude et arrogance que les Tours jumelles n’ont pas été détruites par des avions mais par des hologrammes ?

Attaques médiatiques

Remettre en cause la version officielle des attentats du 11 septembre équivaut à critiquer l’immigration ou parler d’un grand remplacement de population. Pour les médias, aucun argument sur ces sujets ne peut être toléré et ceux qui les portent doivent être attaqués voire ridiculisés.

Quand un invité souhaite défendre ses idées, il est isolé et fait face à un véritable tribunal.

L’humoriste français Jean-Marie Bigard n’est pas connu pour son sérieux. Pourtant, lorsqu’il a commencé à s’intéresser au 11 septembre, l’homme s’est posé des questions de bon sens, en s’appuyant sur le rapport de la commission d’enquête, et a mis ses interrogations à la disponibilité de son public via de courtes vidéos diffusées sur YouTube.

La réponse a été violente et Jean-Marie Bigard a finalement dû s’excuser et rentrer dans le rang.

Le cinéaste d’extrême gauche Mathieu Kassovitz a connu un sort similaire.

Le journaliste de France 2 Guillaume Durand et ses chroniqueurs, accompagnés de Pierre Moscovici, avaient fait preuve d’une agressivité rare et même émis des soupçons d’antisémitisme envers ceux se posant des questions sur le 11 septembre. Loose Change et l’association Reopen 9/11 n’ont pourtant jamais parlé de Juifs, pas plus que Jean-Marie Bigard ou Mathieu Kassovitz, qui est d’ailleurs de cette confession.

Finalement, en France, la plus grande liberté de ton était donnée dans les années suivant le 11 septembre par l’animateur Thierry Ardisson, qui a notamment invité Éric Laurent (qui a entre autres travaillé pour Radio France et Le Figaro) et Thierry Meyssan, deux auteurs ayant remis en cause la version officielle.

Dix-huit ans après le 11 septembre 2001, le sujet semble lointain, on peut toutefois penser qu’il a provoqué une bonne partie des événements géopolitiques majeurs survenus depuis avec la déstabilisation du Moyen-Orient, le développement de l’islamisme et les vagues migratoires en Europe. Les réponses aux questions posées dans cet article n’arriveront sans doute jamais, mais il est plus que légitime de se les poser, avec mesure et sérieux, bien sûr.

Crédit photos : DR
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