Renzi, Salvini, Mattarella…Que se passe-t-il en Italie ?

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Le nouveau gouvernement italien vient de signer le contrat avec le président italien, Sergio Mattarella. Retour sur les événements qui ont suivi la chute du gouvernement et le retournement de veste de Giuseppe Conte, ex premier ministre du gouvernement Ligue-M5S et premier ministre de la nouvelle coalition PD-M5S.

Quelques jours à peine après les premières tractations qui viennent contrecarrer les plans de Salvini – il voulait faire voter les italiens une deuxième fois, le M5S, au risque de faire échouer le plan de la gauche, commence déjà à faire des siennes et à poser des ultimatums à ses nouveaux partenaires. En effet, écrasé une première fois par la Ligue qui lui a fait perdre des milliers d’électeurs en l’obligeant petit à petit à renoncer à toutes ses promesses de campagnes (non à la TAV, revenu de citoyenneté [une sorte de revenu de base] qui a tourné au fiasco), Luigi Di Maio ne compte pas se faire avoir une seconde fois par le PD cette fois. Alors au risque de faire tomber la coalition qui se met en place, Di Maio impose ses conditions.

« Ou tout le monde est d’accord pour réaliser aussi les points de notre programme ou nous ne faisons pas la coalition », assène Luigi Di Maio à la suite d’une rencontre entre une délégation du M5S et du premier ministre Giuseppe Conte. Et il poursuit : « Ce n’est pas le moment de faire des polémiques ou des attaques, c’est le moment d’avoir du courage. Et il en faut beaucoup pour changer ce pays. Nos points sont clairs : s’ils entrent dans le programme de gouvernement, alors on pourra démarrer. Autrement il vaut mieux retourner voter et j’ajoute même que le plus tôt sera le mieux ». Cela en dit long sur le climat qui règne entre le M5S et le PD et le fait que finalement les deux partis (PD et M5S) ne s’entendent que pour mettre dehors Salvini. D’ailleurs le PD, en la personne de son vice-secrétaire, Andrea Orlando répond sur Twitter à Di Maio : « La conférence de presse de Luigi Di Maio est incompréhensible. Aurait-il changé d’avis ? Qu’il le dise clairement ! ».

Peu après cette première incartade, un deuxième problème surgit, celui de savoir qui serait le vice premier ministre.  Luigi Di Maio contait bien reprendre son poste, ce qui qui lui est refusé par Giuseppe Conte qui ne veut pas d’une présence « encombrante ». Après quelques tractations houleuses, Di Maio a finalement refuser ce poste de vice-premier ministre.

A la suite de ces péripéties, le gouvernement italien a quand même juré le 5 septembre 2019 à 10 heures au Quirinal devant le président italien, Mattarella. C’est donc officiellement la naissance du  66ème gouvernement italien.

Face à ce déni de démocratie, Salvini, unissant ses forces avec Giorgia Meloni de Fratelli d’Italia, organisait une manifestation géante le lundi 9 septembre 2019. Des milliers de manifestants emplissent la place Montecitorio et les rues alentour pour protester contre « le pacte du siège ». C’est une véritable marée vert-blanc-rouge qui scande « elezioni » (élections), hue le nom de Conte et applaudit les différents discours de l’opposition en attendant l’arrivée de Giorgia Meloni et Matteo Salvini. Une belle démonstration de soutien de la part de ces gens qui ne se sont pas rendu à leur travail ce lundi donc, pour exprimer leur désir de démocratie réelle.

Une autre manifestation est déjà prévue pour le 19 octobre prochain. En attendant, Salvini se démène pour les élections régionales en Ombrie, le 27 octobre prochain, et enchaîne aussi les meeting dans toute l’Italie.

Pendant ce temps, le nouveau gouvernement instable se met de nouveau en danger. En effet, Matteo Renzi vient de se décider de se retirer du PD et de créer son propre parti – Italia Viva – entrainant dans son sillage 13 sénateurs dont des présidents de commissions et 40 parlementaires. En plus de signer son arrêt de mort au PD, à qui ce schisme coute plus d’1,5 million d’euros, cette scission fragilise le gouvernement né il y a peu. Cependant les observateurs notent que Matteo Renzi tente de reproduire le succès d’Emmanuel Macron avec En Marche – qui s’est cependant produit dans des conditions notablement différentes.

En effet, Giuseppe Conte qui a déjà bien du mal à garder un équilibre au sein de ce gouvernement disparate, avertit Matteo Renzi que cela ne doit en aucun cas avoir des répercutions négatives sur la coalition.

Toutefois Matteo Renzi compte améliorer ses relations avec le M5S et il a déjà appelé Luigi Di Maio. « Si nous avions passé un accord avec les ‘noVax’ [anti-vaccins – le M5S était contre les 11 vaccins obligatoires à l’école], et les ‘No TAV’ nous aurions été balayés. Maintenant la situation est différente, ils ont changé (le M5S) sur quelques points comme sur la TAV. […] Hier pour la première fois de ma vie, j’ai appelé Di Maio, et ça m’a fait quelque chose. Mes rapports avec le M5S ne sont pas les meilleurs du monde et si nous faisons ce gouvernement c’est pour le bien de l’Italie. Si j’avais continué à dire non à tout rapport avec le M5S, j’aurais abandonné l’Italie à la politique de Salvini. Je pense que c’eût été une erreur ».

Et pendant que Salvini et Giorgia Meloni tentent de tenir l’opposition et répondre au mieux aux attentes des italiens et que Matteo Renzi s’occupe de son schisme avec le PD, le gouvernement reprend son activité favorite, l’accueil massif des migrants. Déjà avec le navire Ocean Viking, sont entrés 82 migrants clandestins, puis 102, et l’Ocean Viking est déjà retournée sur les côtes libyennes pour faire le plein et en a 109 à bord.  Et pourtant ils sont toujours autant dangereux. A Milan, un ressortissant du Yémen a poignardé à coups de ciseaux un soldat italien en criant « Allahu akbar ». Il était déjà dan le viseur des services de renseignement allemands, qui avaient repéré sa radicalisation. Le soldat de 34, lui a été emmené à l’hôpital grièvement blessé au cou, mais pas en urgence vitale.

Et Conte couronne le tout en invitant Macron pour trouver un accord sur la gestion des flux migratoires. L’Italie de Conte a avalisé à son tour le mécanisme européen de répartition automatique des migrants au prorata de la population, sous peine de sanctions financières, rejeté vivement par le groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie). Elle a aussi ouvert ses ports aux migrants – Salvini les avait fermés. L’appel d’air en direction de l’Italie – et de la France située par-delà les Alpes, devrait donc reprendre sous peu.

Finie la guerre franco-italienne, l’heure est à une nouvelle amitié entre euro-centristes dans un intérêt européen comme s’en vante Macron. « Si je suis là aujourd’hui, cher Giuseppe, c’est tout d’abord pour indiquer clairement mes intentions de travailler ensemble pour le projet européen, lancer un message d’amitié forte et claire au peuple italien de la part du peuple français, l’amitié franco-italienne est indestructible, quand bien même nous ne sommes pas d’accord, il peut arriver que l’on se dispute et que l’on ne se comprenne pas, mais on se retrouve toujours ». Ce n’était pas tout à fait le même discours qui était tenu alors que Salvini était au pouvoir.

Hélène Lechat

Crédit photos : DR
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