Cinéma. Les fleurs amères, d’Olivier Meys

A LA UNE

Eric Léost : « La richesse du Patrimoine breton témoigne de temps anciens radieux » [Interview]

« Glad Breizh-Le Patrimoine breton » est une nouvelle revue (deux numéros sortis à ce jour) qui se consacre,...

Alexandre Cormier-Denis : « Le Canada – et par extension le Québec – est le pays qui subit les changements ethno-démographiques les plus importants...

Alexandre Cormier-Denis,  est un chroniqueur et militant nationaliste québécois. Il est principalement connu pour avoir fondé le média alternatif Horizon Québec Actuel et la chaîne YouTube NomosTV....

4 mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour Damien T, le gifleur de Macron. Un prisonnier politique ?

Le tribunal correctionnel de Valence a condamné jeudi Damien T, le jeune homme qui a giflé (et pas «...

Nantes : les règlements de comptes à l’arme blanche entre clandestins maghrébins se multiplient

Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, quai de la Fosse, un extra-européen qui se dit âgé de...

Les deux Irlandes et la diaspora. Anne Groutel évoque ces 70 millions d’Irlandais qui vivent ailleurs dans le monde [Interview]

Anne Groutel est maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et docteur en études irlandaises. Chercheuse, elle est...

Les fleurs amères. Un film belgo-français d’Olivier Meys, avec Qi Xi et Le Geng. Durée : 1 h 33.

Le mandarin parlé dans la région de Dongbei est considéré comme le plus pur. C’est pour cette raison que la communauté chinoise du treizième arrondissement de Paris recherche pour sa géniture des nounous originaire de cette province afin que l’oreille des enfants soit le plus tôt possible accoutumée aux meilleures tournures linguistiques. Des recruteurs locaux vendent donc à de jeunes femmes crédules le mirage d’une existence dorée, nantie d’un salaire de 2000 €. Afin d’obtenir les fonds nécessaires à l’ouverture d’un restaurant, Lina, une jeune mère de famille, tente l’aventure et gagne la France. Bien entendu, la désillusion est totale, les conditions proposées proches de l’esclavage moderne et le salaire dérisoire. Après quelques semaines, Lina démissionne et rencontre dans un restaurant une compatriote, avec laquelle elle va partager un appartement communautaire. On lui explique qu’il n’existe qu’une seule solution pour s’acquitter des dettes contractées auprès du passeur : faire le trottoir…

Un modèle de sobriété et de pudeur

Ce premier long métrage du réalisateur belge Olivier Meys, établi en Chine depuis près de vingt ans, est nourri de son expérience de documentariste (Dans les décombres, 2004 ; Vies nouvelles, 2008) et de sa connaissance profonde de la Chine et de ses bouleversements et économiques, et notamment l’aspiration de la toute petite classe moyenne à la prospérité fantasmée. Son film, un modèle de sobriété et de pudeur pour rendre compte des situations les plus sordides et des conflits éthiques insolubles, réussit à peu près tout ce que rate le cinéma hexagonal lorsque celui-ci tente de s’emparer des problématiques sociales. Mieux, il n’est pas sans s’approcher des grands maîtres chinois dans sa peinture des relations de couple et du ressac des sentiments amoureux et filiaux – on pense souvent aux premiers opus de Zia Janke ou de Wang Xiaoshuai dans la seconde partie de l’œuvre, où les plans fixes contrastent avec le précipité des affects mis à nu.

Un art consommé de la litote

La force de ce film réside dans cet art consommé de la litote, qui condense avec une fausse discrétion les fulgurances des sentiments embrasés et les terrifiants non-dits. Une vignette minimale suffit : afin de suggérer le mépris profond que le jeune Dazhi éprouve pour sa mère, il suffit de montrer le petit garçon se glissant prestement sous le fil du téléphone afin de ne pas la croiser ni de la regarder en face… L’œuvre est également travaillée par le motif de la dissimulation et du silence élusif : il ne s’agit pas de tromper l’autre mais, avant tout, de ne pas s’avouer à soi-même la faillite de l’existence.

L’ensemble, à l’incandescence glacée, témoigne d’un désenchantement humain estompé par la force de l’habitude, rompu par la puissance des regards ou la retenue d’un simple geste, qui montrent que des sentiments humains encore intacts peut s’esquisser la fragile reprise de ce qui s’appelle l’espoir.

Sévérac

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

 

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Nantes : 26ème fusillade de l’année, une balle perdue dans une cuisine

Après un peu plus de trois semaines de pause, c'est reparti – la 26e fusillade de l'année, pour des...

Lamballe. Une cinquantaine de manifestants contre le Pass sanitaire

Les Patriotes des Côtes-d’Armor, l'UPR, ainsi que Via, la voix du peuple avaient appelé à manifester ce samedi matin...

Articles liés

Nantes : 26ème fusillade de l’année, une balle perdue dans une cuisine

Après un peu plus de trois semaines de pause, c'est reparti – la 26e fusillade de l'année, pour des motifs assez nébuleux, a eu...

Lamballe. Une cinquantaine de manifestants contre le Pass sanitaire

Les Patriotes des Côtes-d’Armor, l'UPR, ainsi que Via, la voix du peuple avaient appelé à manifester ce samedi matin 12 juin 2021, à Lamballe...

Le Raptor Dissident sur TV LIbertés : « Je n’accepte pas la domestication »

Vidéaste, star de YouTube et des réseaux sociaux où il dépasse largement le million d'abonnés, Ismaïl Ouslimani, alias Le Raptor, a su imposer un...

Euro 2021. Les buts de Turquie-Italie, Belgique-Russie, Finlande-Danermark et Pays de Galles-Suisse

Retrouvez ci-dessous les résumés des rencontres Turquie-Italie, Belgique-Russie, Finlande-Danermark et Pays de Galles-Suisse comptant pour l'Euro 2021. A noter que la propagande Black Lives...