Aucun secteur n’illustre mieux l’exploitation d’une « armée de réserve du capital » de l’agriculture italienne. Les images choquantes de quatre migrants brûlés vifs à l’intérieur d’une camionnette incendiées par deux « capitaines » pakistanais qui tenaient les portières fermées pour les empêcher d’en sortir sont venues nous le rappeler. Un drame qui remet l’esclavage moderne du caporalato sous les feux de la rampe.
À Amendolara dans le sud de la péninsule, le 2 juin 2026, la mort de quatre travailleurs agricoles (comprenant trois Afghans et un Pakistanais) est survenue dans des circonstances d’une extrême brutalité. Ils ont été volontairement brûlés vifs dans un véhicule par deux « caporali » pakistanais qui ont agi pour les punir d’avoir eu l’outrecuidance de réclamer le paiement des salaires accumulés au cours des mois précédents. Le seul survivant, Taj Mohammad Alamyar, un citoyen afghan, qui a réussi à s’échapper de l’automobile en flammes, a accusé la « mafia pakistanaise« . Il est actuellement sous protection policière.
Mafia pakistanaise à l’oeuvre
La scène, produite en plein jour dans une station service et sous le regard des passants, a été reprise par les vidéos de surveillance. Il ne s’agit pourtant pas d’une erreur de distraction des assassins, mais bien de l’arrogance de ceux qui sont convaincus qu’il n’y aura pas de répercussions pour leurs actes envers des migrants invisibles, dans une communauté à part qui se contrefout des lois italiennes.
Quant aux accusations de « mafia pakistanaise », les enquêteurs devront faire la lumière sur ses ramifications dans le pays. Mais dans un Sud où l’illégalité et l’omerta sont souvent la norme, les avancées s’annoncent difficiles.
Esclavage moderne
En Italie, le système illégal de recrutement et d’exploitation des travailleurs dit « caporalato » est plus vivant que jamais. Cette forme d’esclavage moderne, qui se basait autrefois sur les hordes de pauvres du pays, a refait peau neuve et engrangé des gains colossaux avec l’arrivée massive des migrants. Recrutés pour le compte d’entreprises ou de fermes par un intermédiaire (le caporal), ces travailleurs vulnérables sont soumis à des salaires extrêmement bas, à des horaires exorbitants, le tout dans une absence totale de protection sociale. Traduit en termes simples, cela donne jusqu’à un dérisoire 1,50 euros pour 10 ou 12 heures de travail, dans des conditions déplorables. Ces esclaves volontaires ne bénéficient évidemment pas de congés ou d’une quelconque couverture en cas d’accident ou de maladie : pour le caporal, cela signifie aucun coût de charge sociale ou fiscale. Ce dernier ne se contente pas de retenir une partie du salaire, il gagne aussi sur le transport (en facturant des sommes exorbitantes pour le trajet sur les fourgons), sur l’hébergement (en louant des hangars ou des maisons délabrées à des prix élevés) et même sur la nourriture bas de gamme vendue à des prix gonflés.
Aucune amélioration de ce système esclavagiste n’a été constaté depuis l’affaire Satnam Singh, ce travailleur agricole sikh laissé à mourir le 19 juin 2024 près de Rome après qu’un engin agricole non conforme lui ait sectionné le bras.
Les « secteurs en tension » ou la normalisation de l’esclavage
Pour le caporalato, le migrant clandestin a cela d’avantageux qu’il est souvent tenu par le remboursement des frais du voyage vers l’Europe. Etant lui-même dans l’illégalité, il ne dénonce pas les abus et les mauvais traitements subis par peur de l’expulsion.
Malgré ces conditions totalement inhumaines, nombreux sont ceux, à droite comme à gauche, qui considèrent les migrants économiques nécessaires à l’édifice de nos sociétés contemporaines.
« Vous êtes plutôt contents d’acheter des tomates ou des oranges à deux euros le kilo ! » Telle est, en effet, la sentence que les détracteurs de l’immigration se voient systématiquement opposer lorsqu’ils évoquent son impact négatif en Italie. Comme si ces derniers ne cessaient de dénoncer les formes contemporaines d’esclavage et la baisse des salaires des autochtones inhérentes au capitalisme…
Les migrants forment la nouvelle « armée de réserve du capital » magistralement décrite par Karl Marx. Ils sont importés pour faire perdurer cet aberrant système d’exploitation malsain. Mais au lieu de dénoncer cette abomination, la gauche est ainsi faite qu’elle a effacé d’un revers de la main toute considération sur les effets – sociaux, économiques, sécuritaires – de l’immigration, pour n’en retenir que l’utopie de l’amitié entre les peuples ou pire, la fallacieuse « dette des Européens » envers le tiers-monde.
Rien ne doit ternir le tableau d’un multiculturalisme totalement fantasmé. Pas même les cadavres fumants de ces esclaves modernes dont la présence est justifiée aussi bien par des employeurs avides de profit que par des pro-migrants désireux d’exorciser leur culpabilité auto-infligée envers le tiers-monde.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : capture Flash TV
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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