L’Amazonie des chamanes au château de Nantes

A LA UNE

2ème tour des élections régionales en Bretagne. Mode d’emploi

Après le premier tour qui n'a pas mobilisé les foules, le deuxième tour des élections régionales s'annonce dimanche en...

Régionales 2021. Les résultats dans toutes les régions de France

Retrouvez ci-dessous les résultats des élections régionales dans toutes les régions de France. L'abstention s'établit à 66,1%, ce qui constitue...

Etrangers en situation irrégulière. Des soins évalués à plus d’un milliard et demi d’euros par an

C’est un pavé dans la mare que vient de jeter au parlement une députée de l’opposition. Dans un rapport rendu...

Elections régionales 2021. Les résultats en Bretagne et Pays de la Loire

Retrouvez tous les résultats du premier tour des élections régionales et départementales ce dimanche 20 juin 2021 en Bretagne...

Régionales 2021. Avec un score prévu de 66%, l’abstention triomphe et signe l’échec de la Vème République

Les résultats du premier tour des élections régionales et départementales seront publiés à partir de 20 h, ce dimanche 20 juin 2021. Mais déjà,...
Un fantasme, le concept de « grand remplacement » ? Allez donc le dire aux peuples d’Amazonie. Ils l’ont vécu. Les vestiges fragiles de leurs civilisations sont en même temps un terrible avertissement.

Le château des ducs de Bretagne, à Nantes, accueille jusqu’au 19 janvier l’exposition « Amazonie, le chamane et la pensée de la forêt », conçue par le Musée d’ethnographie de Genève (MEG). Elle ne raconte évidemment qu’une histoire d’après la Conquête : l’Amazonie précolombienne, sans doute bien plus peuplée, a disparu à jamais.

La faute aux Portugais ? Pas seulement. Outre les attaques des Incas au XVIe siècle, la région a connu de féroces guerres inter-ethniques, des épidémies et surtout l’acculturation : ses peuples ont adopté la culture des envahisseurs – y compris parfois celle d’esclaves africains. Le grand remplacement est physique et mental : les descendants contemporains des Amazoniens précolombiens sont avant tout des Brésiliens comme les autres. Demeurent aussi des populations éparses, restées à l’écart. L’exposition du château de Nantes ne prétend pas en dresser un tableau exhaustif. Elle offre un aperçu des coutumes d’une quinzaine d’ethnies (Wayana, Yanomami, Shuars, etc.) sur les 246 recensés au Brésil – pour moins d’un million de personnes.

Plumes d’ara sans têtes réduites

Les musées ethnographiques d’autrefois cultivaient le spectaculaire : pas d’Amazonie sans tsantsas (les fameuses têtes réduites), flèches empoisonnées et terribles rites initiatiques. L’exposition du MEG évoque à peine cette Amazonie farouche. Paisible et presque poétique, elle est centrée sur une pratique commune de la région : le chamanisme, qui professe l’unité du monde des hommes, des animaux et des esprits. À tout problème concret, le chamanisme est capable de proposer une réponse spirituelle ; une démarche séduisante mais qui de tout évidence n’a pas fait le poids face à la civilisation plus rationnelle des Portugais.

Exposer le chamanisme est une gageure. Faute de pouvoir représenter ce qui se passe dans les têtes, le MEG réclame au visiteur un effort intellectuel : la lecture des cartels est indispensable. Pourtant, le simple « consommateur d’exposition » n’est pas déçu. Il a sous les yeux un choix d’objets significatifs, souvent utilisés dans des cérémonies chamaniques. Il admire en particulier de somptueuses plumasseries qui exploitent avec art les couleurs chatoyantes des oiseaux de la forêt ou des bijoux et ornements faits de dents de singes et de jaguars. La composition habile des vitrines évite tout sentiment de saturation. Des installations sonores instillent une ambiance « amazonienne » faite de vent dans les feuilles, de chuchotis de ruisseaux et de cris d’oiseaux. Des vidéos et des collections photographiques montrent aussi de visu des Amazoniens en chair et en os, et pas seulement en plumes et en poils.

L’exposition est visible depuis le 15 juin au château de Nantes mais son rythme s’accentue au cours de ce mois d’octobre avec des visites guidées et des ateliers pour enfants (voir le programme sur http://www.chateaunantes.fr/fr/evenement/amazoniehttp://www.chateaunantes.fr/fr/evenement/amazonie). C’est donc le bon moment pour la visiter.

E.F.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Malestroit. L’église sauvée de justesse d’un incendie criminel, des bidons d’essence retrouvés

Il s'en est fallu de peu pour que l'église de Malestroit, dans le Morbihan, ne parte en fumée dans...

Macron : Contre l’abstention, la fraude ? – Le journal du mardi 22 juin 2021

Après un niveau record pour les scrutins de dimanche dernier, toutes les méthodes sont à l’étude pour endiguer le...

Articles liés

Expression(s) décoloniale(s) au château de Nantes : la vérité sur l’esclavage

Décoloniale ? Brandi à tout bout de champ et sans grand souci d’exactitude historique par le clan repentantiste, l’adjectif est galvaudé. Mais l’exposition Expression(s)...

Fake News Covid-19. Non, il n y a pas plus d’hécatombe au Brésil qu’en France

C'est un des titres phares de la presse aux ordres en ce début de semaine : le Brésil, qui a dépassé les 4000 victimes...

Géopolitique. Équateur, Brésil, Chili, Pérou, Haïti : le point avec Romain Migus

Ça bouge en Amérique latine ! Élections en Équateur, au Pérou, Lula relaxé au Brésil, constituante au Chili, Haïti aux prises avec des manifestations...

L’éolien, une menace pour la forêt amazonienne et donc pour notre planète ?

Nous avons déjà abordé fréquemment la question de l'éolien et de ses conséquences, une énergie qui a de nombreux partisans - souvent intéressés économiquement...