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S’il vous prend un jour l’idée d’aller rentre visite à nos cousins de l’autre côté de la Manche, alors rendez-vous à Caernarfon, au Pays de Galles (North Wales). Et notamment pour y découvrir – outre l’aspect touristique que nous évoquerons dans un autre reportage – le Caernarfon Town FC et sa Cofi Army, qui portent le même surnom qu’un club plus familier des Bretons, le FC Nantes. Plongée au cœur des Canaris du Pays de Galles.

Caernarfon Town FC, des canaris gallois
Le Caernarfon Town FC est un club dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler, mais qui évolue en Welsh Premier League, la première division galloise, composée de clubs professionnels, semi-pros, et mêmes amateurs (une partie des joueurs du club le sont). Ce championnat, le plus haut niveau au Pays de Galles, comporte 12 équipes, qui se rencontrent d’abord toutes deux fois en première partie de saison, avant que les 6 meilleures ne se disputent le titre dans un mini-championnat et que les 6 moins bonnes ne se battent pour le maintien.
C’est ainsi que les connaisseurs de football connaissent sans doute les noms de The News Saints, Bangor, ou encore Barry Town, des équipes habituées des tours préliminaires de la Ligue Europa ou de la Ligue des Champions. On vous parle là de ces tours préliminaires qui commencent fin juin, début juillet, et au-delà desquels ces clubs se qualifient très rarement…
À noter que d’autres clubs gallois, plus connus, ont décidé il y a de cela plusieurs décennies de rester dans les ligues anglaises y compris après la création du championnat gallois en 1992. C’est le cas de Swansea, Cardiff City, Newport, Wrexham et Merthyr Town qui évoluent à différents niveaux dans les championnats anglais, tandis que Colwyn Bay a fini par rejoindre la ligue galloise.
Pour la petite information, The New Saints a gagné 8 fois de suite le championnat ces dernières années. Le club a la particularité de ne pas jouer dans le village gallois dont il est originaire, mais à Oswestry, à la frontière, côté anglais. Tandis que Caerfarfon Town FC est simplement monté de Ligue 2 la saison passée.
Voici pour le panorama historique. Et il se trouve justement, que hasard de notre venue dans cette splendide citadelle médiévale du Pays de Galles, les Canaris recevaient The New Saints (une côte à 4,15 sur les sites de Paris en ligne pour Caernarfon, malgré un super début de saison en championnat, c’est dire notamment le niveau d’écart, entre une équipe professionnelle de A à Z et une équipe entre amateurisme et tentative de professionnalisation).
Une victoire historique contre The News Saints
Et pour l’occasion, il y avait du monde. Environ 1 200 personnes dans le stade, surnommé « The Oval ». Ici on ne parle pas de football moderne, de supporteurs chinois arborant le maillot d’un club qu’ils connaissent depuis un an sans n’y avoir jamais mis les pieds, de sponsors qataris, de joueurs pillés dans toute l’Afrique et venus se perdre dans les premières ligues françaises, d’interdiction de déplacement, de parcages pour fans adverses traités comme des animaux, ou d’interdictions administratives de paraître en ville, ou au stade.
Non, ici on parle d’un vrai football populaire et enraciné. Un football comme on aimait lorsque nous étions gamins. Ici, à Caernarfon, le stade se trouve parmi les quartiers d’habitation de la ville, comme à Belfast, comme à Édimbourg, comme pour de nombreux clubs du Royaume-Uni qui n’ont pas succombé aux délocalisations de stade dans des artères commerciales ou industrielles totalement bétonnées. Les joueurs adverses arrivent au milieu d’une foule qui ne leur prête même pas attention. Ici, vous pouvez faire le tour du stade, tout le match si vous voulez. À chaque mi-temps, le Kop va s’abreuver au bar et change de tribune, pour mettre la pression sur le gardien adverse. À côté du terrain, des gamins jouent également, tandis qu’un préfabriqué d’il y a un siècle accueille les fans qui veulent acquérir un maillot, un fanzine d’il y a trois ans, un pins, ou encore un bonnet (« only in winter »). L’ambiance y est bon enfant (ce n’est pas le cas lorsque le CTFC joue contre l’ennemi juré, Bangor, lors du derby local, qui toutefois n’aura pas lieu hormis peut être en Coupe cette année eu égard à la relégation administrative du rival de toujours). On discute, on boit, on chante à la gloire des petits gars du coin, qui, au fond d’eux, espèrent sans doute percer un jour et aller jouer dans de plus grands clubs, et pourquoi pas en sélection galloise.
Les fans des TNS (The New Saints) n’ont pas fait le déplacement. « Meilleur club du Pays de Galles, mais mauvais supporteurs » nous confiera plus tard un membre de la Cofi Army. Qui eux, sont les fans qui se déplacent le plus dans le Pays de Galles, et qui sont réputés pour cela. Des bus pour chaque match « away » (à l’extérieur) organisés par ces passionnés, qui supportent fréquemment par ailleurs d’autres clubs aux noms plus prestigieux qu’ils suivent également. Nous avons croisé des fans de Leeds United, de Manchester United, de Liverpool (des villes situées à 2-3 heures de Carnerafon) qui ont des abonnements à l’année dans ces clubs, tout en supportant à la maison comme à l’extérieur Caernarfon Town FC.
Et tout ce beau monde se retrouve, après avoir payé son ticket (7 livres, 10 € environ) dans le pub associatif local, situé dans le stade. La bière coule à flots, elle n’est pas chère (3 € la pinte environ). À la fin du match, les joueurs viendront eux aussi prendre leur pinte et y manger un morceau, parmi leurs fans, heureux. Heureux, car ce vendredi 4 octobre, les Canaris sont venus à bout des TNS, sur le score d’1 à 0, au terme d’un match dominé de la tête et des épaules. Un match dont le héros d’un soir se nomme Jamie Breese, seul buteur de la rencontre, qui remplacera pendant quelques chants le Nord-Irlandais Will Griggs « on fire ».
Au final, Caernarfon s’empare de la troisième place du classement. Et peut rêver de disputer les playoffs (on arrive bientôt à la moitié du championnat), et pourquoi pas, la saison prochaine, un tour préliminaire de Ligue des Champions ou d’Europa League. En début de saison, TNS, Connah’s quay, Barry Town et Cardiff Metropolitan University ont défendu le Pays de Galles en Europe (aucun n’est allé plus loin qu’un deuxième tour). Mais qui sait, l’an prochain ? C’est en tout cas le rêve de nombreux fans présents vendredi soir, qui espèrent pouvoir, un jour, se déplacer, au Kosovo, en Macédoine, en Islande ou en Estonie, pour affronter le champion local. Et un Caernarfon-Vaduz, ou Progres Niederkorn, en début juillet, pour un membre de la Cofi army, croyez moi que cela vaudrait tous les Real-Barça ou Liverpool-Man U du monde !
Comment se rendre à Caernarfon pour supporter les Canaris gallois depuis la Bretagne ?
On ne peut pas dire que la région Bretagne fasse énormément de choses pour favoriser l’ouverture de lignes vers le Pays de Galles. Que ce soit en bateau ou en avion (globalement, c’est la même chose pour se rendre partout en terre celte). Néanmoins, plusieurs solutions s’offrent à ceux qui voudraient partager un match avec nos cousins canaris gallois (ou avec les fans d’autres clubs gallois d’ailleurs). Pour vous rendrez au nord du Pays de Galles, comptez 1 h 45 depuis Liverpool, 2 h depuis Manchester. Liverpool est accessible uniquement en été depuis Nantes avec Easyjet. Manchester toute l’année avec Ryanair et Bristol (qui vous mène au sud Galles), l’été également avec Easyjet depuis Nantes. Rien depuis Rennes ni Brest, désolant. Éventuellement depuis Saint-Malo en passant par Jersey en ferry, puis Liverpool en avion.
Pour les allergiques à l’avion, il faudra passer par le ferry, via Portsmouth ou Plymouth (respectivement 5 h 30 et 6 h 30 de route depuis le port), ou encore par l’Irlande, via Rosslare ou Dublin. Mais là, ça devient vraiment cher et compliqué.
Dans tous les cas, si vous voulez découvrir d’autres Canaris que ceux du FC Nantes, des enfants du Pays de Galles ceux-là, et que vous aimez le football à l’ancienne, le football populaire, le football enraciné, c’est là-bas, à Caernarfon, qu’il vous faudra aller un jour.
YV
Crédit photos : Breizh-info.com
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