turquie

Depuis quelques jours en France, les journalistes et des responsables politiques, ministre des Sports en tête s’offusquent : les joueurs de football de l’équipe nationale de Turquie ont fait, à plusieurs reprises, le salut militaire, en soutien à leur armée actuellement en guerre, à l’occasion de deux matchs de football comptant pour les éliminatoires de l’Euro 2020.

À entendre Roxana Maracineanu, qui demande des sanctions exemplaires, c’est comme si les joueurs de l’équipe de Turquie avaient commis un crime. Il est vrai que dans un pays comme la France, dans lequel les responsables politiques en sont rendus à débattre de savoir s’il faut attendre d’avoir 18 ans pour choisir si l’on est un homme ou une femme, on comprend qu’un soutien patriotique à son armée en guerre puisse choquer.

Mais pourquoi donc blâmer les joueurs de l’équipe nationale de Turquie pour ce geste ? Encore une fois, c’est toute l’hypocrisie française qui se résume en quelques sorties médiatico-politiques. Ainsi, les autorités françaises condamnent l’intervention de la Turquie en Syrie, mais ne tirent aucune conséquence concrète sur le fait que majoritairement, les Turcs de France votent et soutiennent Erdogan. Et même en Bretagne, la « jeunesse turque de Vannes » le fait d’ailleurs savoir.

Le Ministre des Sports serait dans son rôle en demandant, par exemple, l’exclusion de la Turquie de toutes les compétitions sportives européennes, plaidant pour le fait que la Turquie n’est pas en Europe et qu’elle ne respecte pas les choix militaires des pays de l’UE. Mais cela bien entendu, elle s’en garde, tout comme elle se garde bien d’appeler au boycott de la prochaine Coupe du monde au Qatar, pays qui condamne l’homosexualité, tout en prétendant lutter contre l’homophobie notamment dans le football…

Si la question des Kurdes préoccupe tant que cela nos autorités, pourquoi ne pas expulser les soutiens d’Erdogan, hors de France et d’Allemagne ? Et pourquoi ne pas masser des soldats aux frontières de l’Europe avec la Turquie ?

On comprend aisément le choc, l’incompréhension en France. Oui, les fils de la civilisation ottomane, qui ont beau être footballeurs mais restent attachés à leur pays, en l’occurrence la Turquie, témoignent d’une allégeance à leur chef d’État, Erdogan, qui est parti en guerre pour défendre les intérêts économiques et géopolitiques de la Turquie (on ne lui demande pas de défendre ceux de l’Europe, des Kurdes ou des Syriens, si ?) et d’un soutien à leurs soldats, qui vont risquer leurs vies, sur le terrain, en quoi cela est-il choquant ?

Dans un pays où le président laisse, le temps d’une fête de la musique, entrer dans son palais de l’Élysée toutes les extravagances aussi délirantes que les tenues de la porte-parole du gouvernement, on comprend qu’effectivement, les préoccupations géopolitiques et stratégiques ne soient pas les mêmes.

D’un côté, des pays qui, de la Chine à la Turquie, en passant par la Russie, l’Inde, les USA, ont des visions de l’histoire, de leur civilisation, et du monde, à moyen et à long terme. De l’autre, une espèce de déchetterie ou d’asile à ciel ouvert, qu’on appelle encore aujourd’hui civilisation européenne ou civilisation occidentale, mais qui ne saurait tarder à s’éteindre, victime de son propre suicide.

D’un côté, Erdogan et ses fils qui se lèvent pour défendre leur patrie, élargir leurs frontières, mater ce qu’ils estiment constituer une menace pour la Turquie. De l’autre, Macron, Sibeth NDiaye et leurs fil.s.es. qui s’interrogent à savoir s’il faut choisir son sexe avant l’âge de 18 ans et si on peut éventuellement avoir le droit d’avoir 3 pères et 8 mamans dont 4 en situation irrégulière sur le territoire mais bientôt détentrices d’un titre de séjour au nom du regroupement familial ou du réchauffement climatique…

Géopolitiquement, c’est un peu plus que le choc des civilisations. Il y a 150 ans, l’empire ottoman était « l’homme malade ». Comme quoi, tous  les espoirs sont permis pour l’Europe…

Julien Dir

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