22 mars 2018: Mme Sandrine Josso

« Elle porte plainte contre les gens juste parce qu’ils respirent », s’insurge un ex-proche. Sandrine Josso, ex-LREM et toujours député de la 7e circonscription de Loire-Atlantique, a en effet multiplié les plaintes depuis quelques années. Principalement pour dénoncer un « complot politique » ou des « intimidations ». Nous l’avions déjà épinglée pour ses pratiques professionnelles et pour avoir fraudé la CAF, en usant d’une signature contrefaite qui plus est.

Le 6 mai 2019, Sandrine Josso porte plainte à la fois contre son ex-mari, son ex-concubin, son ex-assistante parlementaire et son ex-challenger à la députation (et à la mairie de la Baule) Franck Louvrier. La plainte, enregistrée sous le numéro 001190/2019/000534 démarre par ces mots : « Je me nomme Sandrine Josso, divorcée L’Honnen. J’exerce la profession de députée ».

S’ensuit un fleuve de huit longues pages où elle accuse notamment « Gatien Meunier, des Républicains. Il m’avait téléphoné en me disant qu’il fallait que je retire ma candidature, que j’allais foutre en l’air ma carrière politique », quand elle s’est présentée aux cantonales en 2015 avec le Modem. « Ce monsieur a eu mon téléphone par l’intermédiaire d’un conseiller municipal d’Herbignac qui est le meilleur ami de la mère de Franck Louvrier ».

Gatien Meunier, que nous avons contacté, « dément formellement » toute intervention et dénonce « une diffamation ». « Elle est complètement absurde, elle prend ses désirs pour des réalités ». Un militant de droite habitué des arcanes bauloises complète : « Chacun est légitime, mais qu’elle fasse déjà son travail de député. Si on fait de la politique, on accepte de voir sa vie étalée avec ses bons et ses mauvais côtés, c’est la loi du genre ».

« Franck Louvrier m’a pourri la vie »

« À partir de là Franck Louvrier m’a pourri la vie en colportant des rumeurs sur moi », ajoute-t-elle. « J’ai quitté alors le groupe de centre-droit dont faisait partie Louvrier. […] J’ai suivi Macron à partir de fin 2016 […] À partir de mon élection [comme députée] l’enfer a continué ». Franck Louvrier, que nous avons contacté, n’avait pas encore été entendu suite à ces accusations, au contraire des trois autres personnes visées dans la plainte. Il dénonce lui aussi « des allégations totalement fausses et une façon pitoyable de démarrer une campagne municipale ».

En accusant pêle-mêle ses ex-maris, son ex-assistante parlementaire et Franck Louvrier, qui est la seule personne citée à laquelle elle ne doit pas d’argent, Sandrine Josso n’est pas à son coup d’essai. « En 2015, j’ai été convoqué chez les gendarmes car elle m’a accusé d’avoir rayé sa voiture », se souvient Pierre-Luc Philippe, élu à Herbignac dans l’opposition. « Peu avant, elle avait tenté de scinder le groupe mais avait échoué, notamment grâce à mes efforts ».

« Marre d’elle et de ses procédures à répétition »

Elle a aussi accusé à plusieurs reprises des personnes de son entourage familial – surtout si elle leur devait de l’argent. Le dernier signalement similaire remonte à août dernier. Un proche du dossier affirme en avoir « marre d’elle et de ses procédures à répétition, avec des dossiers creux mais qu’on doit traiter quand même, on perd du temps pour traiter des vraies urgences ».

Peu avant le 4 octobre dernier, un citoyen de Piriac – et accessoirement chef de file de Debout la France dans le département –, Gaël Bourdeau, écrit un SMS à la députée qui doit se rendre dans sa commune ce jour-là : « j’habite Piriac-sur-Mer et je souhaite connaître ses positions sur divers sujets : la dette  et le patrimoine de la France, la santé et l’environnement, la sécurité et l’immigration, l’emploi et le chômage, les travailleurs détachés et les retraites ».

Son équipe lui répond tout de go : « Nous ne pouvons donner suite à vos demandes. Celles-ci sont hors cadre de la mission de Mme la députée Sandrine JOSSO ». À se demander ce qui en fait partie… Ce dernier répond peu après : « Mme la députée Josso, seriez-vous prête à me rencontrer car j’exige qu’il y a 5 mesures à prendre d’urgence sur l’immigration : la suppression du regroupement familial, l’expulsion de tous les délinquants étrangers, la déchéance de nationalité pour les djihadistes et de nombreux délinquants, la suppression du droit du sol, la préférence nationale pour les allocations sociales. Si vous ne souhaitez pas me recevoir, j’irai vous rencontrer ».

La députée n’y a pas répondu. Mais a déposé le 7 octobre à La Baule une main courante pour « nuisances diverses », et Gaël Bourdeau a été convoqué pour « menaces et intimidations » le 21. Il nous explique : « ce n’était basé que sur le mot “j’exige’’ mais on m’a bien fait comprendre que le dossier était vide et qu’ils en avaient marre de ses procédures à répétition ».

Un profond malaise

Dernière en date – aux dernières nouvelles. Début octobre, Sandrine Josso, à La Baule, croise des militants LR en train de faire un tractage. Le ton monte avec un militant – sans qu’aucune insulte n’ait été échangée.

« Elle a envoyé son collaborateur parlementaire déposer plainte à sa place au commissariat de La Baule pour menaces de mort », se souvient un proche du dossier. « Le commissariat a refusé, d’abord car c’est elle qui devait venir, et ensuite parce qu’en interrogeant un peu le collaborateur, il s’est vite dégonflé en n’avouant d’abord que des “propos menaçants’’ puis que le ton avait monté. La plainte n’a pas été prise ».

Commentaire d’un militant de droite de la Presqu’île : « tout le monde est capable de se rendre compte qu’il y a un profond malaise avec cette députée. La situation est surréaliste. Comment peut-on faire ce genre de conneries – frauder la CAF par exemple – quand on est un parlementaire ? Elle est aujourd’hui dans une attitude de cour de récréation, “il m’a fait mal”, “c’est lui qui a commencé”, elle est pathétique. Plus personne ne lui accorde de crédit ».

Louis Moulin

Crédit photo : Zembrocale975/Wikimedia (cc)
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