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Nous nous étions déjà intéressés aux diplômes que s’était attribuée – indûment – Sandrine Josso, députée élue sous les couleurs de La République En Marche, ainsi qu’à sa façon d’exercer son métier de diététicienne. Un intérêt partagé depuis par nos confrères de Presse-Océan, qui se sont intéressés à ses relations avec certains de ses salariés. Mais il y a encore beaucoup à dire sur le député, notamment sur ses petites combines pour empocher quelques sous. Pas forcément légalement.
Petites économies sur l’IRFM…
C’est par exemple le cas d’une femme qui voyage dans la première classe du TGV, et qui prie intérieurement pour ne pas être contrôlée. Pourtant, elle ne devrait pas se faire de souci – ses billets sont au nom d’une députée. Sauf qu’elle ne l’est pas. Les députés peuvent voyager toute l’année en première classe, l’Assemblée nationale remboursant jusqu’à 3 000 € par an et par élu – le système permet aux députés de province de faire la navette, confortablement, entre leur circonscription et le Palais-Bourbon.
Mais leurs collaborateurs n’y ont pas droit : les députés doivent réserver pour eux, en prenant sur l’IRFM ( l’indemnité représentative de frais de mandat), remplacée depuis début 2018 par l’avance des frais de mandat (AFM) de 5 600 € bruts environ. Cependant, « Sandrine Josso avait trouvé un système très ingénieux pour ne pas toucher aux IRFM », se souvient une ex-collaboratrice. « Pour les billets de train, elle faisait voyager [une collaboratrice] en prenant les billets à son nom. Et parfois, la députée prenait le même train, mais se débrouillait pour le réserver sur une autre centrale de réservation, afin que ça ne se voit pas qu’elle prenait deux fois le même train à deux heures d’intervalle ».
La collaboratrice de Sandrine Josso voyageait donc indument au nom de la députée – qui économisait les IRFM afférentes, « entre Vannes et Paris, à raison d’un aller-retour par semaine, toutes les semaines, de septembre à décembre 2018. Quand elle a déclaré ne plus avoir besoin d’elle, elle a fait cesser ces aller-retours. Légalement, elle devrait être obligée à rembourser le coût de ces allers-retours à l’Assemblée, comme De Rugy avec ses dîners et ses homards ».
De juillet 2017 à février 2018 une autre collaboratrice – qui utilisait la carte donnant droit à 50% de réduction sur les billets SNCF, une pour tous les collaborateurs d’un député, nous a confié qu’elle ne se faisait pas rembourser le reste de ses frais – normalement couverts par l’IRFM, elle payait de sa poche : « J’ai gardé les justificatifs mais renoncé à faire valoir mes droits aux prud’hommes, je voulais tourner la page de cette expérience professionnelle difficile ».
Usurpation de signatures ?
Autre pratique, tout aussi peu légale, avec la CAF. En octobre 2017, alors qu’elle était en garde alternée avec son ex-mari, Sandrine Josso a demandé des aides de la CAF. Cependant, « elle devait avoir mon accord. Elle ne l’a pas demandé, et a fait trois demandes différentes à la même CAF, en mettant trois fois une signature sous mon nom – les trois sont différentes d’ailleurs ! » déclare son ex-mari. Et elle a touché des aides.
Patatras ! « Un jugement du JAF du 2 juillet 2018 a ordonné la rétroactivité des pensions alimentaires et donc des aides CAF », explique encore son ex-mari, « donc la MSA nous a remboursé ce qu’on devait avoir, et s’est retournée contre Mme Josso ». Le montant est cependant assez faible – moins de 1 000 €, mais le fait d’imiter une signature pour obtenir une aide s’appelle en droit pénal un faux et usage de faux. Soit jusqu’à 3 ans de prison et 45.000 € d’amende pour un justiciable lambda. « Mais Mme Josso, qui confond mandat électoral et mandat cash, pense peut-être qu’un député est au-dessus des lois qu’il vote ? », s’insurge un ex-collaborateur.
Une ancienne collaboratrice accuse : « elle a aussi signé pour moi sur le solde pour tout compte que j’ai longuement réclamé et fini par avoir. Sur le document, il y a sa signature, et elle a aussi signé sous mon nom – avec sa signature ! Comme ça, si je signais le solde pour tout compte, je ne pouvais plus rien réclamer alors qu’elle me doit de l’argent. Mais comme c’est sa signature… honnêtement, je ne comprends pas ».
À suivre…
Louis Moulin
Nota : Sandrine Josso nous a répondu. Dans la mesure où notre précédent article n’abordait ni « des motifs privés », ni des « affaires judiciaires en cours », mais seulement sa vie professionnelle et sa façon de l’exercer, nous supposons qu’elle s’adressait en réalité à nos confrères de Presse-Océan. Nous publions cependant sa réponse. Elle n’a pas répondu à nos relances ultérieures.
« Vous avez fait un article sur moi en vous servant de motifs privés et d’affaires judiciaires en cours pour décrédibiliser ma campagne des municipales à La Baule .
Je pense que vous n’avez rien compris de ce qui se passe à La Baule .
Pour preuve ,je vais vous transmettre des sms dont un de Gatien Meunier qui est le directeur de campagne de Franck Louvrier candidat aux municipales à La Baule, président des républicains 44 et secrétaire du Conseil Régional (voir organigramme du Conseil Régional )
Cordialement
Sandrine Josso »
Gatien Meunier (LR) confirme avoir tenté de prendre rendez-vous avec elle en mai 2019 : « il est où le problème ? Je la connaissais avant qu’elle ne soit député. J’ai cherché à la rencontrer pour savoir ce qu’elle souhaitait ; je ne l’ai pas rencontrée car elle ne m’a même pas répondu. Cette dénonciation est pathétique ».