Franck Darcel

Passer de rockeur à maire de Rennes, une reconversion professionnelle qu’envisage Franck Darcel. Ancien guitariste du groupe Marquis de Sade, il va conduire une liste aux élections municipales de 2020. Avec une certaine idée de la Bretagne. Autonome et à cinq départements.

Franck Darcel : Rennes Bretagne Europe en 2020

Après la reconnaissance des amateurs de rock, Franck Darcel a décidé d’aller chercher celle des électeurs rennais. En officialisant sa candidature le 20 novembre pour le scrutin municipal de 2020, le musicien souhaite prendre la chose publique à bras le corps. Âgé de 61 ans, Franck Darcel, cofondateur de Marquis de Sade en 1977 avec Philippe Pascal (décédé en septembre 2019), sera à la tête de la liste Rennes Bretagne Europe.

Quelles sont les réelles chances pour cette liste de faire un score honorable à Rennes ? Nul ne le sait encore mais la décision de l’artiste est notamment motivée par une volonté, celle de ne pas « laisser la politique aux professionnels ». Car l’homme n’est pas satisfait de la situation rennaise actuelle. Et dénonce, entre autres, l’insécurité, la montée des prix des logements, ou encore le « très médiocre plan vélo ».

Toutefois, celui qui a travaillé au cours de sa carrière musicale avec un autre Rennais célèbre, à savoir Étienne Daho, mais également Pascal Obispo, Nolwenn Korbell ou encore Alan Stivell, n’est pas vraiment un novice en politique. Il a déjà eu des engagements par le passé, au Modem puis au Parti Breton. Et sera même présent sur la liste « Nous te ferons Bretagne » menée par Christian Troadec lors des élections régionales de 2010. Avant de fonder Breizh Europa, formation favorable à une autonomie bretonne.

Franck Darcel favorable à la réunification bretonne

La Bretagne justement, Franck Darcel veut la retrouver dans sa dimension historique, avec ses cinq départements. Cette prise de position clairement en faveur du retour de la Loire-Atlantique dans son giron breton détonne avec celles de Nathalie Appéré, actuelle maire de Rennes.

Membre du Parti socialiste, Nathalie Appéré n’a jamais caché son hostilité face à l’identité et aux revendications bretonnes. Au premier rang desquelles la réunification. Une demande récurrente au fil des décennies qui, selon elle, « s’appuie sur une approche culturelle et identitaire qui me gêne ». Et d’ajouter en 2014 : « Quand je vois ce qu’il se passe en Écosse, en Flandre ou en Catalogne, je m’inquiète. La défense de l’identité risque de conduire au repli sur soi. »

De son côté, Franck Darcel prône au contraire une plus grande autonomie régionale. Comme c’est le cas dans de nombreux pays européens. Pour lui, « le centralisme ne peut plus durer. Il nous faut une Bretagne réunifiée, capable de décider de son destin ».

Sans connaître pour l’instant le nom de ses colistiers ni son programme en détails, cette conception d’une synergie bretonne efficace tranche déjà avec le discours commun des élus rennais et nantais. Ne plus chercher la compétition entre les deux villes mais bien la complémentarité serait effectivement un grand pas en avant. Pour Rennes comme pour la Bretagne.

AK

Crédit photos : Wikimedia Commons (CC/Kergourlay)
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