L’édition 2019 du baromètre ISM-MAAF de l’artisanat évalue l’implication des entreprises artisanales dans la création d’entreprises. En Bretagne, elle met en exergue une forte hausse des créations d’entreprises (+12 %), tout particulièrement dans les petites villes et communes rurales. Autre fait saillant : 94 % des créateurs se lancent dans l’aventure entrepreneuriale « en solo », sans salarié (contre 80 % en 2007). Si le BTP reste le secteur le plus propice aux créations d’entreprises artisanales, les activités de fabrication ont connu une dynamique de création en très forte hausse, à +20 % en 2018.

Les données du baromètre sont issues de l’exploitation, par l’Institut Supérieur des Métiers, de fichiers de données nationaux (INSEE, ACOSS-URSSAF…) sur le champ de l’artisanat, ou d’enquêtes pilotées ad hoc.

Forte hausse des créations d’entreprises à l’échelle tant nationale que régionale

À l’échelle nationale : en 2018, 177 500 entrepreneurs ont créé une entreprise artisanale, soit un nombre en hausse de 13 % par rapport à l’année précédente (créations d’entreprises comprenant les reprises d’entreprises selon des données de l’INSEE). L’artisanat, qui représente 26 % des nouvelles installations, continue de soutenir fortement la création d’entreprises.

À l’échelle régionale : avec 5 370 créations d’entreprises artisanales en 2018, la Bretagne a connu une excellente dynamique d’évolution, s’élevant à +12 % entre 2017 et 2018.

Pour autant, il existe de fortes disparités selon les départements. Le nombre de créations d’entreprises artisanales est le plus élevé d’abord en Ille-et-Vilaine (1 550), puis dans le Morbihan (1 460), le Finistère (1 430) et enfin les Côtes-d’Armor (920). L’évolution est là aussi très disparate. Elle est particulièrement élevée dans le Morbihan (+20 % en 2017- 2018) et l’Ille-et-Vilaine (+17 %), alors que la progression est plus limitée (+4 %) dans les Côtes-d’Armor et le Finistère.

Même constat dans les métropoles : les créations d’entreprises progressent de +16 % pour celle de Rennes en 2017-2018, mais baissent de -4 % pour celle de Brest, seule métropole dont le nombre de créations a ralenti en 2018. Parallèlement, l’on observe une très bonne dynamique entrepreneuriale dans les communes rurales (les créations sont en hausse de +15 %) et les petites unités urbaines de moins de 5 000 habitants (+19 %).

Bonne dynamique tous secteurs confondus, particulièrement dans la fabrication

En 2018, tous les secteurs d’activité bénéficient d’une bonne dynamique entrepreneuriale grâce à une meilleure conjoncture économique. Ainsi, le nombre de créations d’entreprises repart à la hausse dans l’ensemble des secteurs de l’artisanat. La progression est +13 % dans celui du BTP, qui comprend 42% des entreprises créées (2 250, dont notamment 440 en maçonnerie générale, 280 en travaux de menuiserie et 270 en travaux de peinture vitrerie). L’on observe +8 % dans les services, secteur qui représente 28 % des créations d’entreprises (1 510 dont notamment 420 pour l’activité de nettoyage, 180 pour la coiffure, tout autant pour les soins de beauté et 160 pour la réparation automobile et la photographie).

Celui de la fabrication (20 % du total des créations) se distingue avec une hausse de +20 % (1 080 créations d’entreprises). S’agissant de l’alimentation, 10 % des entreprises créées, les chiffres ont augmenté de +2 % (530 dont 300 dans la restauration artisanale rapide et la crêperie).

Les activités les plus en croissance en 2018 illustrent la très grande diversité des métiers de l’artisanat : outre la maçonnerie générale et l’activité de nettoyage dont les chiffres progressent respectivement de +30 % et +53 %, les installations sont en forte hausse dans les activités de niche de l’artisanat de fabrication, notamment dans les métiers d’art : par exemple, le nombre de créations progresse chez les céramistes (29 créations, +71 %), la fabrication de maroquinerie (38, +52 %), d’objets divers en bois (54, +23 %), ainsi que dans la réparation de meubles avec 29 créations d’entreprise (+21 %). La dynamique est également forte dans l’artisanat de sous-traitance industrielle comme l’installation de structures chaudronnées (31, +107 %) ou la réparation de machines (47, +24 %).

Des créations qui masquent mal une extrême précarité

L’étude met en avant un phénomène préoccupant : seules 6 % des entreprises créées, soit 311 entreprises, emploient des salariés lors du démarrage de l’activité (contre 20 % en 2007). 94 % des entrepreneurs (5 060 entreprises) se lancent donc sans salarié : 70 % d’entre eux ont opté pour l’entreprise individuelle en 2018, et 30 % pour la société – SARL, SAS, etc. ; soit des parts similaires à la moyenne nationale. Ce phénomène s’explique d’une part par la mise en place du régime micro-entrepreneur, régime dont le succès reste important dans l’artisanat, et d’autre part, par la baisse des créations par reprise d’entreprises, lesquelles se font majoritairement avec des salariés.

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