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Presque tout le monde au Pays de Galles sera capable de parler gallois dans les 300 prochaines années et la moitié de la population le maîtrisera d’ici 2200. C’est ce qu’affirment des scientifiques néo-zélandais qui ont modélisé la vulnérabilité des langues à l’extinction et qui affirment que le gallois n’est pas en danger d’extinction. Un article d’un journal gallois en ligne l’évoque, nous l’avons traduit ci-dessous.

La langue galloise, qui a été déclarée morte par le Times dès 1866, est actuellement parlée par environ 20 % de la population selon le recensement de 2011.

Des chercheurs de l’Université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande, ont toutefois examiné la trajectoire de deux langues vulnérables – le gallois et le maori – pour voir s’ils pouvaient prédire laquelle survivrait. Et plus de 74 % de la population seront de bons locuteurs du gallois d’ici 2300, selon le modèle des scientifiques.

Les prédictions des scientifiques sont que les efforts de revitalisation seront couronnés de succès et qu’à long terme, le Pays de Galles comptera une majorité de locuteurs parlant la langue galloise.

Les chercheurs ont divisé la population parmi les ménages gallois et ont calculé comment la langue allait progresser au cours des quelques centaines d’années à venir. Ils ont constaté que le maori n’avait pas assez de locuteurs compétents pour le sauver et qu’il fallait intervenir davantage pour sauver la langue. Seulement 5 % des Maoris sont capables de parler la langue avec compétence.

Le gallois, par contre, non seulement survivrait, mais le pourcentage de la population capable de le parler augmenterait au cours des 300 prochaines années, ont-ils constaté. Ils ont toutefois souligné que la langue galloise continuerait d’emprunter un chemin compliqué dans un avenir immédiat.

Malgré la forte tendance à long terme, la période initiale de revitalisation des 50 à 100 premières années est relativement fragile, avec un statut de minorité continue et des taux d’augmentation lents, et donc potentiellement sensible aux changements des taux d’apprentissage ou à la transmission intergénérationnelle.

Les scientifiques ont déclaré qu’ils avaient développé un nouveau modèle concernant la transmission du langage… « Le modèle peut prédire les changements des niveaux de compétence au fil du temps et, en fin de compte, si une langue en danger à un moment donné est sur une trajectoire menant l’extinction ou vers son rétablissement. Nous calibrons le modèle en utilisant des données du Pays de Galles et nous montrons que le modèle prédit que la langue galloise se développera à long terme. Nous appliquons ensuite le modèle à la langue maori, la langue indigène de la Nouvelle-Zélande, comme étude de cas. Les conditions initiales de ce modèle sont estimées à l’aide des données de recensement de la Nouvelle-Zélande. Nous modifions le modèle pour décrire un pays, comme la Nouvelle-Zélande, où la langue en danger est associée à une sous-population particulière représentant le peuple autochtone. Nous concluons qu’avec les taux d’apprentissage actuels, te reo Māori est en voie d’extinction, mais nous identifions des stratégies qui pourraient aider à le remettre sur une trajectoire ascendante ».

La recherche a été publiée dans The Royal Society.

Photo d’illustration : DR
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