prison

Nous continuons notre chronique régulière des prisons bretonnes, qui connaissent des problèmes de suroccupation, particulièrement flagrants à Brest, d’insécurité – à Lorient notamment – et de circulation des biens prohibés, la drogue en premier, maintenant livrée par drone à Nantes.

Une prison surpeuplée

À Brest, l’UFAP Pénitentiaire fait état de « 190 % d’occupation au quartier hommes […] la barre des 439 détenus a été allègrement franchie, 44 matelas au sol, la situation est explosive ! ». Ce qui provoque évidemment agressions et insécurités, amplifiées par la promiscuité : « [Le 25 décembre], une surveillante s’est faite bousculée violemment par un détenu qui forçait le passage. Cette surpopulation génère une tension supplémentaire, des problèmes de cohabitation, des troubles, des difficultés dans le quotidien du personnel de tous corps ».

« Je vais te défoncer, je vais niquer ta mère grosse pute ! »

Le 10 janvier, à Lorient, un détenu a tenté d’agresser un surveillant pénitentiaire. Ce détenu, musulman, s’en est pris à une surveillante pour une affaire de courriers. Lors de la distribution du repas, il n’a pas hésité à l’invectiver et à la menacer en ces termes : « Espèce de sale pute, tu m’aimes pas et en plus tu viens me déranger pendant ma prière ! Je vais te défoncer, je vais niquer ta mère grosse pute ! ». Il a fallu que son codétenu et l’auxiliaire d’étage [un détenu employé à des tâches diverses, comme la distribution des repas par exemple] s’interposent pour éviter l’agression.

Un drone pour livrer de la drogue…

Le 16 janvier vers 1 heure du matin, trois personnes sont interpellées rue de la Mainguais, à proximité de la maison d’arrêt de Nantes-Carquefou. Trois suspects, une femme de 27 ans – qui conduisait – et deux de 19 et 18 ans ont été interpellés après une brève course-poursuite avec la BAC, après un signalement de la maison d’arrêt selon lequel ces trois personnes tentaient de faire voler un drone pour livrer des objets prohibés à un détenu. Sur eux, le drone n’a pas été retrouvé, mais il y avait 475 € en liquide et des morceaux de résine de cannabis.

Fin novembre, une semaine à peine après la mise en place de filets anti-projections à la maison d’arrêt, deux drones chargés de drogues dures avaient atterri à la maison d’arrêt. D’un coût allant de 200 à 400 €, ces drones ont 11 minutes d’autonomie et 250 m de rayon d’action, peuvent être pilotés avec un smartphone. Si Amazon envisage de livrer des colis avec des drones, pour les trafiquants de drogue nantais, l’avenir de la logistique, c’est déjà aujourd’hui.

Louis Moulin

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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