La 63e – au moins – fusillade de l’année n’a pas lieu de nuit dans un quartier, ni même de jour. Elle a visé un camion de l’administration pénitentiaire pendant une extraction judiciaire ce 28 novembre. Par ailleurs, ce jeudi toujours, deux drones porteurs de produits stupéfiants ont atterri dans l’enceinte de la maison d’arrêt de Nantes.

Ce jeudi 28 vers 17h45, alors qu’un fourgon du service des PREJ (pôle de rattachement des extractions judiciaires) roulait prairie de Mauves, près du quartier dit « sensible » de Malakoff, ramenant vers la maison d’arrêt de Nantes trois détenus, il a été la cible d’un tir. « Au vu des impacts, des chevrotines ou un pistolet à poudre noire ».

Selon nos informations, les personnes ramenées étaient de petits délinquants, donc il n’y a pas de lien apparent avec les arrestations opérées récemment  dans le cadre de la fusillade du Moonlight en avril dernier, liées à un règlement de comptes entre les trafiquants de drogue des quartiers dits « sensibles » de Malakoff et de Bellevue, à l’est et à l’ouest du centre-ville nantais respectivement.

Plus en avance qu’Amazon

Par ailleurs, si Amazon réfléchit à livrer par drone, c’est déjà une réalité pour les trafiquants de drogue nantais. Alors que la maison d’arrêt a enfin trouvé une solution contre les projections d’armes et de drogue dont nous avons parlé à maintes et maintes fois, au prix de 400.000 € de travaux et de patrouilles – assurées malgré des effectifs insuffisants – dans le glacis, les trafiquants ont trouvé de quoi remplacer des projections devenues impossibles depuis à peine une semaine.

Ce jeudi 28 novembre un premier drone a atterri le matin dans la cour de promenade de la maison d’arrêt, suivi d’un autre dans l’après-midi. Les deux, selon des agents pénitentiaires, ont servi à livrer des drogues dures.

Selon nos informations, ce sont des drones Parrot Bebop à 400 € pièce (180 € reconditionné) : d’une autonomie de 11 minutes et de 250 m de rayon d’action (150 à 200 réels), ces drones circulent à 46 km/h et peuvent être pilotés depuis un smartphone, même sans vue directe. Ils peuvent aussi enregistrer des vidéos ou prendre des photos. Avec une radiocommande dédiée le rayon d’action peut être élargi à 2 kilomètres.

Un progrès technique des trafiquants auquel l’administration pénitentiaire n’est pas prête – en revanche les gendarmes, si. Dès 2018, ils ont formé 200 agents brouilleurs de drones pour protéger les sites sensibles, comme les résidences présidentielles ou les centrales nucléaires. En avril 2019, la gendarmerie a passé un appel d’offre auprès des industriels – 1 million d’euros pour des brouilleurs de drones, et encore 1.2 millions d’euros pour un outil de détection radio des drones.

Louis Moulin

Photo d’illustration : Kevin B/Wikimedia (cc)
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