laver mains

Se laver (correctement) les mains dans les aéroports, une pratique efficace contre la propagation des virus mais malheureusement trop peu répandue.

Aéroports : seuls 20 % des voyageurs auraient les mains propres

Voici une information qui risque de faire croître les ventes de gel hydroalcoolique. Une récente étude conduite par des chercheurs du Massachussetts Institute of Technology (MIT) et publiée dans Risk Analysis, s’est intéressée aux habitudes des populations en ce qui concerne la fréquence du lavage de mains. Les populations étudiées étant considérées comme fermées, c’est-à-dire sans immigration ni émigration.

Dans les aéroports, notoirement connus pour être des lieux sensibles en termes de bactéries et de virus compte tenu du nombre de voyageurs y transitant, il s’avère que 70 % des personnes présentes à un instant T se sont lavé les mains après être allées aux toilettes. Mais, sur cette proportion, seuls 67 % d’entre elles ont effectué ce lavage correctement. Ainsi, une fois déduites les mauvaises pratiques, les voyageurs se trouvant dans l’aéroport ne sont que 49,6 % à avoir les mains effectivement propres. Sauf que ce lavage doit avoir lieu au maximum toutes les 1 heure 30 minutes pour demeurer efficace. Problème : le laps de temps moyen entre deux lavages est de 4 heures 30 minutes.

En définitive, une fois appliqué cet autre filtre, seulement 24 % des personnes présentes dans un aéroport ont les mains propres tandis que la moyenne s’établit plutôt vers 20 %.

Virus : se méfier de certaines zones dans les aéroports

D’autres recherches ont montré que les écrans d’enregistrement en libre-service, les accoudoirs des banquettes de porte, les boutons des fontaines à eau, les poignées de porte dans les aéroports, les sièges, les tablettes et les poignées des toilettes dans les avions, ont tendance à être des points chauds pour les bactéries et les virus. Il est donc particulièrement important de se laver les mains après avoir touché ces zones.

Par ailleurs, pour cette étude, les chercheurs ont utilisé une modélisation épidémiologique pour simuler l’impact du lavage des mains sur la « diffusion des infections dans le monde ». Ils ont calculé que si 60 % des voyageurs avaient les mains propres, cela pourrait ralentir une épidémie mondiale de 69 %. Mais même si seulement 30 % des voyageurs gardaient leurs mains propres, cela pourrait réduire l’impact d’une maladie de 24 %.

Bien se laver les mains… et éviter les destinations à risques

Les scientifiques ont également déterminé les aéroports qui pourraient théoriquement avoir le plus d’impact sur la propagation d’un virus, en analysant notamment l’importance de leurs connexions directes avec les « méga-hubs » internationaux. Parmi les aéroports les plus à mêmes de contribuer à accentuer une épidémie, ils citent l’aéroport Heathrow de Londres, l’aéroport international de Los Angeles, l’aéroport international John F. Kennedy de New York, l’aéroport de Sydney et l’aéroport Paris-Charles De Gaulle.

Si certains vols vers la Chine ont été suspendus depuis la France ces derniers jours pour cause de coronavirus, les voyageurs les plus téméraires pouvaient toujours gagner l’Empire du Milieu par des itinéraires détournés. À ces derniers, il est plus que jamais recommandé de se laver correctement les mains aussi souvent que possible durant leur périple : à l’eau et au savon pendant au moins 20 secondes, puis de les rincer et de les sécher à l’aide d’une serviette propre.

À défaut d’avoir un point d’eau et du savon à disposition, un flacon de solution hydroalcoolique sera la meilleure alternative. En gardant à l’esprit qu’après trois utilisations du produit, il est de nouveau nécessaire de se laver les mains à l’eau et au savon.

AK

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/slavoljubovski)
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