Les débats sur la chloroquine, le professeur Raoult, Duchmol ou autres, finissent par devenir totalement inaudibles. Concrètement, personne n’est capable à l’heure actuelle de dire ce qu’il se passe et ce qu’il va se passer médicalement et sanitairement parlant dans ce pays. Pas même les petits soldats de la communication du gouvernement qui se bousculent sur les plateaux TV actuellement, la bien nommée Sibeth N’Diaye en tête.

On peut émettre des hypothèses (qui n’ont aucune valeur eu égard à nos compétences médicales respectives), c’est tout.

Notre société du spectacle est à son paroxysme. Ainsi, alors qu’il est question d’un problème médical et sanitaire, on laisse s’exprimer sur le sujet des caissières de supermarché, des communicants, des « experts » qui sont en réalité des journalistes ayant raté des études plus poussées, et on leur donnerait presque autant de crédit qu’à des personnes qui se sont tout de même coltinées 10 ou 12 années d’études et une formation permanente sur ce sujet précis.

Dans ce domaine, comme dans tant d’autres, c’est là que l’on voit les limites de la démocratie.

Non, les individus ne sont pas égaux. Non, tous les avis ne se valent pas. Non, un ouvrier de chez PSA ou un Trader de chez Axa, ou un communicant de chez « Pouet Pouet communication » ne sont pas capables de prendre des décisions collectives pour une population donnée avec des paramètres qu’ils ne maîtrisent absolument pas en situation de crise sanitaire, comme dans une situation de guerre d’ailleurs. Ils ne sont pas capables de prendre des décisions collectives, et ils ne devraient tout simplement pas pouvoir s’exprimer sur le sujet, car cela ne sert à rien, si ce n’est à brouiller les ondes, à perturber les discussions et les débats entre experts, qui peinent déjà à se mettre d’accord.

Autour du coronavirus, on assiste finalement à l’aboutissement de l’exigence permanente du « droit à » (y compris celui de parler pour raconter de la m…).

L’élection d’Emmanuel Macron était déjà celle d’un communicant sans la moindre racine, fabriqué par et pour les médias, et parvenu au pouvoir grâce à aux résultantes du conditionnement de masses déséduquées et désormais favorables à la société du spectacle. Ce n’est plus « Consomme, vote et tais-toi », c’est « Consomme, vote pour qui on te suggérera de voter, et exprime toi sur absolument tout, surtout ce que tu ne maîtrises pas, histoire de neutraliser, de brouiller, d’effacer, tous les messages fondamentaux de la société d’avant ».

Vous voulez un avis sur le coronavirus ? Lisez le fil twitter de Karim_du_93 (exemple fictif) qui explique que son frère a parlé au cousin de sa femme Lisa, qui n’était pas d’accord avec le professeur Braguette parce que sanitairement parlant, les Chinois seraient peut-être des menteurs… Un avis sur le réchauffement climatique ? Regardez ce montage vidéo de l’association « Chauffe-moi si tu peux », subventionnée à hauteur de 1 000 euros par la municipalité de Calais…

La Démocratie 2.0, c’est l’avènement du crétin fabriqué par nos sociétés modernes (crétin digital façon Desmurget, ou crétin version Éducation nationale façon Brighelli). Et l’illusion de son règne. Car ne rêvez pas. Les crétins ne règnent pas. Ils sont simplement en train de permettre l’avènement demain, d’un gouvernement autoritaire au service d’une petite élite apatride, dont les représentants de l’Union européenne, du FMI, de l’OTAN ou de nos gouvernements de paille ne sont que des échantillons. Lisez Jacques Attali, bien plus intelligent que vous et moi, bon sang !

Nous crevons de vouloir ouvrir nos gueules sur tout et n’importe quoi, sans que personne jamais ne nous remette à nos places, pour nous dire de la boucler et de suivre ceux qui savent.

Car c’est bien de ceux qui savent dont nous avons besoin, pour la survie de notre civilisation. Nous n’avons pas besoin que des crétins persuadés qu’ils sont tous égaux et qu’ils ont les mêmes droits les uns que les autres élisent des représentants suggérés par la caste. Nous avons besoin de soldats pour diriger nos armées, c’est-à-dire de chefs promus par le sang versé, pas par les loges fréquentées… Nous avons besoin de médecins et de chirurgiens pour diriger notre système de santé, et pas de représentants de tel ou tel laboratoire pharmaceutique. Nous avons besoin de professeurs pour éduquer nos gosses, et pas de pédagogues qui applaudissaient Cohn Bendit racontant son excitation de prendre un enfant sur ses genoux. Nous avons besoin d’économistes, pas de traders ni de banquiers. Nous avons besoin d’hommes d’État ayant une vision de l’histoire et de l’avenir, pas d’individus soumis au diktat d’associations et de lobbys en tout genre.

Bref, nous avons besoin, les peuples ont besoin en général, de chefs. Pour obéir. Pour avancer. Pour avoir envie de créer et d’inventer. Pour faire civilisation. Et pour savoir nous intimer, aussi, l’ordre de la boucler lorsque notre avis n’est pas nécessaire au bon développement de notre système…

Julien Dir

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