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L’usine de masques de Plaintel devrait rouvrir à l’automne selon les dernières informations, le gouvernement se contredisant à quelques jours d’intervalle. Le Parti Breton appelle quant à lui « la Bretagne à réagir » tout en soulignant l’« absence » du Conseil régional dans cette crise.

Plaintel : le gouvernement tergiverse puis annonce la réouverture

Un nouveau rebondissement est intervenu dans le feuilleton de l’usine de masques respiratoires de Plaintel (Côtes-d’Armor). Le 22 avril, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances Agnès Pannier-Runacher a adressé un courrier au président de la Région Bretagne pour lui notifier que l’État allait se porter acquéreur des masques fabriqués par l’usine bretonne.

Une décision qui n’est autre qu’un revirement total de la part du gouvernement puisque six jours auparavant, la même Agnès Pannier-Runacher écartait la possibilité d’une réouverture de l’usine. Répondant à la question du député breton Marc Le Fur, elle rétorquait alors : « C’est une usine dont les locaux sont d’ores et déjà repris par une autre entreprise, et les machines ont été mises de côté ou reprises par l’autre entreprise », assurant par ailleurs qu’il existait des « alternatives » au projet de Plaintel.

Changement de ton radical dans la communication d’Agnès Pannier-Runacher à destination de Loïg Chesnais-Girard :

« Je vous confirme que l’État, via Santé Publique France, et sous l’autorité d’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, peut se porter acquéreur de masques de protection pour les besoins du système de santé français ». Des paroles confirmées par celles prononcées par Emmanuel Macron lors de son déplacement dans le Finistère le 22 avril : « La solution costarmoricaine est une très bonne nouvelle ». L’objectif de production annoncé est de « un million de masques grand public par semaine ».

Reprise de la production de masques à l’automne ?

Quant à la date de reprise de la production, celle-ci pourrait intervenir « au courant de l’automne » selon Guy Hascoët, chargé par la région Bretagne de piloter la mission d’étude sur la relance de l’activité à Plaintel. Le site, fermé en 2018 à la suite d’un rachat par un groupe américain, attend donc que cet ancien secrétaire d’État à l’Économie Solidaire (2000-2002) rassemble « tous les éléments de faisabilité » avant de rendre ses conclusions « autour du 10 mai » pour y voir plus clair sur le calendrier à venir.

Le projet de relance de l’usine pourrait se faire sous la forme coopérative d’après Guy Hascoët. Pour l’instant, l’heure est avant tout à sonder les acteurs du territoire afin de savoir s’ils sont intéressés pour participer à l’aventure mais aussi s’ils envisagent de figurer parmi les futurs clients de l’usine.

Autre point encourageant pour la pérennité du site de Plaintel, celui-ci pourrait être sollicité par l’État pour répondre à la grande commande de reconstitution des stocks stratégiques de masques. À la condition que l’usine soit opérationnelle à l’automne 2020.

Le Parti Breton appelle la Bretagne à réagir

À la suite de ces annonces, le Parti Breton s’est fendu d’un communiqué de presse dans lequel il souligne « l’inadéquation du système politique français et son incapacité à assurer la santé des citoyens en dotant les personnels soignants des moyens adéquats ».

Et de remarquer que le fait de disposer de masques et tests en quantités suffisantes « aurait permis à la Bretagne de ne pas être confinée totalement et aurait sauvé des vies », rappelant au passage que « jusqu’en 2018, l’usine bretonne de masques de Plaintel produisait jusqu’à 200 millions d’unités ; elle était rentable, inventive, avec du personnel local qualifié. Elle a été sacrifiée par ses repreneurs étrangers. L’État français a laissé faire… »

De plus, si comme l’indique le Parti Breton, « à Plaintel, le personnel est toujours là et, fort de son expérience, peut réanimer cette activité stratégique pour notre pays », la formation politique « appelle la Bretagne à réagir ». Elle suggère aussi, face à « l’incapacité politique et financière » à laquelle est confrontée la Bretagne, de sauver les entreprises stratégiques bretonnes par « l’inventivité ».

Le Parti Breton détaille : « Être inventif, cela commence par la recherche des capitaux nécessaires auprès d’investisseurs locaux – certains ont fait leurs preuves en ce domaine – pour réparer notre tissu industriel stratégique. C’est aussi faire appel à la capacité d’investissement des particuliers. C’est exiger la participation des investisseurs publics afin de permettre à cette activité stratégique de se maintenir dans le temps et répondre à une demande internationale. »

Le Parti Breton appelle aussi « les collectivités des 5 départements bretons à être parties prenantes de cette entreprise comme le permet le statut de Société Coopératif d’Intérêt Collectif (SCIC) », tout en incitant « la Région administrative de Bretagne, qui a brillé par son absence dans cette crise » à « se mobiliser pour susciter l’adhésion des collectivités de Bretagne ».

Crédit photos : DR (Photo d’illustration)
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