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D’abord en pénurie, les masques lavables contre le Covid-19 connaissent désormais un surplus de production en France avec le retour de l’Asie sur le marché. Au grand dam des entreprises de l’Hexagone ayant été mises à contribution.

Covid-19 : de la pénurie de masques…

L’avons-nous déjà oublié ce mois de mars 2020, où les masques de protection contre la pandémie de covid-19 débutant en France prenaient presque la valeur de l’or ? Une situation de pénurie totale où l’on a d’abord vu les autorités, dont l’inénarrable Sibeth Ndiaye, expliquer à la population que ces masques étaient inutiles, puis encourager la fabrication de masques maison à l’efficacité douteuse, pour ne pas dire nulle.

Une séquence au cours de laquelle certains médecins généralistes ont consulté sans protection tandis que pharmaciens et soignants devaient se contenter de masques chirurgicaux, portant parfois le même plusieurs jours durant. Sans parler des masques FFP2 dont les stocks français étaient tout simplement inexistants.

Et puis les choses sont progressivement rentrées dans l’ordre, doux euphémisme, à partir de la fin du mois d’avril, la France passant une commande massive de masques en Chine. Mais aussi grâce aux initiatives privées de certaines entreprises et de collectivités locales. Les entrepreneurs bretons ayant pu se procurer des masques chirurgicaux (voire des FFP2) par l’intermédiaire des Chambres de Commerce et d’Industrie notamment en savent quelque chose.

… à la surproduction !

Aussi, le feuilleton des masques de protection a connu un nouveau tournant en France par la suite. Tout le monde a en tête « l’effort de guerre » demandé par Emmanuel Macron aux entreprises de textile du pays afin qu’elles orientent leur activité dans l’urgence vers la production de masques lavables.

Un appel auquel elles ont été nombreuses à répondre. En oubliant que la Chine, atelier du monde et par ailleurs foyer initial de la pandémie, avait entre temps repris sa production de masques, et donc ses exportations. Ainsi, si l’offre de masques chirurgicaux jetables est désormais abondante sur le marché français, cela a eu pour première incidence de faire drastiquement chuter la demande en masques textiles produits en France, bien plus onéreux, entraînant de nombreux invendus.

L’État commande 10 millions de masques lavables… au Vietnam

À l’amertume des industriels français, s’est aussi ajouté la colère lorsqu’ils ont appris que le ministère de l’Économie avait passé commande de 10 millions de masques lavables fabriqués au Vietnam. Un choix que la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Agnès Panier-Runacher, a justifié le 8 juin : « Nous les avons commandés mi-avril à un moment où nous avons sollicité la filière textile française, qui nous a répondu qu’elle n’était pas en situation de servir ce niveau de production ».

Un argument qui ne rassure pas pour autant toutes les sociétés (elles seraient près de 450) qui ont avancé de la trésorerie pour participer à cet « effort de guerre » que l’État pourrait être tenté de vite oublier.

Selon Agnès Panier-Runacher, qui a par ailleurs lancé une mission sur le sujet le 8 juin, « on a effectivement un stock de masques. Ces masques ils peuvent être consommés dans les entreprises. Tout notre enjeu aujourd’hui, c’est de faire en sorte que, plutôt d’utiliser des masques à usage unique qui sont, en règle générale, fabriqués en Chine, on utilise des masques textiles, lavables, fabriqués en France ».

Du côté des professionnels ayant contribué à produire ces précieux objets, certains demandent au gouvernement d’acheter ces surplus pour se constituer un stock et ainsi dédommager les entreprises en question. Une autre option étant que la commande publique soit réalisée prioritairement à la production française tout en limitant les importations venues d’Asie.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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