Cathédrale de Nantes : mon Dieu, gardez-moi de mes amis

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Ainsi, l’incendie de la cathédrale de Nantes était l’œuvre d’un homme pourtant bon catholique et censé la dorloter – un migrant irrégulier rwandais qui au surplus aurait dû montrer un peu de reconnaissance du ventre envers un diocèse qui a beaucoup fait pour lui et lui confiait ses clés.

Mais ce n’est pas la première fois que la cathédrale avait plus à craindre de ses amis que de ses ennemis.

En 1800, le Consulat et l’église étaient en pleine réconciliation après la politique antichrétienne de la Révolution. La liberté de culte avait été rétablie fin 1799, le Concordat serait signé avec le Saint-Siège en 1801. L’armée française veillait à la paix du territoire. Elle avait constitué un gros stock de munitions dans le château de Nantes, aux étages inférieurs de la tour des Espagnols. Les planchers de cette tour située plein Nord et baignée à l’époque par l’eau de la Loire étaient en mauvais état. Leur effondrement, le 25 mai 1800, provoque une énorme explosion. Le quartier est ravagé. La cathédrale, à moins de 200 mètres de là, est gravement endommagée. Des vitraux donnés par Anne de Bretagne ne subsistent que quelques fragments – ceux-là même qui ont disparu au matin du 18 juillet 2020.

Plus tard, la cathédrale « avait survécu aux bombardements absolument dévastateurs des nazis sur Nantes pendant la Seconde guerre mondiale » assurait François-Xavier Bellamy sur Cnews le 19 juillet. M. Bellamy, qui fut tête de liste des Républicains aux élections européennes est agrégé de philo et non d’histoire, et c’est heureux. Car les deux douzaines de bombardements subis par Nantes ont bien été « absolument dévastateurs », mais ils sont l’œuvre des Alliés ! Les plus terribles sont les bombardements américains des 16 et 23 septembre 1943, qui tuent 1 500 Nantais et détruisent des cibles aussi stratégiques que l’hôpital de Nantes ou les grands magasins Decré. Cependant, le plus grave pour la cathédrale est celui du 15 juin 1944. Ce jour –là, une bombe tombe sur la sacristie, qui est détruite, ravageant aussi l’abside et tuant un ecclésiastique.

Quant au gigantesque incendie qui a entièrement détruit la charpente et la toiture de la cathédrale, il a été allumé avec les meilleures intentions du monde. Le 28 janvier 1972, l’édifice est comme toujours en travaux. La réparation des dommages de 1944 s’achève. Le 28 janvier, un ouvrier effectue un point de soudure sous les combles. Une étincelle et la poussière amassée entre les poutres prend feu…

E.F.

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