Brésil. Mort d’un manchot ayant avalé un masque : le fléau de la pollution plastique liée au Covid-19

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Au Brésil, la mort d’un manchot de Magellan ayant ingéré un masque filtrant contre le Covid-19 rappelle que cette crise sanitaire a aussi des effets collatéraux comme la pollution plastique.

Un manchot décède après avoir avalé un masque au Brésil

La symbolique de l’image est forte. Sur une plage de Juquehy, à São Sebastião (à environ 150 km de São Paulo) au Brésil, un manchot de Magellan a été retrouvé mort sur le sable au début du mois de septembre. L’autopsie pratiquée sur l’animal par la suite a révélé qu’il avait ingéré un masque filtrant N95 destiné à se protéger du Covid-19.

Si les manchots de Magellan en provenance de Patagonie ont pris la mauvaise habitude de s’échouer parfois par malheur sur la côte brésilienne tandis qu’ils cherchent de la nourriture, cette découverte est en revanche une première pour l’institut Argonauta, une ONG qui consacre son travail à la conservation des écosystèmes côtiers et marins.

Le masque en question est apparu enroulé dans l’estomac du manchot. La photographie publiée par l’institut Argonauta parle d’elle-même :

manchot
Estomac du manchot de Magellan. Source : institutoargonauta.org

De plus, un autre cliché d’une plage située dans le même état de São Paulo pris le 7 septembre dernier et visible sur le site de l’ONG permet de se rendre compte du contexte environnemental local…

Source : institutoargonauta.org

Par ailleurs, il est à noter que le manchot de Magellan, dénommé Spheniscus magellanicus, est une espèce classée « quasi-menacée ».

Covid-19 : une pollution plastique qui frappe ailleurs dans le monde

Si l’ONG brésilienne déplore un nouveau type de pollution plastique causée par ces encombrants masques anti-Covid-19, le pays n’est pas le seul à être touché, loin de là. Au mois de juillet dernier, c’est cette fois la fondation Tara Océan qui a affirmé avoir retrouvé des gants et masques chirurgicaux dans sept grands fleuves européens.

Ce même mois de juillet, la Fondation 30 millions d’Amis avait lancé un appel au civisme afin de jeter les masques usagés à la poubelle et non dans la nature. Un peu partout dans le monde, des oiseaux avaient ainsi été retrouvés morts, pris au piège par des masques jetables. Notamment au Royaume-Uni où, après le sauvetage d’un goéland dont les pattes étaient coincées dans un masque, les autorités britanniques résumaient alors leur position comme suit : « Notre protection contre le Covid-19 ne doit pas signifier un arrêt de mort pour les animaux ! »

Et le caractère obligatoire du port du masque dans différents espaces de plusieurs pays ne risque pas d’améliorer les choses en matière de pollution plastique. À savoir que les masques chirurgicaux, dont la durée d’usage recommandée ne dépasse pas trois à quatre heures, mettent en revanche près de 450 ans à se dégrader.

Enfin, la France n’est pas en reste concernant cette pollution puisque des plongeurs de l’association « Opération Mer Propre » avaient, deux semaines à peine après le début du déconfinement, retrouvé dans la baie de Golfe-Juan divers objets liés au coronavirus : gants, masques chirurgicaux et bouteilles vides de gel hydroalcoolique. Une « crise du civisme » que nous avions alors évoquée.

AK

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/Cubico)
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