Environnement. Les néonicotinoïdes de nouveau autorisés malgré leur rôle de « tueurs d’abeilles » [Vidéo]

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Face aux menaces que fait peser un puceron sur les cultures de betteraves en France, l’Assemblée nationale vient d’autoriser le recours aux néonicotinoïdes, des insecticides interdits en 2016 et dangereux pour les abeilles.

Néonicotinoïdes: des insecticides « tueurs d’abeilles » de nouveau autorisés

Les néonicotinoïdes vont faire leur retour en France. En cause, la disposition clé du projet de loi permettant la réintroduction temporaire de ces insecticides qui a été votée le 6 octobre afin de sauver la filière de la betterave. Ainsi, le « projet de loi relatif aux conditions de mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire pour les betteraves sucrières » a été adoptée par 313 voix pour, 158 contre et 56 abstentions lors d’un vote solennel.

De quoi mettre en colère certains défenseurs de l’environnement investis de longue date dans l’interdiction de ces néonicotinoïdes. Une interdiction datant de 2016 et notamment portée par Barbara Pompili, alors secrétaire d’État chargée de la Biodiversité. Mais, ironie de l’histoire, c’est cette même Barbara Pompili, désormais ministre de la Transition écologique, qui est en 2020 à l’origine de ce détricotage législatif. De quoi donner l’occasion à certains d’exhumer des déclarations de l’ancienne secrétaire d’État lorsque celle-ci semblait farouchement opposée à ces insecticides.

Une année 2016 où Barbara Pompili n’avait visiblement pas de mots assez durs envers les nicotinoïdes qui, en plus d’être « dangereux, pour les abeilles, mais bien au-delà des abeilles », étaient aussi dangereux « pour notre santé, pour notre environnement, ils contaminent les cours d’eau, la flore, y compris la flore sauvage. Ils restent dans les sols très longtemps. » Et d’ajouter : « Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos enfants, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. »

Pourtant, dès le mois d’août 2020, la ministre de la Transition écologique évoquait la réautorisation d’un insecticide pour la culture des betteraves comme étant une « décision difficile à prendre » mais nécessaire pour préserver la filière sucrière à court terme.

Des abeilles menacées et toujours pas de solution ?

La filière de la betterave est en effet menacée par la prolifération d’un puceron vert vecteur de la « jaunisse ». Une maladie qui, aux dires des producteurs, pourrait entraîner une perte de rendement d’environ 40 % et ainsi fragiliser les 46 000 emplois de la filière sucrière en France.

Pour maintenir ces rendements, la solution actuellement privilégiée est donc la réintroduction de semences enrobées avec des néonicotinoïdes. Ce qui est dorénavant permis par la loi pour les prochaines campagnes betteravières jusqu’en 2023. Le délai de trois ans doit permettre à la filière de trouver une alternative écologique à ces insecticides considérés comme « tueurs d’abeilles ». Car, pour l’heure, il n’existe pas d’alternative chimique ou agronomique suffisamment efficace selon le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

De son côté, le président de la Confédération Générale des Planteurs de Betteraves (CGB) a décrit le vote comme « un signal positif adressé aux betteraviers, de nature à les inciter à maintenir leurs surfaces. » De quoi se donner un peu de temps « pour réussir la transition dans les 3 ans qui viennent, en s’appuyant sur la mise en œuvre à la fois du plan de prévention de la filière et du plan de recherche ITB/INRAE ».

Quant aux ONG de défense de l’environnement, elles dénoncent « un recul environnemental » ou « une régression écologique majeure. ». 

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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