Pénitentiaire. Une surveillante lâchement tabassée devant chez elle

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Le 10 décembre dernier, une nouvelle inquiétante a ému les agents pénitentiaires dans toute la France. En fin de service, une surveillante plutôt frêle de constitution a été lâchement tabassée devant chez elle, dans un petit village de la Somme. Elle travaille au centre pénitentiaire de Liancourt (60). Ses deux agresseurs présumés, des délinquants chevronnés, ont été arrêtés.

L’agente était attendue devant chez elle, en fin de nuit ; elle a d’abord été aspergée d’un liquide inconnu, puis tabassée à la barre de fer. Son époux, lui-même surveillant, est intervenu et a fait fuir ses agresseurs avant qu’ils ne l’achèvent. Ses blessures ont nécessité la pose de 16 agrafes sur son crâne.

Les agents pénitentiaires sont d’autant plus inquiets qu’en juillet dernier, trois voitures d’agents de cette même prison ont été incendiées, après une mutinerie de détenus, « un mouvement collectif », dit le jargon pénitentiaire, qui a échoué.

Suite à cette nouvelle agression, les agents pénitentiaires de Liancourt ont bloqué trois jours leur établissement pénitentiaire, à partir du 14 décembre, qualifiant cette agression de « tentative d’assassinat ». Le directeur de l’administration pénitentiaire s’est déplacé le 16 décembre, et a annoncé entre autres l’élévation de l’agente agressée au grade de lieutenant, « le comblement des carences en personnel en 2021 […] avec pour objectif d’atteindre en ressources humaines 95.5 à 96% de l’effectif théorique », des caméras thermiques sur le parking, le remplacement de 112 caméras analogiques et l’ajout de 78 autres, des vestes anti-coupures pour les agents et un dispositif anti-drone pour la prison.ante

Les annonces du ministère de la Justice ? Pour les syndicats « un pansement sur une jambe de bois »

Des annonces certes utiles mais que les syndicats pénitentiaires estiment être « un pansement sur une jambe de bois […] Il ne faut pas oublier que ces dernières années  les appels aux actions violentes contre l’ensemble des forces de l’ordre se sont multipliés et les personnels pénitentiaires sont en première ligne ». L’intersyndicale réclame notamment « l’anonymisation totale des procédures internes et judiciaires, la création d’un […] numéro d’appel unique d’alerte en cas de danger grave et imminent pour l’ensemble des forces de l’ordre, la sécurisation totale des abords de l’ensemble des sites ‘’justice’’  [et] une sensibilisation sur l’utilisation des réseaux sociaux ».

Deux homme âgés de 22 et 26 ans, tous deux défavorablement connus de la justice – l’un d’eux a même un lourd casier – ont été mis en examen ce 23 décembre dans la Somme. Ils sont soupçonnés l’un d’avoir commis les violences, l’autre d’avoir conduit le véhicule. Ils ont été placés en garde à vue à Amiens et devraient être écroués dans l’attente de leur procès.

Par ailleurs la voiture d’un surveillant en service à la prison de Laon a été incendiée dans la nuit du 23 au 24 décembre, dénonce le syndicat FO-Pénitentiaire qui affirme demander depuis des années que le parking des véhicules du personnel soit sécurisé, sans résultat, l’administration plaidant le manque de budget. Faudra-t-il là encore qu’un agent soit tabassé et laissé pour mort pour que, comme par miracle, les quelques dizaines de milliers d’euros nécessaires pour installer une clôture sécurisée et un poste de garde soient trouvés ?

Louis Moulin

Photo d’illsutration :DR
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1 COMMENTAIRE

  1. La première question à se poser et qu’est-ce que ces dangereux délinquants connus comme tel faisaient libre ? Encore une Libération anticipée injustifiable ?

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