Géopolitique. Les relations entre l’Inde et la Russie se développent

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Les relations militaires entre la Russie et l’Inde se développent, ce qui pourrait entraîner une série de changements importants au niveau international.

Le gouvernement indien a récemment envoyé une centaine de soldats en Russie pour les former au maniement du système antiaérien S-400, que New Delhi prévoit d’acquérir dès que possible. Cependant, il est peu probable que cela plaise à Washington, qui considère New Delhi comme un partenaire clé dans sa stratégie pour la région indo-pacifique.

En octobre 2018, l’Inde a signé un contrat avec la société russe Rosoboronexport pour l’achat de cinq systèmes antiaériens S-400 pour plus de 5 milliards de dollars. À l’époque, Washington a désapprouvé la négociation, mais comme l’Inde n’avait pas encore reçu l’équipement, les tensions se sont apaisées. Cependant, le pays asiatique recevra les premières batteries anti-aériennes entre septembre et octobre 2021 et celles-ci seront opérationnelles plus tard cette année ou au début de l’année prochaine, ce qui inquiète profondément les Américains.

New Delhi a récemment informé qu’elle a déjà transféré une avance importante à Rosoboronexport et que l’Inde va effectuer le paiement final prochainement. En attendant, les Indiens souhaitent apaiser leurs tensions avec les États-Unis, qui ont déjà menacé d’imposer de sévères sanctions.

Le S-400 est un système extrêmement puissant, utilisé par les forces armées russes depuis 2007. Avec une portée de plusieurs centaines de kilomètres et la possibilité d’abattre des missiles balistiques, le S-400 peut améliorer considérablement la sécurité nationale indienne au milieu des tensions régionales. En effet, l’Inde s’empresse d’augmenter les ressources matérielles et humaines de ses forces armées, principalement en raison du fait que son différend avec la Chine se poursuit.

Il faut néanmoins souligner que, bien que les tensions avec la Chine aient gagné en évidence depuis le mois de mai de l’année dernière (où il y a eu de petits incidents de confrontation directe et des décès), le différend entre l’Inde et le Pakistan demeure et fait des victimes chaque année, faisant de cette région un grand foyer de tensions, avec trois puissances nucléaires impliquées dans des conflits territoriaux.

Tout au long de la présidence de l’administration Trump, les tensions entre les États-Unis et l’Inde dues à l’accord avec la Russie ont été apaisées, même si elles sont restées. L’ancien président américain a demandé à plusieurs reprises New Delhi d’annuler l’accord avant de recevoir les équipements. La raison pour laquelle Trump n’est pas intervenu plus activement dans cette affaire est simple : les États-Unis et l’Inde ont un ennemi commun, la Chine, et les Américains ne peuvent pas perdre cet important allié contre Pékin.

Cependant, aujourd’hui, aux premiers jours de l’administration Biden, Washington reçoit des nouvelles sur la conclusion de l’accord entre les Indiens et les Russes. Biden, qui veut relancer la politique hégémonique mondiale des USA, devra maintenant choisir entre la poursuite de la politique de Trump ou une attitude plus agressive envers l’Inde.

Pour l’Inde, cependant, la situation n’a pas tellement changé. New Delhi n’a jamais été intéressée par la formation d’une alliance idéologique avec Washington – l’intérêt indien se limite à l’existence d’un ennemi commun. Pour assurer leur sécurité contre cet ennemi, les Indiens cherchent le soutien des États-Unis – mais si les États-Unis ne fournissent pas toutes les ressources nécessaires à l’Inde pour garantir sa protection, le gouvernement indien cherchera cette garantie dans d’autres possibilités de coopération, comme la Russie.

Ce que nous pouvons voir dans le cas indien est une preuve supplémentaire de l’irréversibilité du processus de multipolarisation géopolitique – principalement dans le commerce international. L’Inde, tout en étant un allié historique des États-Unis, cherche à s’équiper en armements russes et à renforcer ses liens commerciaux et militaires avec la Russie, car ce que veut New Delhi, c’est garantir ses propres intérêts, quelle que soit la puissance qui s’y associe.

Avec la montée des guerres commerciales et la vague de sanctions internationales à motivation politique ou idéologique, Washington a tenté d’imposer au monde une notion très déformée de la fonction du commerce, limitant l’échange de ressources entre nations proches sur les plans politiques et idéologiques. Toutefois, ce type de limitation des échanges ne peut être maintenu longtemps, car cela conduirait à une crise mondiale irréparable. Sachant cela, de plus en plus de nations cherchent à diversifier leurs options commerciales et à maintenir simultanément des liens avec des nations y compris antagonistes.

Dans ce scénario, il appartiendra au nouveau président américain de choisir entre sanctionner l’Inde – ce qui fera perdre aux États-Unis un allié important et poussera les Indiens à s’engager encore plus avant dans les relations avec la Russie – ou maintenir une politique pacifique d' »avertissements » et de « désapprobations verbales », sans aucune mesure commerciale agressive, en acceptant le fait que toute nation peut acheter n’importe quel produit – militaire ou non – à n’importe quelle nation.

Lucas Leiroz, chercheur en droit à l’université fédérale de Rio de Janeiro (via infobrics, traduction Breizh-info)

Crédit photo : DR
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