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Un volume horaire d’enseignement de la langue bretonne divisé par deux ou trois dans certains collèges et lycées Diwan à partir de la rentrée 2021 : tel est le projet absurde de l’Éducation nationale.
Cours de breton : l’absurde réduction horaire de l’Éducation nationale
Le réseau d’enseignement en langue bretonne Diwan n’avait vraiment pas besoin de cela. Après une rentrée 2020 difficile compte tenu du fort impact financier engendré par le Covid-19 sur ce réseau associatif, une mauvaise nouvelle est venue obscurcir encore davantage l’avenir de Diwan.
En effet, à partir de la rentrée 2021, l’Éducation nationale envisage de modifier le volume horaire d’enseignement du breton dans les établissements bilingues. Dans le détail, le nombre d’heures d’enseignement de la langue bretonne dans un établissement, qui était jusqu’à présent calculé par classe serait alors, dès le mois de septembre prochain, calculé par niveau.
Un véritable séisme pédagogique pour les collèges Diwan de la région qui, en ayant par exemple deux classes de sixième ou trois classes de cinquième, verraient donc le nombre d’heures de breton divisé d’autant. Comme par exemple au collège Diwan du Relecq-Kerhuon où Brendan Simon, responsable de la vie scolaire de l’établissement et élu au CSE du réseau Diwan, explique auprès du Télégramme : « Il faut comprendre qu’au collège Diwan du Relecq-Kerhuon, nous avons trois classes par niveau. Les prévisions pour la rentrée prochaine sont de trois classes en 6e, trois classes en 5e, deux classes en 4e et trois classes en 3e. Donc, à partir de septembre, les élèves de 6e, 5e et 3e n’auront plus qu’une heure de langue bretonne par semaine. Et les élèves de 4e auront 1 heure 30. Alors que les élèves du public ou du privé catholique en auraient trois heures, parce qu’ils n’ont pas autant de classes. C’est insensé ». Le mot paraît faible, en effet.
La chasse au breton menée par une administration hors-sol
Du côté d’inspection académique bretonne, on explique sans sourciller que ces divisions des volumes horaires d’enseignement du breton à la rentrée 2021 n’auront pas de conséquences sur l’apprentissage des élèves puisque ceux-ci évoluent déjà en immersion en langue bretonne dans les établissements Diwan.
En faisant un parallèle avec le fonctionnement des établissements monolingues classiques, il serait intéressant d’observer les réactions de l’administration de l’Éducation nationale et de Jean-Michel Blanquer si on leur annonçait que le nombre d’heures de cours de français était divisé par deux ou trois, voir même supprimé. Tout en leur assurant que la décision n’aurait aucun impact, les élèves parlant déjà le français en dehors des heures de classe. Une comparaison qui met clairement en évidence l’absurdité d’une telle mesure.
Peut-on espérer voir les services de l’Éducation nationale finalement rattrapés par le bon sens et ainsi revenir sur leur décision ? Pour tenter d’inciter le ministère à annuler cette modification du volume horaire et alerter le grand public, des mobilisations sont prévues par le réseau Diwan. Les enseignants et les parents d’élèves du collège du Relecq-Kerhuon ont par exemple annoncé un rassemblement samedi 20 février à 13h30 sur la place de la liberté, à Brest.
Encore en 2021, la langue bretonne apparaît toujours comme une simple variable d’ajustement de politiques hors-sol décidées depuis Paris. Le constat est cependant dénué de surprise pour tout ceux s’intéressant de près ou de loin au sort réservé au breton par l’État.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
6 réponses à “Écoles Diwan. L’Éducation nationale souhaite réduire le nombre d’heures de breton”
L’Etat français mérite amplement, au vue de ces décisions, le qualificatif d’État voyou (a « rogue » state) que lui décerne Davyth Hicks dans un rapport remis aux autorités européennes. D’autres, en parlant de la démocratie (!!!) française, la qualifie de « démocratie défaillante ». Ce qui est certain, c’est que dans ce genre d’affaires, le prestige du » Pays des Droits de l’homme » en prend un sacré coup !
Désolé, mais le terme de « langue bretonne » me laisse perplexe !
Est-ce une langue créée de toute pièce ?
Au début du vingtième siècle, les Bretons de Lorient ne comprenaient pas, par exemple, ceux de Dinan !
Ils ne parlaient visiblement pas le même dialecte !
Non rycart ce n’est pas une « langue créée de toutes pièces » mais une langue moderne, tout simplement, adaptée au 21ᵉ siècle mais qui n’est maîtrisée que par quelques dizaines de milliers de personnes. Il n’y a jamais eu autant de lettrés bretonnants capables de comprendre tous les dialectes bretons. Une synthèse a été faite peu-à-peu, depuis le 19ième sc. Moi je suis à moitié bigouden, marié à une fille du Goélo et j’habite dans le Léon : aucune difficulté, que de l’enrichissement.
Vous devez confondre pour Dinan : il y a bien une école Diwan dans le secteur mais la langue bretonne n’y est plus courante depuis le… 12ième siècle environ.
Il est somme toute naturelle pour une langue d’avoir une version standard, pour l’enseignement et la littérature mais aussi d’autres dialectes au sein de différents territoires. Mais ne vous en voulez pas, en France l’être acculturé est presque devenu la norme…
Réponse à rycart : Dinan se trouve en pays Gallo et parle traditionnellement ce dialecte, roman. Lorient est en pays bretonnant, parle donc traditionnellement le breton. En tout état de cause, le breton est reconnu internationalement comme une langue à part entière. Elle est plus ancienne que le français. Quant à ce français officiel sont origine est le dialecte du sud de l’Île de France et de Touraine. Donc simple dialecte à l’origine.
Réponse à Rycart qui ferait mieux de se pencher sur la langue de ses ancêtres que d’ânonner les leçons apprises dans les manuels jacobins . Ce que les ennemis de la Bretagne appellent une » langue chimique » ou une » langue artificielle » est une langue unifiée et moderne . Les Français ont fait la même chose avec leurs divers » dialectes » ou langues régionales . On parle aujourd’hui à la tv et dans les écoles de l’Hexagone, non pas le picard ou le poitevin-saintongeais mais un français standard unifié entre autres par l’Académie française . Il s’est passé la même chose pour toutes les langues européennes . Doit-on estimer qu’il n’existe pas de langue allemande sous prétexte que l’école allemande et les médias utilisent le hoch deutsch ?