Covid-19 à Nantes : l’ARS pas trop stressée par le variant sud-africain

A LA UNE

Trois premiers cas du variant sud-africain du covid-19 viennent d’être détectés en Irlande du Nord. Robin Swan, ministre de la santé, est intervenu à la télévision dès ce mardi pour l’annoncer. La semaine dernière, le Royaume-Uni s’inquiétait sérieusement pour 141 cas du même variant recensés sur son territoire. Car le variant sud-africain est réputé plus dangereux que le variant anglais ou que le virus originel.

Où en est-on en Bretagne ? La présence du variant sud-africain en Loire-Atlantique a été signalée par l’Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire dès le 15 janvier. Il concernait une personne originaire du Mozambique qui revenait d’un rassemblement évangélique dans ce pays. Puis des cas secondaires étaient détectés dans sa famille. Le 29 janvier on comptait cinq cas. Puis douze le 4 février. Une progression rapide donc. Et ensuite ? L’ARS a cessé d’indiquer le nombre de variants sud-africains détectés dans le département. Et elle n’a livré aucune statistique sur le nouveau variant brésilien, également redouté. Elle fournit à présent des chiffres tous variants confondus. Ils progressent très vite :

Prélèvements criblés Criblages positifs à l’un des variants % de criblages positifs
12 février 564 191 33,87
16 février 723 318 43,98
19 février 1053 508 48,24
23 février 1230 770 62,6

Le variant le plus présent en France à ce jour est le variant dit britannique. Mais la dernière fois que l’ARS a publié des chiffres distincts, le 2 février, on comptait en Loire-Atlantique un seul cas de variant britannique pour cinq sud-africains. Si la proportion est restée identique, les personnes infectées par ce variant pourraient se compter par centaines dans le département ! On note qu’en trois semaines, le nombre de cas, tous variants confondus, est passé de six à 770 : il a été multiplié par 128 en trois semaines.

Le risque à terme : un croisement des courbes

Pas d’affolement : la situation globale n’est pas alarmante dans l’immédiat. Quel que soit le variant, les cas symptomatiques graves sont peu nombreux. Le nombre de malades hospitalisés baisse de semaine en semaine dans le département comme ailleurs en Bretagne. Seuls vingt-deux se trouvaient en réanimation au 23 février. Mais un croisement des courbes (forte baisse des contaminations classiques, très forte progression des variants sud-africain et brésilien) pourrait réserver de mauvaises surprises.

« Ces variants sont plus contagieux », indique l’ARS elle-même, « et il est constaté, au plan national, que sur les territoires sur lesquels ils sont devenus majoritaires, l’épidémie progresse très rapidement. » C’est pourquoi la faiblesse de la réaction de l’ARS interpelle. Elle a lancé les 19 et 20 février une campagne de dépistage dans les quartiers nord de Nantes « pour agir très tôt et éviter une diffusion du virus par les chaînes de transmission habituelles ». Agir très tôt ? C’est plus d’un mois après la détection des premiers cas !

Dépistage bien moins efficace à Nantes qu’en Occitanie

De telles campagnes de dépistage gratuit se multiplient en France. Voici un exemple, à titre de comparaison. Deux cas de variant sud-africain ont été trouvés du côté de Bagnères-de-Luchon. L’ARS occitane a aussitôt organisé une campagne de dépistage, les 13 et 14 février. Elle a drainé 1 581 personnes, soit 25 % de la population. Résultat : vingt-deux tests positifs, dont un variant sud-africain et deux variants anglais.

Résultat obtenu par l’ARS Pays de la Loire : 661 prélèvements effectués, soit même pas 3 % de la population du quartier concerné. Quatorze cas positifs (2,1 %), dont dix cas de variants (soit plus de 70 %). La mobilisation a donc été huit fois moins importante à Nantes, alors que la situation, si l’on en juge par le nombre de détections rapporté à la population, est 40 % plus grave (voire huit fois plus grave si l’on s’en tient aux seuls variants).

Les résultats nantais semblent bien indiquer que les variants sont en train de prendre le relais de la forme classique de la maladie. Le risque d’accélération des contaminations est réel. Un nouveau dépistage est organisé les 23 et 24 février à l’attention des habitants du nord-est de Nantes. On espère que l’ARS et la ville de Nantes, impliquée dans la campagne, sauront mieux mobiliser les Nantais cette fois.

Illustration : CHU de Nantes, photo BI, droits réservés.
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

20 janvier 1793. Mort de Louis XVI : la République n’a pas tenu parole…

En ce jour anniversaire de l'assassinat du roi Louis XVI, nous vous proposons un article paru sur le site...

Nantes : une micro algue étudiée par un laboratoire futur remède contre les boutons d’acné ?

A Nantes, le laboratoire Physalg de l'Ifremer, l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer, a mis en...

1 COMMENTAIRE

  1. Et si vous arrêtiez de faire peur aux gens ? Non le variant sud-africain (comme l’anglais) n’est pas plus dangereux pour un individu donné, il est juste plus contagieux donc se transmet plus facilement. Sur le plan épidémiologique il y a peut-être plus de risques avec plus de personnes infectées en peu de temps, mais on a vu qu’en un mois, à Nantes ça n’a pas été du tout le cas puisqu’il n’y a pas inflation des contaminations… Bref pas de quoi fouetter un chat. PS : sachez que je vis en Afrique du sud. Le virus a ici aussi fait des ravages mais il y a eu nettement moins de morts qu’en France, et aujourd’hui les gens sont positifs car ils ont le sentiment que le plus dur est derrière eux. Le confinement a fait des ravages sur le plan économique, et à la fin la crise économique aura sans doute fait bien plus de dégâts que la crise sanitaire, mais en tout cas le pays revit : les restaurants sont ouverts, les plages aussi, le couvre-feu est à 23h et ce n’est pas la catastrophe qu’on pourrait imaginer vu de France (ou de Bretagne…)

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés