Après les incidents en Irlande du Nord. « La police paie le prix de l’absence de volonté politique »

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Mark Lindsay, qui préside la Fédération de la police d’Irlande du Nord, a demandé aux représentants publics des différentes communautés de choisir leurs mots avec soin, indiquant que l’absence de volonté politique, de leadership, mais aussi certains propos incendiaires étaient responsables de ces plusieurs nuits de violence que Belfast, Londonderry/Derry, mais aussi Newtownabbey ont connu durant le week-end de Pâques.

L’organisation, qui représente les officiers de police, a également appelé les partis politiques à se serrer les coudes pour soutenir les forces de l’ordre alors que celles ci sont confrontées à une tempête de protestations liées au Brexit, aux retombées des funérailles de Bobby Storey et aux difficultés générales de la police communautaire dans le cadre des restrictions Covid-19.

« La semaine dernière, ce sont les nationalistes qui se plaignaient d’un maintien de l’ordre à deux vitesses, cette semaine ce sont les loyalistes », a-t-il déclaré. « Au final, ce sont les agents dans les rues qui se retrouvent pris entre deux feux. Ce sont des gens normaux avec des vies normales et certains d’entre eux risquent des blessures mettant fin à leur carrière en essayant de garder les rues sûres pour les gens ».

Les policiers sont selon lui devenus les amortisseurs des colère sociétales. « Nos policiers sont des amortisseurs des troubles de la société, et les politiciens et les commentateurs devraient se rappeler que leurs paroles ont des conséquences. Nous avons vu ces conséquences avec plus de 30 officiers blessés au cours des dernières nuits. Nos policiers paient le prix de l’incapacité des autres membres de la société à diriger »

Exhortant les politiciens à faire attention au langage qu’ils utilisent, il poursuit : « Ce dont nous n’avons pas besoin, ce sont des mots qui apaisent une situation incendiaire. Là, ce qu’il se passe, c’est qu’il y a des jeunes qui descendent dans la rue dans leur propre région. Ils ne font que nuire à leur propre communauté et cela ne sert à rien. Ce n’est pas ainsi que les conflits doivent être gérés et cela ne fait que donner une très mauvaise image de l’Irlande du Nord à un moment où nous cherchons à attirer des investissements dans le pays. Il y a six semaines, les nationalistes se plaignaient d’un maintien de l’ordre à deux vitesses lors des événements d’Ormeau Road. Maintenant, ce sont les loyalistes qui se plaignent. Cela ne peut pas être dans les deux sens, mais, une fois de plus, les policiers se retrouvent coincés entre les deux communautés pendant que les politiciens se renvoient la balle »

De nouvelles émeutes ont eu lieu ce week end, à Belfast, puis à NewtonAbbey, occasionnant blessures de policiers, arrestations, et tensions croissantes en Irlande du Nord.

Le Premier ministre d’Irlande du Nord, Arlene Foster, a demandé l’arrêt des émeutes loyalistes. « Je sais que beaucoup de nos jeunes sont extrêmement frustrés par les événements de la semaine dernière, mais blesser des officiers de police n’améliorera pas les choses », a-t-elle déclaré.

« Je lance un appel à nos jeunes pour qu’ils ne se laissent pas entraîner dans le désordre, ce qui les conduira à des condamnations pénales et à des fléaux dans leur propre vie… Je demande également aux parents de jouer leur rôle et d’être proactifs dans la protection de leurs jeunes adultes. »

Le député Sinn Féin Gerry Kelly (ancien membre de l’IRA) a affirmé que les troubles étaient « une conséquence directe » des actions des dirigeants unionistes. « Les troubles dans les zones loyalistes du Nord sont la conséquence de la rhétorique du DUP et de son travail de sape vis à vis de la police nord irlandaise et du système de justice pénale. Par leurs paroles et leurs actions, ils ont envoyé un message très dangereux aux jeunes des zones loyalistes »

La police nord irlandaise a déclaré que 30 cocktails molotovs ont été lancées sur la police dans la nuit de samedi à dimanche dans la banlieue de Belfast à Newtownabbey dans ce qu’ils ont décrit comme une « attaque orchestrée ». Après les incidents de vendredi soir à Sandy Row, sept personnes ont été inculpées, quatre hommes âgés de 25, 21 et 18 ans, une femme de 19 ans et trois jeunes de 17, 14 et 13 ans.

Ces violences s’inscrivent dans un contexte de tensions au sein de l’exécutif entre le DUP et le Sinn Féin, et d’un conflit sur le maintien de l’ordre qui a conduit Mme Foster à demander la démission du chef de la police du PSNI, Simon Byrne. Les procureurs ont décidé la semaine dernière de ne pas porter plainte contre la vice-première ministre Michelle O’Neill et plusieurs autres personnalités du Sinn Féin à propos des funérailles d’un ancien responsable de l’IRA à laquelle ils ont participé malgré le confinement et les consignes sanitaires. Ce conflit a conduit la chef du DUP, Mme Foster, et d’autres dirigeants unionistes à déclarer qu’ils avaient perdu confiance dans le chef de la police. M. Byrne. Ce dernier affirme toutefois qu’il ne démissionnera pas.

Crédit photo : DR
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