La famille d’une femme blessée lors du Bloody Sunday obtient 270 000 £ de dommages et intérêts

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La famille d’une femme blessée du Bloody Sunday en Irlande du Nord, doit recevoir près de 270 000 £ de dommages et intérêts, a décidé la Haute Cour. Un juge a estimé que la succession de Peggy Deery devait recevoir le paiement pour les blessures subies à Derry en janvier 1972 et les années de détresse mentale qui ont suivi.

Le juge McAlinden a décrit le comportement des soldats britanniques qui ont blessé et agressé verbalement cette veuve, mère de quatorze enfants, comme « empreint d’un degré de malveillance vraiment exceptionnel ».

Âgée de 38 ans à l’époque, Mme Deery a reçu une balle dans la jambe lors des événements qui se sont déroulés dans la ville. Elle est décédée 16 ans plus tard d’une crise cardiaque. Treize autres personnes non armées ont été tuées lorsque des membres du Régiment de parachutistes ont ouvert le feu sur une marche pour les droits civiques tandis qu’une autre des personnes blessées ce jour-là est décédée plus tard.

En 2010, l’enquête Saville sur les fusillades a établi l’innocence de toutes les victimes. Ces conclusions ont conduit David Cameron, le Premier ministre britannique de l’époque, à présenter des excuses publiques pour les actions des soldats, qualifiant les meurtres d' »injustifiés et injustifiables ».

Les proches de Mme Deery ont poursuivi le ministère de la Défense pour les blessures qui, selon eux, ont contribué à son décès dès années plus tard, le 28 janvier 1988. La responsabilité ayant été reconnue, l’affaire s’est centrée sur un différend concernant le niveau approprié des dommages et intérêts. L’avocat de la famille a fait valoir que le parachutiste qui a tiré sur elle savait probablement qu’elle ne représentait aucune menace.

Elle a été transportée dans une maison de Chamberlain Street pour être soignée par des membres des Chevaliers de Malte. La cour a entendu que des soldats sont ensuite entrés dans la propriété et auraient tenu des propos grossiers à l’encontre de la veuve, déclarant qu’elle « le méritait » et déclarant qu’il fallait la laisser se vider de son sang.

Mme Deery, qui a perdu son mari d’un cancer quelques mois avant le Bloody Sunday, élevait 14 enfants âgés de huit mois à 16 ans. Suite au Bloody Sunday, elle a passé quatre mois à l’hôpital, a développé une maladie rénale chronique et a été confinée à la maison pour le reste de sa vie. Trois mois avant de mourir d’une crise cardiaque, cette dernière a assisté aux funérailles de son propre fils Paddy (31 ans), tué avec un autre membre de l’IRA, Eddie McSheffrey, lorsque la bombe qu’ils transportaient a explosé prématurément.

Lors du procès pour obtenir l’indemnisation, un avocat représentant le ministère de la Défense a affirmé que les complications rénales et la maladie rénale chronique dont souffrait Mme Deery ont contribué à son décès. Ce dernier a également fait valoir que ses problèmes cardiaques étaient probablement dus à un tabagisme excessif de 40 cigarettes par jour. Le juge n’a pas retenu ces arguments.

Ses enfants les plus âgés ont dû, après sa mort, assumer la responsabilité de ses soins et du reste de la famille. L’une de ses filles, Helen Deery, a raconté à la cour comment ils ont fait la cuisine et le ménage dans une maison sans chauffage central ni machine à laver. En l’absence d’aide de la part des services sociaux, la famille s’est vue infliger une amende pour défaut d’assiduité à l’école.

Dans son jugement, le juge McAlinden a souligné que Mme Deery était une femme de bonne réputation qui a participé à la marche pour les droits civiques afin de soutenir une société fondée sur la justice et l’égalité.

Accordant 250 000 £ à la succession de Mme Deery, le juge a ajouté 17 028 £ de dommages et intérêts spéciaux pour le coût des soins qui lui ont été prodigués. Il a dit : « Cela tiendra compte de la détresse mentale qu’elle a indubitablement subie »

Crédit photo : DR
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