Loire-Atlantique. Philippe Grosvalet (PS) prend une retraite bien méritée

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Pour son deuxième mandat à la présidence du conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet (PS), a été gâté : annulation du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et relance dynamique de la réunification de la Bretagne. Deux échecs pour lui. Deux raisons qui ont certainement contribué à sa décision de mettre fin à sa carrière politique. Sans oublier la fin de l’hégémonie du PS à gauche.

Ne pas faire le mandat de trop 

Philippe Grosvalet (PS), président du conseil départemental de Loire-Atlantique, ne briguera pas un nouveau mandat. Favorable au renouvellement « depuis toujours », il estime que « dans la vie publique, il est important de ne pas faire le mandat de trop » (Presse Océan, samedi 17 avril 2021). Pourtant, il n’est pas habituel qu’un ténor de la politique se retire à 62 ans. Plusieurs explications sont possibles. Tant que l’hégémonie du PS était assurée, la partie était facile pour les pontes du parti ; un bon accord avec le PCF suffisait. Mais, aujourd’hui, il faut tenir compte des autres « forces de gauche » : EELV, UDB, Nouvelle donne, Territoires 44, Place publique… les plus encombrants étant les écolos qui ont un gros appétit.

Commencer par le commencement signifie se faire réélire dans le canton de Saint-Nazaire 2. Au premier tour de mars 2015, Philippe Grosvalet avait terminé en tête (35,95%), devançant le FN (24,25%) et la droite (15,54%). Son binôme l’avait emporté facilement huit jours plus tard avec 68,32% des voix contre 31,68% au FN. Il s’était même offert une grosse progression entre les deux tours : 4 201 voix (9 328/5 127), tandis que le FN se contentait d’une progression modeste : 868 voix (4 326/3 458). C’était la belle vie.  Mais en 2021, il faut tenir compte de l’arrivée des marcheurs et de la poussée du Rassemblement national, ce qui rend la partie plus difficile. Autre élément non négligeable : lorsqu’on termine un second mandat de président, a-t-on encore envie de s’engager dans une campagne électorale que les divisions de la gauche risquent de compliquer ? Faire campagne sur le terrain, en plus en période de pandémie, , on préfère laisser cela à d’autres lorsqu’on a 62 ans. « J’ai déjà donné » doit penser l’intéressé.

Déjà une victoire de justesse en 2015

Et puis il faut se souvenir qu’en 2015, la réélection de Grosvalet à la présidence avait tenu à un cheveu ; la gauche avait en effet emporté 16 cantons et la droite 15. S’il pouvait afficher son « bonheur d’avoir conservé la Loire-Atlantique à la gauche » (Ouest-France, Loire-Atlantique, lundi 30 mars 2015), sa victoire n’avait rien de triomphale et était due en grande partie aux sept cantons nantais propriété du PS. Or, en 2021, les cartes sont redistribuées et la victoire n’est pas assurée. Il est donc préférable de se retirer sur la pointe des pieds plutôt que de subir une défaite humiliante ; c’est ce que souligne les élus de droite (Démocratie 44) qui estiment que « la retraite » de Philippe Grosvalet «  traduit surtout l’inquiétude d’un fin connaisseur de la carte électorale et qui ne souhaite pas quitter la scène politique sur une défaite » (Presse Océan, vendredi 16 avril 2021). Habitué à travailler avec une majorité « paisible » qui ne lui complique pas la vie, Philippe Grosvalet se voit mal supporter les trublions d’EELV en cas de victoire de la gauche. La majorité « agitée » du conseil municipal de Nantes ne l’inspire pas.

Tout le monde veut « rassembler »…

Un aperçu de « l’ambiance » qui l’attendrait lui est déjà donné avec les manœuvres actuelles pour obtenir un accord entre toutes les « forces de gauche ». Tout le monde à son mot à dire, même les « petits » comme Génération écologie… Bref, tout le monde veut « rassembler ». Le PCF veut « rassembler ». EELV veut « rassembler ». Le PS veut « rassembler ». D’où force déclarations et communiqués qui mettent en lumière les divisions. Situation que résume ainsi Judith Leray, co-animatrice départementale d’EELV, en apprenant le départ de Philippe Grosvalet : « Ca nous a surpris, d’autant qu’on est toujours en négos sur la désignation de nos candidats » (Presse Océan, samedi 17 avril 2021). Les « négos », il n’y a que ça de vrai… surtout lorsque les « petits » réclament des places : « Toutes les composantes de la gauche doivent être présentes. Personne en ce moment n’est en mesure d’exclure une composante quelle qu’elle soit », insiste Nadège Boisramé (Gauche démocratique et sociale), conseillère municipale nantaise (Presse Océan, jeudi 8 avril 2021). Philippe Grosvalet a donc de solides raisons de se recycler dans la voile et le vélo.

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
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