Emmanuelle Ménard : « Les langues régionales sont constitutives de nos racines » [Interview]

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C’est ce qu’on appel être mauvais perdant : Plus de 60 députés de la majorité LREM viennent en effet cette semaine, juste avant la publication de la loi au journal officiel, de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel contre la loi sur les Langues régionales, qui a été adoptée en deuxième lecture à une large majorité à l’Assemblée nationale, le 8 avril dernier.

Des députés qui se mobilisent ainsi contre le vote, largement majoritaire, de la loi à l’Assemblée nationale, provoquant l’étude de celle-ci par le Conseil Constitutionnel, composé de membres non élus par la population française.

De quoi provoquer la réaction cinglante de Paul Molac, à l’origine de cette loi qui doit permettre aux langues régionales d’être enseignées nettement plus massivement qu’aujourd’hui :

« Alors que le délai maximal de 15 jours de promulgation des lois par le Président de la République devait prendre fin dès ce soir, j’apprends que plus de 60 députés, vraisemblablement issus de la majorité, fait qui serait inédit, viennent de déposer un recours au Conseil constitutionnel contre la Loi sur les langues régionales, adoptée à une très large majorité (par 247 voix contre 76) le 8 avril dernier. N’ayant pu à cette heure prendre connaissance du contenu de ce recours, je ne peux émettre de jugement sur les motivations de mes collègues députés à vouloir que le Conseil constitutionnel censure toute ou partie des dispositions contenues dans le texte. Néanmoins, je m’étonne de cette initiative de mes collègues visant à s’attaquer, une fois de plus, à la promotion et à la sauvegarde de nos langues régionales. Mais de quoi peuvent-ils avoir bien peur ? ».

Parmi les défenseurs de cette loi, on retrouve également Emmanuelle Ménard, député (non inscrit) de la 6ème circonscription de l’Hérault, qui avait prononcé, en première comme en deuxième lecture, deux discours qui lui ont valu énormément de soutiens, notamment des mouvements culturels occitans qu’elle défendait aussi, entre tous les autres, à l’occasion.

Pour recueillir ses impressions après ce recours constitutionnel, et pour parler plus globalement de la loi sur les langues régionales, nous l’avons interrogé (pardonnez-nous quelques légères coupures par ailleurs durant l’entretien, en raison d’un réseau défectueux) ;

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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3 Commentaires

  1. « De quoi ont-ils donc peur ! » Mais, ma bonne dame, ils ont peur de ce qu’ils sont précisément en train de provoquer : le rejet total et définitif de l’allégeance française. Ils font la démonstration lumineuse (bravo pour la pédagogie, Monsieur Blanquer !) pour les Bretons et les autres, que rester dans l’ensemble français, c’est, en tant que peuples, se faire harakiri.

    Dans les années 1480, un certain Père Morin (Tad Morin) prophétisait aux Bretons l’Union de leur pays à la France en punition de leurs péchés (cf. « Barzaz Breizh »). Quel châtiment ! Vite retournons à l’église… avant qu’elle ne brûle !

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