Religion au travail. Une étude de l’Institut Montaigne montre la pression des revendications liées à l’Islam

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Une étude publiée ce jeudi par l’Institut Montaigne constate une hausse des comportements qualifiés de “rigoristes” religieux en entreprise, avec une ampleur significative des revendications musulmanes par rapport aux autres religions. Le Baromètre du Fait religieux en entreprise fournit chaque année une photographie précise des faits religieux au sein des entreprises en France, un phénomène à la fois révélateur des évolutions de la société et qui peut avoir de réels impacts sur les relations de travail et sur l’entreprise.

Pour cette huitième édition du Baromètre (2020-2021), l’Institut Montaigne s’associe, pour la seconde fois, après sa septième édition (2019), à l’Observatoire du Fait Religieux en Entreprise (OFRE). Jusqu’en 2018, il était le fruit d’une collaboration entre Randstad et l’OFRE. L’étude a été réalisée de fin septembre à fin décembre 2020 par un questionnaire en ligne auprès d’un échantillon représentatif d’environ 25.000 cadres et managers exerçant leur activité en France, complété par des enquêtes de terrain.

Le fait religieux en entreprise, peut se présenter sous plusieurs formes :

  • un salarié qui demande un congé à son manager pour assister à une fête religieuse ;
  • un autre qui subit des discriminations du fait de son appartenance à une religion, par ses collègues ou par son manager ;
  • un manager qui ne sait pas comment réagir face à un salarié priant dans son bureau ;
  • un salarié qui refuse de travailler avec ou sous les ordres d’une femme ;
  • un collègue qui fait du prosélytisme dans son bureau.

L’Islam, au centre de la montée des revendications en entreprise

Parfaitement atténuée par l’Institut Montaigne, la place de l’Islam en tant que centre majeur des revendications en entreprise est pourtant révélée dans l’étude. Dans 73 % des situations concernant la religiosité au travail, cela à un lien avec l’Islam. Le catholicisme est présent dans 20 % des situations, le judaïsme dans 15 % et la religion évangélique dans 13 % des situations observées.

Ce sont, comme en 2019, les demandes d’absence et d’aménagement du temps de travail (au moment du ramadan notamment) qui représentent les faits religieux les plus fréquents avec 29% des cas, devant le port visible de signes religieux (24%).

13 % des faits religieux repérés sont des comportements négatifs et problématiques à l’égard des femmes, devant les prières pendant les temps de pause. Il s’agit du refus de travailler avec une femme, sous les ordres d’une femme ou de serrer la main d’une femme.

La majorité des profils de personnes dévoilant leur pratique religieuse au travail sont des hommes et des femmes entre 20 et 50 ans. Ce sont majoritairement des employés (39 %) et des ouvriers (34 %), et minoritairement des cadres (6 %) et des dirigeants (5 %).  Ce sont principalement les hommes jeunes, d’un niveau socio-professionnel relativement bas, qui déclenchent des situations de blocage ou de conflits telles qu’identifiées par les managers, comme le refus de travailler avec une femme, le refus de réaliser certaines tâches liées au poste, parmi d’autres.

Par ailleurs, un peu plus d’une personne sur cinq repère des situations de discrimination au travail. La discrimination touche les pratiquants de toutes les religions. Mais à l’embauche (20 % des cas de discrimination), c’est l’islam qui aussi est la religion la plus touchée (70 % des situations de discrimination à l’embauche).

Les propositions de l’Institut Montaigne : les yeux grands fermés

On reste bouche bée devant les propositions de l’Institut Montaigne suite à cette étude. Cela ressemble beaucoup à du « circulez il n y a rien à voir » ou à du refus de nommer le problème principal rencontré avec le fait religieux en entreprise. Lisez plutôt ces éléments de langage :

Proposition n° 1 : maintenir le cadre légal, selon lequel les entreprises ont la possibilité d’encadrer l’expression de la religiosité au travail, sans remettre en cause la liberté des salariés pratiquants, de manière à offrir une stabilité aux entreprises pour qu’elles puissent progressivement se l’approprier. Cinq après la loi Travail de 2016, une évaluation de l’appropriation par les entreprises des possibilités d’encadrement de la religion au travail qu’elle offre ainsi que des effets produits, doit être envisagée.

Proposition n° 2 : poursuivre les actions d’information et de formation et encourager la recherche.

Proposition n° 3 : accompagner les démarches des entreprises, notamment les PME et ETI, et les aider dans la gestion des situations difficiles.

Proposition n° 4 : préciser et formaliser dans le règlement intérieur une ligne directrice qui doit être un choix politique de l’entreprise.

Proposition n° 5 : mettre en œuvre des outils à disposition des salariés et de l’encadrement.

Recommandation n° 6 : adopter une posture de soutien envers le management de proximité de la part des services fonctionnels et de la hiérarchie.

Recommandation n° 7 : veiller au respect de la liberté d’exprimer sa religiosité et prévenir les stigmatisations et discriminations.

Proposition n° 8 : agir avec fermeté en cas d’excès ou de transgression.

Proposition n° 9 : adopter un management factuel et donner la priorité au travail tout en prenant en compte les personnes, leurs contraintes et leurs aspirations.

Proposition n° 10 : formaliser les remontées d’informations concernant les situations problématiques, et ne pas tolérer les débordements et comportements transgressifs.

De quoi évidemment révolutionner le traitement du prosélytisme islamiste dans les entreprises, c’est une évidence…

Pour lire l’intégralité de l’étude, c’est ici

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. pour info, je conseille fortement la lecture du livre de Adel Paul Boulad (franco-égyptien et coach de dirigeants)
    « le tabou de l’entrisme islamique en entreprise »
    Il y a quelques années Elisabeth Levy avait aussi écrit sur l’entrisme islamique dans le milieu hospitalier.
    Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut voir.

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