Le pinotage, un cépage sud-africain trop méconnu

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Aujourd’hui encore, et l’on ne peut que le déplorer, la magie d’un grand pinotage échappe à bon nombre de fins connaisseurs.

Une part d’explication tient sans doute à son histoire mouvementée scandée par de multiples déconvenues, aboutissant à une crise d’image qui a bien failli le voir disparaître durant la période de l’Apartheid. Le temps de l’ingratitude semble heureusement révolu pour ce cépage emblématique de l’Afrique du Sud, qui joue à présent un rôle de premier plan sur la scène des vins de classe internationale.

Parmi la fine fleur de la production sud-africaine, le pinotage occupe en effet une position de fer de lance aux côtés des « blends » d’inspiration bordelaise, avec une prime d’originalité en plus, tenant aux particularités aromatiques uniques d’un cépage conçu au début du 20ème siècle. Ce retour en grâce est à mettre à l’actif d’une ancienne tradition d’excellence au service d’un cépage fantasque, capable du meilleur mais aussi du pire…

Situé bien en deçà des standards tarifaires affichés par les pinotages hauts de gamme (il faut bien compter 40€ à 50€ pour cette catégorie), la cuvée Carpe Diem de Dimersfontein représente sans conteste un marchepied abordable pour accéder au meilleur de son expression.

Le pinotage : des débuts difficiles…

Le pinotage a de qui tenir, il descend du pinot noir et du cinsault, au premier il emprunte une finesse de texture incomparable et doit au cinsault ce caractère juteux et pulpeux en mesure de le rendre irrésistible. C’est au professeur Abraham Perold de l’université de Stellenbosh, à qui l’on doit ce croisement hardi et improbable entre les deux cépages. Ce dernier décède en 1941, année du premier millésime de pinotage et ne verra malheureusement pas le résultat de son œuvre.

Il faut attendre néanmoins 1959, pour que le premier pinotage conçu sous le label Lanzerac de la coopérative Stellenbosh Farmers Winery (SFW), puisse recueillir une véritable audience auprès de la critique internationale. Après ce premier succès d’estime, s’ensuit une période trouble, marquée par de multiples mécomptes liés à son caractère hautement versatile.

Ce cépage à la vinification éminemment délicate doit composer avec un pH naturel notoirement élevé qui le rend particulièrement vulnérable aux attaques bactériennes. Pendant plusieurs décennies, de nombreux pinotages galvaudés par une approche grand public et bon marché, livreront des profils aromatiques plutôt déconcertants.

Tantôt en proie au volatile, tantôt sujet aux notes de solvant (acétate d’isoamyle), le pinotage va ainsi flirter couramment avec la déviance et pas mal déconcerter par son extravagance non maitrisée. Comble de malchance, durant la période des années 80, l’Afrique du Sud sera confrontée à une vague de maladies virales qui va profondément affecter les rendements, mais aussi la qualité des vins sud-africains.

Le maintien d’une tradition d’excellence

En butte au discrédit, le pinotage va néanmoins trouver son salut dans la conservation d’une philosophie d’excellence incarnée et représentée par une poignée de propriétés de renom, rejointes au fil du temps par de nouveaux acteurs impliqués dans sa réhabilitation.

Aux côtés d’une production de masse proposant des vins caricaturaux, quelques grands noms ont toujours défendu avec intransigeance la grandeur du pinotage.

En premier lieu Kanonkop, une propriété historique qui a propulsé le pinotage au faîte de son raffinement, mais aussi Beeslaar et le célèbre domaine Hamilton Russel dans la vallée d’Hemel en Aard, avec l’un des plus prestigieux pinotages : L’Ashbourne.

Ténue soit-elle, cette illustre production à destination d’une clientèle éclairée, entretient l’idée que dans de bonnes mains, le pinotage peut faire jeu égal avec les plus grands vins du monde.

Carpe diem pinotage : un bon pinotage d’initiation

À une échelle plus modeste, la cuvée Carpe Diem ne démérite pas et livre à un prix encore accessible les beaux atours aromatiques d’un cépage distinctif. Au sein de la gamme de Diemersfontein, elle tient le rôle de porte étendard du savoir-faire d’une propriété nichée dans la luxuriante région de Wellington au nord de Paarl, pour laquelle elle représente un des hauts lieux de l’œnotourisme grâce à son splendide complexe hôtelier.

D’emblée, le vin campe l’univers voluptueux et élégant des meilleurs pinotages par l’entremise d’un nez expressif qui libère de riches flaveurs épicées et cacaotées. Charnu en diable, il ne concède aucune trace de sur-extraction et de sur-maturité, au contraire, ce pinotage déroule avec élégance une ligne centrée et ferme qui se prolonge en bouche durant de longues secondes. Substantiel, le pinotage a des réminiscences rhodaniennes, tout en dérivant sur un style résolument exotique et tient de fait, la promesse d’un dépaysement gustatif, qu’il serait bien dommage de ne pas connaître.

Raphno

Où trouver ce vin :  Cave Leclerc Saint-brévin ; à noter que le millésime 2017 est particulièrement savoureux et accompli au regard des millésimes précédents.

Crédit photos : DR
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