Cultes : la déficalisation des dons portée à 75% jusque fin 2022

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Pour tenter d’enrayer la baisse nette des ressources des associations cultuelles en France, le gouvernement a décidé de porter de 66 à 75% la défiscalisation des dons jusqu’à fin 2022, par une décision ad hoc du projet de loi de finances rectificative.

« Jusqu’à présent, donner de l’argent à une association religieuse permettait d’obtenir une réduction d’impôts égale à 66% du total des versements. Celle-ci passera dès jeudi de 66 à 75%, dans la limite de 554 euros (au-delà de cette somme elle sera de nouveau de 66% », explique Europe 1, qui indique aussi que les diocèses n’ont pas entré en 2020 40% de leurs ressources, soit 90 millions d’euros, et les synagogues ont perdu de 20 à 50% de leurs ressources. Les protestants n’ont perdu « que » 11 millions d’euros, leurs fidèles étant plus jeunes – pour les évangélistes toujours (54%) et habitués au prélèvement automatique.

Le gouvernement souhaite aussi tenter d’apaiser ses relations avec les principaux cultes, qui dénoncent d’une voie unie le projet de loi contre le « séparatisme religieux » et qui vise en réalité l’islam, ouvrant une dangereuse boîte de Pandore sur le plan des libertés publiques et du droit sans régler les problématiques de l’islamisme radical – du reste, l’objectif, comme d’habitude, est de simuler une activité inexistante, si possible en faisant le plus de bruit médiatique.

Une dizaine de diocèses dans le rouge, un tiers en difficulté mais des réalités contrastées

D’après la CEF (Conférence des Eveques de France), « une trentaine de diocèses seront en difficulté s’ils n’agissent pas dès à présent, dont une dizaine déjà tendus qui va se retrouver dans le rouge si on ne rattrape pas la situation ».

Parmi les diocèses qui ont appelé au secours : Meaux (Seine-et-Marne) avec 800.000 € de déficit courant en 2020 et un léger frémissement de la collecte du Denier (9935 donateurs contre 9186, 2.46 millions d’euros collectés en 2020 contre 2.25 l’année précédente), un million d’euros de perdus pour les diocèses de Lille, Arras et Cambrai (Nord, Pas de Calais), le dernier diocèse, en situation fragile, souhaitant vendre plusieurs églises, Coutances dans la Manche  (700.000 € en moins), Quimper (1.3 million d’euros pas rentré, soit 10% du budget) qui a décidé d’un moratoire sur tous les travaux prévus en 2021, Orléans (Loiret) dont les recettes sont en baisse de 800.000 euros en 2020, Valence (200.000 euros de recettes en moins en 2020) dans la Drôme etc.

Cependant ces appels au secours médiatisés cachent des réalités contrastées. « De nombreux diocèses sont structurellement déficitaires mais ont plusieurs années de fonctionnement sur des comptes ou en actifs divers », relève un fin connaisseur des arcanes de l’Eglise catholique en France. « D’autres étaient déjà fragiles avant la crise, cette fois ils sont au fond du trou, d’autant que tout le monde a perdu au moins un quart des fidèles, voire plus dans des diocèses vieillissants et ruraux – les fidèles, souvent âgés, préfèrent rester devant la télé, puisque les prêtres ont montré l’exemple en les abandonnant lors du premier confinement ».

Les « tradis » eux, ont maintenu la flamme – quitte à passer dans l’illégalité ou à manifester – le mouvement Pour la Messe est parti de Nantes lors du second confinement, puis gagner en justice et rétablir la liberté de culte, mais les évêques ne leur en savent pas gré – quand bien même le maintien des cultes lors du troisième confinement et depuis fin octobre a limité la casse dans les diocèses français.

Des donateurs du Denier de plus en plus âgés, issus de la génération du Concile qui ne s’est pas renouvelée

« En revanche le magot représenté par les fidèles traditionnels – nettement plus jeunes que les autres, et leurs paroisses suscite des convoitises et fait partie des non-dits qui, visiblement, poussent certains diocèses à supprimer des communautés traditionnelles et à les intégrer de gré ou de force dans les structures diocésaines » – plutôt de force pour les fidèles de Saint-Bernard de Dijon.

Pas sûr que cela suffise à rétablir leur situation financière. « D’autant que l’amélioration de la déficalisation n’est que transitoire et ne répond pas aux enjeux : les donateurs du Denier sont de plus en plus âgés et leur nombre diminue, sans réel renouvellement ». A Tarbes, moins de 10% des donateurs ont moins de soixante ans ; à Rouen, l’âge moyen des donateurs est de 76 ans.

« Du reste, les diocèses persistent, à de rares exceptions près, à imposer la ligne liturgique des années 1970 et à ignorer les demandes des fidèles plus jeunes pour avoir plus de messes traditionnelles, ou à défaut des messes plus traditionnelles. L’Eglise n’est certes pas une entreprise comme une autre, mais doit-on s’étonner qu’elle n’arrive plus à se faire entendre des plus jeunes – et en réalité, de tous ceux qui n’ont pas connu le Concile – puisqu’elle refuse de les prendre en compte et de les écouter ? »

Louis Moulin

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. C’est démagogique, ridicule, et INJUSTE pour les petits contribuables qui ne peuvent pas déduire plus que leur impôt.
    Par contre si vous employez une femme de ménage, que vous soyez imposable ou pas, les 50 % du coût, s’ils excedent l’iimpôt sont remboursés

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