Réveil européen. Pour faire face au « grand effacement » et au « grand remplacement », l’Institut Iliade publie son Manifeste [Interview]

A LA UNE

Depuis sa fondation en 2014, à la suite de la mort volontaire de Dominique Venner, l’Institut Iliade ne chôme pas.

Outre l’organisation d’un colloque annuel organisé à Paris, à la maison de la Chimie, réunissant chaque année énormément de monde et de personnalités, l’Institut mène un travail de formation de la jeunesse, plusieurs fois dans l’année. Mais se porte également à l’avant du combat culturel et métapolitique, via la production et la diffusion de nombreux ouvrages que nous avons fréquemment présentés sur Breizh-info.com

Romain Petitjean (Institut Iliade) : « Nous formons des jeunes gens pour qu’ils deviennent des éveilleurs de peuple » [Interview]

Le dernier en date est tout simplement le Manifeste de l’Institut Iliade, publié par les éditions de la Nouvelle Librairie. Une petite bombe de 108 pages, indispensable et à diffuser à un maximum de jeunes en quête d’identité, de sens à leur vie, de vitalité, de réponses aux défis qui s’offrent à ceux qui sont entrés en révolte contre le monde moderne qui, d’une certaine façon, a quitté la Civilisation européenne.

À l’heure ou la civilisation européenne subit des attaques sans précédent, l’Institut Iliade appelle au sursaut en formulant une doctrine claire, une vision du monde fondée sur nos enracinements concrets et charnels : nos ancrages biologiques et familiaux, nos communautés politiques, notre civilisation. Mais le manifeste de l’Institut Iliade est aussi un bréviaire appelant au réveil, à la prise de conscience communautaire, à la reconquête de tous les bastions en déshérence, et à la renaissance de notre civilisation.

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Pour évoquer cet ouvrage, majeur et accessible (ce qui est important à l’heure d’une baisse sensible du lectorat dans la société), nous avons interviewé Guillaume Travers, de l’Institut Iliade.

« Un texte qui appelle les jeunes Européens à l’action, à la tenue, à une discipline personnelle au service de notre civilisation »

Breizh-info.com : Il aura fallu attendre plusieurs années avant que l’Iliade publie son manifeste « fondateur ». Pour quelles raisons ? En quoi est-il important aujourd’hui selon vous de publier des ouvrages courts et précis (celui-ci fait 108 pages) plutôt que de longs pavés ? Est-ce aussi finalement une course à la captation d’une jeunesse qui lit de moins en moins ?

Guillaume Travers (Institut Iliade) : Avant ce manifeste, l’Institut Iliade a publié de nombreuses choses, à commencer par un ouvrage collectif, « Ce que nous sommes » qui exposait déjà les fondements de notre vision du monde. Le Manifeste que nous publions aujourd’hui est un peu différent, puisqu’il est écrit par des jeunes, vingtenaires ou trentenaires, qui ont rejoint l’Institut Iliade depuis sa fondation. C’est un condensé doctrinal, mais qui est résolument tourné vers les enjeux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés, à commencer par le « grand remplacement » et le « grand effacement ». C’est aussi un texte qui appelle les jeunes Européens à l’action, à la tenue, à une discipline personnelle au service de notre civilisation. Son volume relativement bref vise effectivement à toucher le plus grand nombre, y compris ceux que de gros volumes peuvent rebuter. Mais, à nos yeux, le manifeste ne doit pas être pour ses lecteurs une fin, un produit de consommation simple et facilement accessible, mais un commencement : il doit susciter des prises de conscience ayant pour débouchés des lectures plus vastes, une familiarité plus profonde avec l’éthique traditionnelle des Européens, et un désir sincère d’enracinement et de communautarisation. Nous attendons beaucoup de nos lecteurs, non pas parce que le texte est d’accès difficile, mais parce qu’il engage à de grandes choses.

La manifeste a été placardé sur des facultés à Paris

Breizh-info.com : Ce livre a été écrit évidemment pour les jeunes qui rejoignent l’Institut Iliade, mais surtout pour ceux, nombreux, en recherche de repères pour pouvoir mieux comprendre notre monde, tel qu’il était et tel qu’il devrait être demain. Quels sont ces repères essentiels, sans lesquels il nous sera impossible d’espérer demain une société européenne harmonieuse ?

Guillaume Travers (Institut Iliade) : Deux points me semblent essentiels. Tout d’abord, il faut avoir une conscience claire de ce qu’est notre identité. Dans quantité de débats contemporains, les discours sur l’identité sont simplifiés à l’extrême. On somme chacun de se définir de manière quasi-unique comme « homme » ou « femme », comme « blanc » ou « racisé », etc. Il faut au contraire comprendre que l’identité a de multiples composants qui, pour s’articuler harmonieusement, doivent être mis à l’unisson. Nous devons à la fois nous revendiquer d’un sexe, d’une lignée, de communautés ethniques et politiques, et d’une civilisation. Chacune de ces appartenances complémente les autres. Mais, là est l’enjeu, une telle consonance n’est possible que s’il y a en premier lieu une unité de peuplement et de culture sur une même terre. Ensuite, il faut comprendre que cette identité commande une manière spécifique d’être au monde, de se tenir en société, d’incarner certaines valeurs, un rapport particulier au sacré ou à la nature. C’est cette manière d’être propre aux peuples européens que nous esquissons dans le Manifeste.

« Un conservatisme pur confine vite à la contemplation impolitique du passé »

Breizh-info.com : Vous ne vous placez ni dans la tradition d’un certain conservatisme qui regarde la société avancer en invoquant systématiquement le « c’était mieux avant », ni dans la rupture totale d’avec le monde actuel (dans la sécession d’une certaine façon). Quelle est cette politique du « juste milieu » entre tradition, modernité, futurisme, que vous voulez impulser ?

Un conservatisme pur confine vite à la contemplation impolitique du passé. Au mieux, on tente de sauver quelques miettes de ce que l’on perçoit comme un inexorable effondrement. Nous appelons à changer de paradigme : dans une large mesure, l’effondrement a déjà eu lieu. La tâche qui incombe aux jeunes générations est celle d’une reconstruction, d’une reconquête. S’il faut regarder vers le passé, s’en imprégner quotidiennement, ce ne doit pas être par nostalgie, mais pour retrouver l’élan qui a rendu possible nombre des grands accomplissements de notre civilisation. Ainsi que nous l’écrivons : « Il nous appartient de travailler à une ‘révolution conservatrice’ pour qu’advienne une nouvelle renaissance européenne. Ainsi entendue, la ‘révolution’ n’est pas une destruction, mais un mouvement de retour à l’origine pour prendre un nouvel élan. »

Breizh-info.com : A l’heure où une large partie de la jeunesse a embrassé Netflix, MacDo, les GAFA, et une forme de léthargie consumériste, tout en ayant perdu la soif d’apprendre en raison des errements successifs du système éducatif français (pour ne parler que de la France), n’est-il pas vain d’espérer une adhésion subite et massive aux valeurs que vous prônez, notamment à un certain réenchantement du monde européen ? Autrement dit, y’a-t-il encore demain la place pour un nouvel espoir collectif mobilisateur, alors que les Européens semblent plus que jamais en dormition, ou en phase de suicide avancé pour d’autres ?

Guillaume Travers (Institut Iliade) : Croire en une adhésion massive et subite à notre vision du monde serait bien trop optimiste. La consommation de masse et les écrans, pour ne citer qu’eux, sont des drogues surpuissantes, qui ont déjà eu sur nombre de nos contemporains des effets incroyablement destructeurs, au point de les altérer presque anthropologiquement.

Je crois néanmoins que notre époque, marquée par une aggravation de toutes les pathologies liées à la modernité, suscite aussi un retour un besoin nouveau d’enracinement, de communauté, de sens. Notre rôle est de montrer une voie à tous ceux qui veulent poursuivre ce chemin de bonne foi. Mais là où le « système » valorise toujours la facilité, l’effort minimum, le confort, nous osons affirmer que la pleine reconquête de notre identité est quelque chose d’infiniment exigeant, le fruit d’une discipline quotidienne. Il n’y a néanmoins d’immenses satisfactions puisées dans une discipline consentie. Cela tire vers le haut, là où d’autres restent avachis.

Breizh-info.com : L’Institut Iliade a été cité dans le récent arrêté provoquant la dissolution de l’Alvarium, à Angers. Cela signifierait donc que vous constituez, vous aussi, une menace pour « le vivre ensemble » et la religion républicaine. Qu’en dites-vous ?

Depuis quelques années, nous assistons à un durcissement des clivages. À nos yeux, le clivage central aujourd’hui est celui qui oppose universalistes et identitaires. Les universalistes de tout poil, qu’ils soient fanatiques des « valeurs républicaines » ou fanatiques islamistes, entendent anéantir toutes les cultures particulières, tous les enracinements, pour fondre tous les hommes dans un moule unique – soit le consommateur mondialisé, soit le croyant membre d’un « califat » sans frontières.

Face à cela, les identitaires pensent que chaque civilisation mérite d’être respectée, que tous les enracinements sont source d’élévation.  L’Institut Iliade a pour vocation d’être à la pointe de ce combat identitaire, avant tout dans le domaine des idées et de la formation. À nos yeux, ce n’est pas l’attachement légitime des hommes à leur terre qui est source de conflit et de destruction, mais le mélange subi et forcé des populations. Il est d’ailleurs aisé de constater la corrélation étroite qui lie la présence de nombreux extra-européens en Europe et les taux de délinquance, les dégradations urbaines, le déclin de la civilité, etc. En dépit des faits, les tentatives de diabolisation dont certains groupes sont l’objet s’expliquent parfaitement : pour quiconque se réclame de l’universalisme, tout désaccord place celui qui s’exprime hors de ce qui est prétendument universel, donc in fine hors de l’humanité. Fort heureusement, nous savons refuser la diabolisation.

Breizh-info.com : Noël approche, et parmi les propositions que vous rédigez dans votre manifeste, celle aussi de se réapproprier nos traditions, mais également d’offrir à nos proches, aux êtres chers, des objets, des présents qui ont du sens. Pourriez-vous, sur ces deux points, aiguiller nos lecteurs qui ne savent pas toujours où chercher pour redonner du sens à un moment de l’année qui ne doit pas n’être qu’un moment de gavage et d’ultra consommation ?

Guillaume Travers (Institut Iliade) : La quasi-totalité de nos actes quotidiens est en effet l’occasion de donner du sens : la manière dont nous nous tenons, ce que nous exigeons des autres et (surtout) de nous-même, ce que nous produisons et consommons, etc. Les grandes fêtes, dont Noël, sont un moment où la question du sens fait irruption de manière encore plus intense. C’est l’occasion, par exemple, de décorer sa maison de manière traditionnelle – en évitant bien évidemment toutes les contrefaçons importées du bout du monde.

Il y a quelques années, Alain de Benoist a publié un très beau livre sur la signification de Noël et les rites qui l’entourent. Quant aux cadeaux que l’on s’offre, le même principe s’applique. Pour guider les lecteurs, l’Institut Iliade publie chaque année sur son site une liste d’artisans et de producteurs enracinés, auxquels il est tout à fait possible de faire appel. Quoi qu’il en soit, résistons à la facilité qui consiste à sombrer, une fois de plus, dans la facilité des grandes surfaces commerciales et des géants de la vente en ligne.

Pour retrouver la liste proposée par l’institut Iliade: Des idées de cadeaux enracinés pour Noël ! – Institut Iliade (institut-iliade.com)

Propos recueillis par YV

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Photo d’illustration : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. éveilleurs plutot que woke (éveillé) les gens peuvent très bien ne pas voir l’invasion migratoire , n’avoir qu’un sentiment d’insécurité, de ne pas constater que leur pouvoir d’achat est en baisse constante, qu’il n’est pas possible d’acheter un aspirateur fabriqué en france etc.

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