Éric Zemmour : « Je suis le seul à porter des idées qui sont partagées par une très large majorité de Français » [Interview exclusive]

Quelques semaines après sa venue en Bretagne, Éric Zemmour a déclaré sa candidature à l’élection présidentielle 2022.

Une élection qui va se tenir dans un climat particulièrement tendu – avec pour preuve les menaces permanentes venant de l’extrême gauche qui pèsent notamment sur les meetings et déplacements d’un homme qui, manifestement, gène profondément les chiens de garde d’un système à bout de souffle.

Pour discuter de cette candidature, nous nous sommes entretenus avec Eric Zemmour, dans un entretien exclusif que nous vous livrons ci-dessous.

Breizh-info.com : Tout d’abord, pour Éric Zemmour, que représente la Bretagne, terre où vous vous êtes rendu récemment, terre catholique, mais aussi terre enracinée qui a toujours eu une relation « frontale » avec la France, et tendue par la suite avec la République française ?

Eric Zemmour : La Bretagne a une place à part dans notre géographie et dans notre histoire de France. C’est la région de la terre et de la mer qui, pour un Parisien, évoque d’abord les cartes postales qui relèvent presque du folklore : la cité-close de Concarneau, les mégalithes de Carnac, Gauguin à Pont-Aven, le granit rose de Lannion, la forêt de Brocéliande et le Golfe du Morbihan. Mais la Bretagne c’est aussi, pour celui qui aime l’histoire, vous l’avez dit, une terre catholique qui a toujours eu avec l’État central une relation particulière. Cela ne date pas d’hier, et je n’oublie pas qu’il a fallu un mariage – celui de Charles VIII avec Anne de Bretagne – pour que la Bretagne entrât de plain-pied dans le royaume de France. Pourtant, c’est en Bretagne que les Français ont jusqu’au bout refusé d’abandonner leur roi et leurs traditions. Cela me touche profondément. J’aime cette Bretagne-là et ses personnages aussi héroïques que tragiques. Je pense à Cadoudal, d’abord partisan de la Révolution française, puis commandant de l’armée catholique et royale de Bretagne et qui ira jusqu’à organiser un attentat contre Napoléon.

Breizh-info.com : Comment avez-vous vécu ces dernières semaines, qui semblent avoir été passionnantes mais aussi éprouvantes pour un homme comme vous, qui n’est pas « du sérail » politique, donc pas un habitué de ces déplacements multiples, de ces foules, de ces enchaînements de discours …. ?

Eric Zemmour : Pour mes précédents ouvrages, je me rendais déjà dans toute la France pour présenter et pour dédicacer mes livres. Les salles étaient déjà pleines et le public déjà enthousiaste. Ce qui a changé en revanche, vous avez raison, c’est l’ambiance dans la salle, la ferveur militante, les slogans spontanément entonnés, les clins d’œil complices de gens qui viennent de partout et qui me disent : « Ne nous abandonnez pas ». C’est vrai, je ne suis pas du « sérail » politique, je n’ai pas besoin de subventions publiques pour faire vivre un parti politique avec ses centaines de permanents, je ne suis pas à la recherche d’un poste et je ne cherche pas à faire carrière. En revanche, je crois sincèrement que la France peut mourir, que notre mode de vie et que notre civilisation sont en danger. Je crois aussi qu’un sursaut est possible et que, comme nous l’avons déjà montré par le passé, notre pays peut encore mobiliser toutes ses ressources pour provoquer un sursaut. Bref, je vois le danger et je sais ce qu’il faut faire pour le surmonter. C’est cela qui me donne la force de continuer inlassablement à essayer de convaincre.

Breizh-info.com : La question du « grand remplacement » préoccupe, selon un sondage récent Harris, 67% des Français. Ils sont 61% à penser que notre population finira par se transformer démographiquement. Quelles sont les mesures à mettre en place directement pour éviter cette disparition, à moyen terme, civilisationnelle ? Cela ne passe-t-il pas par l’abolition de la Vème République, dont les institutions ne permettent pas de faire face à cette submersion migratoire ?

Eric Zemmour : Voyez-vous, on me reproche d’être trop clivant alors que je suis le seul à porter des idées qui sont partagées par une très large majorité de Français. Quand on les interroge, ils sont entre 65 et 70% à partager mes préoccupations : 70% d’entre eux pensent qu’on ne vit plus en France comme avant, 70% d’entre eux pensent qu’il ne suffit pas d’être né en France pour être vraiment Français, 70% d’entre eux pensent qu’il faut que la France ait plus de poids que l’Union européenne et près de 70% d’entre eux sont préoccupés par le « grand remplacement », expression que je suis le seul à oser employer. En réalité, les Français sont attachés comme moi à la tradition de la « France, terre d’accueil », mais ils savent aussi que la France ne peut accueillir qu’autant qu’elle peut assimiler ? Dès lors que la France ne peut plus assimiler, elle ne peut plus accueillir ! Nous devons donc arrêter d’accueillir ceux qui viennent pour assimiler ceux qui restent.

Concrètement, près de 400 000 étrangers entrent chaque année sur notre territoire. A la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, 2 millions d’étrangers se seront installés en France, soit l’équivalent de la ville de Paris. La question la plus importante de l’élection présidentielle sera donc la suivante : voulons-nous encore accueillir 2 millions d’étrangers supplémentaires au cours du quinquennat suivant ?

Si nous nous ne le voulons pas, il faut prendre des mesures immédiates : supprimer le droit au regroupement familial, ne plus accueillir d’étudiants issus des pays à forte émigration vers la France, obliger les demandeurs d’asile à formuler leur demande en-dehors de la France, ne plus renouveler automatiquement les titres de séjour. En réalité, rien dans notre droit ne s’oppose à ce que la France prenne les mesures nécessaires à sa propre survie. Quant à la Ve République, elle a au contraire été voulue par le Général de Gaulle pour permettre, précisément, de surmonter des crises. A l’époque, c’était la crise algérienne.

Breizh-info.com : Actuellement, les lois Pleven, puis Fabius-Gayssot, puis Taubira, empêchent à la fois de débattre sérieusement de la question migratoire, de mettre les maux sur les mots, mais conduisent également devant les tribunaux (et même en prison pour certains) ceux qui ne font que vouloir alimenter des débats, politiques, historiques, scientifiques. Eric Zemmour candidat abolira-t-il ces lois ? Comment s’y prendre juridiquement ?

Eric Zemmour : J’ai moi-même été condamné sur le fondement de ces lois liberticides. Ces condamnations sont des délits de presse, ils concernent des délits d’opinion, ce sont des condamnations politiques quand ce ne sont pas carrément des condamnations pour délit de sale gueule.

La justice sert aujourd’hui de bras armé à une idéologie politiquement correcte. Des associations se sont spécialisées dans ce juteux business et attaquent sans arrêt pour n’importe quel propos tenu sur ou en dehors des plateaux TV. Il faut leur enlever à ces associations la possibilité de porter plainte ou de se constituer partie civile dans un procès qui ne les concerne pas. Il faut retirer les subventions publiques pour les associations politisées.

Breizh-info.com : On le sent, l’Union européenne se fissure, du fait d’une différence de plus en plus marquée entre les défenseurs de la civilisation (les pays de Visegrad notamment) et des fonctionnaires de Bruxelles alliés à des députés de l’Ouest qui œuvrent à l’émergence de la société « inclusive ». Faut-il quitter l’Union Européenne, ou bien œuvrer à la construction d’une Europe politique avec celles et ceux qui entendent défendre en premier lieu ses frontières, sa religion principale, son histoire ? 

Eric Zemmour : Je fais partie de ceux qui ont critiqué la construction européenne depuis ses débuts, j’ai été proche de Philippe Séguin, de Pasqua, j’ai voté non à Maastricht et au traité constitutionnel de 2005. Je vois tous les handicaps que nous cause l’Union européenne aujourd’hui. Mais je crois surtout que notre servitude est volontaire. Ma position sur l’Union européenne est donc claire : nous ne devons pas en sortir et nous devons nous concentrer sur la défense de nos intérêts nationaux, quitte à imposer un bras de fer à la Commission européenne. Il est faux de dire que notre intérêt est d’être le « moteur de la construction européenne » et de pousser plus loin dans le fédéralisme. Ce n’est pas l’intérêt de la France. Il ne faut donc pas sortir de l’Union européenne mais, sur deux sujets qui ont pour moi une importance vitale pour la France, l’immigration et la protection de notre industrie, il nous faut défendre nos positions en considérant uniquement nos intérêts stratégiques.

La France ne sera pas seule sur ces combats. Nous avons déjà des alliés qui n’hésitent pas à résister au diktat bruxellois.

Enfin, plutôt que de sortir de la CEDH, de nombreux pays, comme le Danemark sont parties au traité sans appliquer tous ses articles. Selon moi l’urgence, concernant la CEDH est d’empêcher qu’elle nous oblige à accepter toute sorte d’immigration familiale.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

12 réponses

  1. Lorsque je dis que Breizh Info qui se dit « régionaliste » fait la campagne de M. Zemmour, le « jacobin », en oubliant sciemment les autres candidats souverainistes, je ne crois pas me tromper.

  2. NON ET NON A CETTE EUROPE PLOUTOCRATIQUE! Il faut sortir de ce « bord..  » et ne plus être les larbins des USA!…sortir complètement de l’Otan! (et faire des accords de défense entre pays, style Airbus, l’Aérospatiale etc.)

    1. ouf, il ne s’embarquera pas dans cette galère pour suivre le pape françois, immigrationniste, islamophile etc.

  3. Eric Zemmour est le candidat le plus intéressant.
    Le seul candidat lucide et sans complexe qui s’oppose en grand à la tiers-mondisation de la Société Française pour préserver le Caractère millénaire de la France, protégeant ainsi la personnalité ancestrale et singulière de ses Régions.
    Le seul candidat qui affole et agite les parasites entretenus indûment à nos frais dans la structure opaque et mondialiste d’un état tentaculaire, liberticide, corrompu et corruptif maltraitant la France et la Société Française dans un humanisme dévoyé voire criminel.
    E.Z. est un candidat qui n’a jamais critiqué le mouvement antipasse antigénique et le seul candidat qui a affirmé simplement que le protocole sanitaire a été traité avec des ordonnances de régime totalitariste communiste.
    Eric Zemmour a contre lui toutes les médiations militantes de gauche qui avilissent la société se répandant dans le business glauque des associations activistes qui ont tout nécrosé tel l’immigration par des flux violents dévastateurs pour la Société Française. Des syndicats et autes associations activistes qui vont jusqu’à pervertir l’instruction d’une Education Nationale qui a oublié son noble Rôle. Le tout avec la bénédiction d’un large service médiatique aux ordres.
    Contre ce qui gangrène dangereusement Notre Société il faut soutenir Eric Zemmour et l’élire.
    Je regrette de ne pas pouvoir participer demain dimanche à ce Grand Rassemblement.

    1. Et s’il n’avait pas toutes les signatures pour se présenter ?
      Et si, étant admis comme candidat en fin de compte, il appelait à voter Mme Pécresse ou M. Macron au 2ème tour ?
      Et son silence sur la gestion de la crise sanitaire à l’échelle nationale et mondiale ?

      Je serais vous, je modèrerais votre enthousiasme.
      Il y a d’autres candidats souverainistes à ne pas négliger.

  4. Eric Zemmour se targue d’être féru d’histoire. Il « n’oublie pas » qu’il a fallu un mariage pour que la Bretagne entre dans le royaume de France ? Mais il semble ignorer qu’il a fallu une guerre d’agression pour que ce mariage ait lieu. Ce n’est pas la Bretagne qui est entrée en France mais la France qui est entrée en Bretagne, les armes à la main !

  5. « il a dit la vérité il doit être exécuté  » chantait guy béart, c’est le cas, même marine lepen y va de son couplet, tant est si bien que les médias lui donne la parole matin midi et soir

  6. Il aurait été intéressant de le questionner sur les langues régionales et les cultures régionales. Quelle est sa position ? Quelles sont ses recommandations ? Que compte-t-il faire pour sécuriser l’enseignement immersif ?
    et cerise sur le gâteau si mon fil s’appelle Yann est-il français ???

  7. Lors du débat, Eric Zemmour a reconnu qu’il était d’origine berbère, comme Samia Ghali, car  »avant la colonisation arabe », au septième siècle, il y avait en Algérie, des Berbères; certains de ces Berbères étaient Juifs, d’autres Chrétiens tel saint-Augustin! Les Arabes ont  »obligé » beaucoup de ces Berbères à se convertir à l’islam! Donc les Juifs et certaines familles de Chrétiens, d’origine berbère, étaient en Algérie AVANT les Arabes; ceux-ci sont venus d’Arabie, la terre de leur prophète…Les non-musulmans auraient bien fait de les RENVOYER dans  »leur » pays(l’Arabie),de faire comme les Espagnols avec la reine Isabelle la chrétienne!

    1. qu’est-ce que cela vient faire ici « l’origine des races  » ?
      Curieux que vous ne parliez pas de Darwin.
      M. Zemmour est Français ; M. Darmanin est Français. Point barre.

Les commentaires sont fermés.

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