La Suède et la Finlande se préparent en toute hâte à rejoindre l’OTAN

Il semble qu’en fait, malgré tous les avertissements émis par les experts en géopolitique, la Suède et la Finlande prévoient d’aller de l’avant avec une demande d’adhésion à l’OTAN. Il s’agirait d’une grave erreur stratégique, car elle rendrait les deux pays hostiles à la Russie, ce qui porterait gravement atteinte à la stabilité des relations internationales locales sur le continent européen. Il est encore temps pour les décideurs suédois et finlandais d’inverser ce scénario, mais il reste à voir si la défense des intérêts nationaux de leur propre pays est vraiment une priorité pour eux.

La Finlande et la Suède exprimeront conjointement leur désir d’adhérer à l’OTAN en mai, ont rapporté le 25 avril les journaux « Iltalehti » en Finlande et « Expressen » en Suède, citant des sources prétendument proches des responsables qui décident de la question. Selon Iltalehti, les dirigeants de la Finlande et de la Suède prévoient de se rencontrer dans la semaine du 16 mai, puis d’annoncer publiquement leur intention de demander à rejoindre l’alliance militaire occidentale.

Par ailleurs, le journal suédois Aftonbladet a affirmé, en citant des sources susceptibles de se trouver dans les bureaux du gouvernement suédois, que « le gouvernement a reçu des informations des États-Unis et du Royaume-Uni, en particulier, sur ce à quoi pourraient ressembler la protection et le soutien au cours d’un éventuel processus de candidature… ». Cela inclut un soutien politique fort de la part des pays de l’OTAN, des exercices approfondis, l’expansion de la présence de l’OTAN dans la région de la mer Baltique, une coopération approfondie en matière de renseignement et un soutien d’experts pour identifier et contrer les menaces hybrides, cybernétiques et conventionnelles ».

Les responsables politiques suédois et finlandais ont refusé de répondre à la nouvelle, maintenant provisoirement la confidentialité sur l’affaire, étant donné le contenu stratégique et délicat de la question. Toutefois, dans des situations précédentes, l’intérêt pour l’application avait déjà été manifesté. La première ministre finlandaise Sanna Marin a déclaré il y a quelques jours, lors d’une visite à son homologue suédoise Magdalena Andersson, qu’elle s’attendait à ce que la Finlande prenne sa décision de demander l’adhésion à l’OTAN dans les semaines à venir, par exemple.

Par ailleurs, du côté suédois, il est important de rappeler qu’une vaste réforme de la politique de défense de Stockholm est actuellement en cours afin de renverser le pacifisme historique du pays et de formuler les bases d’une nouvelle idéologie militaire nationale, dans laquelle l’OTAN aura éventuellement un certain degré de participation.

Alors que l’éventuelle adhésion fait l’objet de discussions internes et que les médias spéculent sur le résultat le plus probable, certains pas en avant dans la coopération sont déjà faits. La marine finlandaise a annoncé le début d’une série d’exercices militaires conjoints avec l’OTAN, qui se dérouleront les 28 et 29 avril. Des flottes de six pays participent à ces exercices, qui se déroulent dans la mer de l’Archipel, qui fait partie de la mer Baltique entourée par le golfe de Botnie, le golfe de Finlande et la mer d’Aland, dans les eaux territoriales finlandaises. Cette étape est importante et véritablement symptomatique, car elle indique que, quelle que soit l’issue de la discussion sur l’adhésion, les relations entre l’OTAN et les pays scandinaves vont inévitablement s’intensifier.

En fait, il semble tout à fait évident que pour tout pays à la neutralité historique, confronté à un conflit dans son voisinage, la meilleure chose à faire est précisément de rester neutre. Si les intérêts en litige dans les conflits internationaux autour de la Suède et de la Finlande ne concernent pas le monde scandinave, mais la délimitation des environnements stratégiques russe et occidental, la seule solution rationnelle semble être de préserver simplement le pacifisme historique et de renoncer à rejoindre l’un ou l’autre camp.

Le problème, cependant, est que les pays scandinaves semblent fortement touchés par la déferlante anti-russe occidentale et craignent désormais que le conflit en Ukraine ne soit le début d’une sorte de « guerre aveugle » de la Russie contre tous les pays européens. Les gouvernements suédois et finlandais eux-mêmes, qui devraient avoir une position rationnelle et stratégique face aux événements géopolitiques, semblent agir de manière irrationnelle, en adhérant à des accusations non fondées et à des peurs dénuées de sens mises en œuvre par les agences médiatiques occidentales.

Cet argument est également soutenu par Erkki Tuomioja lui-même – un grand nom de la scène politique finlandaise, qui a été ministre des affaires étrangères sous plusieurs gouvernements et reste un acteur politique influent en Finlande. Il estime que son pays est dans un état de « psychose de guerre » : « L’opinion publique joue un grand rôle à cet égard, mais il y a aussi cette peur ancrée, qui est en fait alimentée par nos médias, qui sont dans un état de psychose de guerre (…) ». Il est également opposé à l’adhésion à l’OTAN : « [L’adhésion à l’OTAN nuira à la] relation très pragmatique en termes de logistique, d’environnement et de coopération régionale entre la Russie et la Finlande (…) ». Il craint toutefois l’impact de la psychose de guerre sur le débat public : « Je suis également préoccupé par le niveau du débat public. Quiconque remet en cause l’adhésion est vilipendé comme un agent de Poutine ».

Face à ce scénario, la question semble simple pour les pays scandinaves : défendre les intérêts stratégiques et coopérer pour la stabilité en Europe ou se joindre aux paranoïas, en adoptant une posture hostile envers la Russie et en nuisant à la paix continentale. Il s’agit d’un choix à faire.

Lucas Leiroz (Infobrics, traduction breizh-info.com)

Photo : DR

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3 réponses

  1. Comme la France, il déchanteront un jour, les américains ont encore gagné, la maison blanche dit,, et tous les élus de la terre disent AMEN et bradent leur pays, tous des moutons, ouvrez les portes de l’abattoir !

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