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En dressant un portrait-robot de la « France des notes de frais », une étude souligne à quel point les avances de frais professionnels peuvent impacter les finances personnelles des cadres de l’Hexagone. Un phénomène amplifié dans un contexte où les prix de l’énergie s’envolent. Focus sur une source d’inquiétude professionnelle assez méconnue…
Avances de frais professionnels : un poids pour les cadres français
Au-delà d’avoir un impact sur le moral, les notes de frais mettent plus souvent en difficultés financières personnelles les cadres de province que leurs homologues franciliens. L’impact des coûts de déplacement liés aux véhicules professionnels (carburant) y est sans doute pour quelque chose… Tel est le constat que révèle une étude réalisée par l’Ifop pour le compte de la société française Mooncard, proposant des solutions de dématérialisation des frais professionnels.
À savoir que les notes de frais entreprise représentent un véritable poids pour les cadres français, tant sur le plan professionnel que personnel, qui sont 82 % à en réaliser. De plus, 35 % en réalisent « régulièrement » (de une fois par mois à plusieurs fois par semaine).
Surtout, à la lumière des nouvelles tensions inflationnistes liées à la flambée des prix de l’énergie (électricité, gaz, carburant), cette enquête souligne la pression financière que les avances de frais professionnels peuvent exercer sur le budget personnel des cadres.
En effet, 36% d’entre eux affirment s’être déjà trouvés en difficulté financière à cause d’elles. Des publics ayant en général un budget plus contraint, comme les jeunes, les femmes et les familles nombreuses par exemple.
Des disparités concernant les notes de frais
Aussi, de grandes disparités existent au sein de cette population en fonction du sexe, de la région ou de la profession. Tout d’abord, il apparaît que les notes de frais sont un phénomène particulièrement masculin. Alors que 84 % des hommes cadres réalisent des notes de frais, les femmes cadres ne sont que 78 % à en dire autant (-6 points).
Un décalage encore plus flagrant si l’on se réfère à la fréquence : 38 % des hommes cadres réalisent « régulièrement » des notes de frais contre 28 % des femmes cadres (-10 points). À l’inverse, sur la population qui en réalisent « de temps
en temps » (moins d’une fois par mois), les femmes passent devant les hommes (50 % vs 46 %).
L’analyse sectorielle de l’enquête révèle aussi des différences. Certains secteurs d’activités sont particulièrement touchés
par ces avances de frais : les cadres travaillant dans le secteur du BTP et du transport (50 %) et dans le commerce (48 %) sont les plus nombreux à en réaliser tous les mois. À contrario, des secteurs plus sédentaires comme l’éducation/enseignement et celui de la banque/assurance sont parmi ceux où les cadres en réalisent le moins, avec respectivement 17 % et 28 % des répondants.
Des différences aussi selon les régions
Au plan géographique, les cadres qui habitent en province sont plus sensibles aux dépenses de carburant. Dans la région parisienne, les cadres se trouvent bien moins exposés. Ils ne sont que 25 % à réaliser « régulièrement » des notes de frais, contre 40 % en région. Il faut sans doute y voir l’expression de la densité du maillage de transports en commun. À l’opposé, la palme de la région la plus concernée revient au Sud-Ouest où 49 % des répondants déclarent en réaliser régulièrement (au moins une fois par mois), soit 14 points de plus que la moyenne nationale, suivis du Nord-Est et du Nord-Ouest (respectivement 41%), puis du Sud-Est (33%).
Nous pouvons également noter que la relation de confiance entre les employeurs et les cadres du nord de la France est bien mieux établie en ce qui concerne la gestion de leurs dépenses professionnelles. En effet, 87 % des interrogés vivants dans le Nord-Est et 85 % de ceux habitant le Nord-Ouest estiment avoir la confiance de leur employeur, contre 68 % dans le Sud-Ouest ou 79 % en Ile-de-France.
Enfin, il n’en reste pas moins que dans le nord de la France, plus d’1 cadre sur 3 craint aussi de ne pas être remboursé de ses notes de frais, avec pour principal souci la perte des justificatifs pour plus d’1 cadre sur 2 (58 % dans le Nord-Ouest).
Des avances de frais sources de difficultés financières personnelles
30 % des cadres interrogés déclarent s’être déjà trouvés en difficulté financière à cause d’une avance de frais professionnels, et 17 % que cela est arrivé « plusieurs fois ».
Déplacements, réservations d’hôtels, déjeuners client, achat de matériels… Cumuler dépenses professionnelles et personnelles peut se révéler d’autant plus difficile que les prix grimpent, comme en ce moment. Le contexte inflationniste actuel est une vraie menace pour le pouvoir d’achat. Les populations financièrement plus contraintes sont logiquement les plus exposées.
Les jeunes sont parmi les plus touchées, 42 % des moins de 35 ans se sont déjà retrouvés en difficultés financières (19 %
« plusieurs fois »), contre 32 % pour les 50 ans et plus. Cela peut s’expliquer par le niveau de rémunération souvent plus bas en début de carrière.
Par ailleurs, 44 % des femmes cadres ont déjà connu des difficultés financières à cause d’une avance de frais, contre 33 % pour les hommes cadres (-11 points). Une donnée pouvant s’expliquer par le fait qu’il existe toujours des écarts importants en matière de salaires.
Enfin, la pression est encore plus importante sur les parents de familles nombreuses (3 enfants et plus) : 47 % ont connu des difficultés financières, contre 35 % pour un foyer avec un seul enfant à charge (-12 points).
L’étude souligne également que 42 % des cadres réalisant régulièrement des notes de frais déclarent avoir une charge mentale très élevée, contre seulement 15 % pour ceux qui n’en font jamais. Le poids de cette contrainte peut ainsi avec des répercussions sur le moral des cadres et leur perception de l’entreprise.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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