Le radeau de la méduse. Le 91ème numéro de la revue Terre et Peuple est sorti

Le 91ème numéro de la revue Terre et Peuple est sorti. Ci-dessous le sommaire ainsi que l’éditorial signé Pierre Vial.

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LE RADEAU DE LA MÉDUSE

Certaines œuvres d’art sont de cruelles références aux temps que nous vivons. C’est le cas du Radeau de la Méduse. Peinture à l’huile sur toile de grande ampleur (4,91 m sur 7,16m) réalisée entre 1818 et 1819 par le peintre et lithographe romantique français Théodore Géricault (1791-1824), elle représente un épisode tragique de l’histoire de la marine coloniale française : le naufrage de la frégate La Méduse. Celle-ci était chargée d’acheminer le matériel administratif, les fonctionnaires et les militaires affectés à ce qui allait devenir la colonie du Sénégal. Elle s’est échouée le 2 juillet 1816 sur un banc de sable, obstacle bien connu des navigateurs, situé à une soixantaine de kilomètres des côtes de l’actuelle Mauritanie mais négligé par un capitaine enfermé dans une incompétence et une arrogance… macroniennes. Au moins 147 personnes se maintiennent à la surface de l’eau sur un radeau de fortune et seules quinze embarquent le 17 juillet à bord de l’Argus, un bateau venu les secourir. Cinq personnes meurent après leur arrivée à Saint-Louis du Sénégal, après avoir souffert de la faim, de la déshydratation, de la folie et même de l’anthropophagie. Le capitaine commandant le navire, servant la monarchie restaurée depuis peu, alors qu’il n’a pas navigué depuis plus de vingt ans, est jugé responsable du désastre en raison de son impéritie ; les officiers censés le seconder ont décidé de jeter à la mer les blessés considérés comme trop encombrants…

Géricault a dressé un tableau hallucinant de l’événement, poussant le souci de rigueur dans la véracité en se rendant dans des hôpitaux et des morgues, pour voir de ses propres yeux la couleur et la texture de la peau des mourants. Plus de cent cinquante personnes trouvèrent la mort dans cette tragédie.

Dès sa première présentation à Paris au Salon de 1819, le tableau soulève une vaste controverse, certains le critiquant très vivement car jugé trop réaliste, tandis qu’il influencera Turner, Delacroix, Courbet, Manet. Au-delà de ses caractéristiques stylistiques, c’est la scène hallucinée que représente ce tableau qui en fait la dénonciation d’un monde fou, où des naufragés s’entretuent pour avoir un peu de place et vont jusqu’au cannibalisme pour survivre. Le message est clair : l’anarchie libérale et son mépris des hommes sont là mis à nu sans concession ni timidité.

Nous sommes aujourd’hui sur le radeau de La Méduse. Il est grand temps de s’en échapper.

PIERRE VIAL

Crédit photo : DR
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