Salman Rushdie. Le monde islamique a le délit de blasphème, la République française a les lois Pleven-Gayssot-Taubira [L’Agora]

Certaines personnalités politiques au sein de la République française n’ont manifestement honte de rien. Depuis que l’écrivain Salman Rushdie, auteur des « Versets sataniques » a été poignardé la semaine dernière, on assiste à un flot de tweets, de communiqués, d’indignations, concernant l’attaque dont il a été victime. On se croirait revenu au temps du massacre de la rédaction de Charlie Hebdo par deux islamistes.

Rappelons les faits : Le , une fatwa réclamant l’exécution de Rushdie est émise sur Radio Téhéran par l’ayatollah Rouhollah Khomeini, guide de la révolution de l’Iran, dénonçant le livre comme « blasphématoire » envers l’islam. Comme le roman suggère que Rushdie ne croit plus en l’islam, Khomeini le condamne aussi pour apostasie, ce qui, selon l’interprétation actuelle majoritaire d’un hadith, est passible de mort. Khomeini précise que c’est désormais la responsabilité de tout musulman d’exécuter Rushdie et ses éditeurs.

Depuis ce jour, des attentats ont eu lieu, des menaces, des agressions, et donc, en ce mois d’août 2022, cette attaque et tentative de meurtre.

Venons en néanmoins à ce qui nous intéresse, la République Française. Et là, je dois vous avouer que lorsque j’entends le nom de Rushdie sortant de la bouche des commentateurs politiques ou des élus, j’ai tout de suite envie de leur répondre Ryssen, Reynouard, Soral, Camus, Dieudonné, Le Lay, Zemmour, mais aussi pour tous ceux, moins médiatiques, victimes des lois Pleven-Gayssot-Taubira, depuis plusieurs décennies, et qui ont été, non pas assassinés physiquement, mais mis à mort, médiatiquement, judiciairement, puis socialement, économiquement, par ceux là même qui s’érigent aujourd’hui en défenseurs acharnés de la liberté d’expression.

Car si le monde islamique a le délit de blasphème passible, dans certains pays, de la peine capitale, la République française a les lois scélérates, Pleven-Gayssot-Taubira, qui vous amènent devant les tribunaux, ici pour discrimination, là pour incitation à la haine raciale, là encore pour « révisionnisme historique ». Les critères ne sont pas les mêmes que dans le monde islamique, et la peine capitale n’existe plus en France. Néanmoins, il s’agit bel et bien d’une forme de répression de la liberté d’expression. De délit d’opinion. D’interdiction de penser, d’écrire, de clamer la société, le monde, autrement que sous le prisme des droits de l’homme et de la République française. Ils répondront « Le racisme, la haine, le révisionnisme, ne sont pas des opinions, mais des délits » comme les islamistes répondront à ceux qui s’indignent que « le blasphème est un crime ». Question de point de vue, avec de chaque côté, des ayatollahs ayant la sensation d’être dans le vrai, le juste, le bien.

D’où ce goût amer de voir, une fois de plus, les censeurs les plus zélés se porter au secours de Salman Rushdie, écrivain, eux qui n’ont jamais eux le moindre mot lorsqu’un auteur comme Hervé Ryssen, jugé antisémite par les tribunaux français, croupissait en prison. Ou lorsqu’un écrivain comme Vincent Reynouard, jugé « révisionniste » par les tribunaux français, n’a certes pas été assassiné, mais est contraint de vivre tel un clochard dans la clandestinité pour échapper à la prison de la République française. Doit-on rappeler les persécutions judiciaires visant un humoriste (on ne parle pas d’un terroriste) comme Dieudonné ? De l’acharnement contre Eric Zemmour à quelques mois d’une échéance électorale majeure ? Des persécutions visant Renaud Camus, écrivain auteur du livre « Le Grand remplacement » ? Des multiples condamnations d’Alain Soral ?

Il faut le dire : toutes ces personnes ont été condamnées et pour certaines assassinés économiquement et socialement pour blasphème anti républicain en France. Alors certes, il n y a pas (pour le moment) quelques illuminés, fils de Robespierre, pour venir leur couper physiquement la tête histoire de leur faire payer leurs écrits. Mais la logique est strictement la même que le blasphème et ses sanctions dans le monde islamique.

Quand on monte à l’arbre, il faut avoir le cul propre. Le jour où des élus de la République française auront le courage d’abolir les lois Gayssot, Pleven, Taubira, et d’annuler (d’indemniser ?) toutes les condamnations qui en ont découlé, alors peut être que ces mêmes personnes pourront venir clamer leur tristesse devant ce qui est arrivé à M. Rushdie.

En attendant, qu’elles se mettent leur hypocrisie et leurs indignations sélectives là où je pense.

Julien Dir

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

Photo : DR
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6 réponses

  1. Approuvé à 100%.
    Vous pouvez ajouter à la liste:Faurisson et les sanctions économiques à l’endroit(si j’ose dire!) de votre confrère Rivarol.
    Cette hypocrisie devrait révolter tout honnête homme, terme inconnu du milieu(au sens propre) politico-médiatique.

  2. A chacun son combat ; ça dépend des armes que l’on utilisent. Pour ma part j’évangélise, avec d’autre frères, les musulmans .. !
    Quel gloire s’attendait t’il ?
    Connaitre la Bible est beaucoup mieux pour ce combat spirituel !
    La Bible dit dans le livre d’Osée chapitre 4 verset 6 : « Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance (spirituel). » La suite du verset est très explicite pour ce qui arrive dans nos sociétés dites civilisées…. « Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai, et tu seras dépouillé de mon sacerdoce ; puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, j’oublierai aussi tes enfants. »

    C’est ce qu’il faut dire à monsieur Rushdie ou encore à monsieur Zémour . On était les meilleurs . Si tu laisse de coté la connaissance de DIEU, la suite du verset 6 chapitre 4 du livre d’Osée te répond. L

  3. Plein accord avec l’auteur de ce texte. Merci à Breizh Info de l’avoir publié.

    Le deux poids-deux mesures, en matière de liberté d’expression, ça suffit !

  4. Tout à fait d’accord, en France on ne porte pas la contradiction à des affirmations qui déplaisent, mais on censure et on met à mort socialement… Pourtant, Hervé Ryssen, Vincent Reynouard, Dieudonné et Alain Soral ne sont pas du tout ma tasse de thé (un grand oublié : Boris Le Lay – également pas du tout ma tasse de thé)… On peut ne pas être d’accord, mais ces mises à mort sociales sont des crimes d’Etat…

Les commentaires sont fermés.

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