Maroc. Une aide européenne de 500 millions d’euros pour lutter contre l’immigration illégale

Espagne

C’est une enveloppe d’un montant inédit (500 millions d’euros) qui devrait être prochainement attribuée au Maroc par l’Union européenne afin d’aider l’État maghrébin à lutter contre l’immigration clandestine à destination de l’Europe.

Maroc : une enveloppe européenne en hausse de 50 %

Généreuse Europe ! Le Maroc devrait recevoir 500 millions d’euros de la part de l’Union européenne dans le cadre de l’aide financière accordée par Bruxelles au pays du Maghreb pour soutenir ses efforts de gestion du contrôle de ses frontières et ainsi mieux lutter contre l’immigration illégale à destination du Vieux continent.

Selon une information révélée le 15 août par le quotidien espagnol El Pais, la nouvelle aide, d’un montant inédit, couvre la période 2021-2027. Le budget dépasse de près de 50 % le budget précédent de 343 millions d’euros que l’UE avait alloué au Maroc.

Cette enveloppe de l’Union européenne vise à couvrir différentes activités, à savoir le soutien à la gestion des frontières, les enquêtes conjointes sur les migrations irrégulières potentielles, ainsi qu’une campagne de sensibilisation au danger de l’immigration clandestine. L’intensification de la coopération contre les réseaux de trafic d’êtres humains sera également incluse ainsi que des projets d’intégration et de protection des migrants vivant au Maroc.

Rabat en position de force face aux craintes migratoires

Avec l’octroi de cette aide financière, il semble que le Maroc joue un rôle de plus en plus important en tant que partenaire majeur de l’Espagne mais aussi de l’UE dans son ensemble. Selon El Pais citant une source européenne, « ce montant donne une idée du niveau d’ambition de Bruxelles, qui dément les craintes de l’Espagne de voir le voisinage méridional négligé ».

Si le pacte a été finalisé durant l’été, sa mise en œuvre ne devrait avoir lieu qu’à l’automne. Bien que Rabat ne soit pas le seul bénéficiaire des fonds européens en Afrique du Nord, Bruxelles menant des actions conjointes en matière d’immigration avec les autres pays du Maghreb (à l’exception de l’Algérie), le Maroc est en passe de devenir l’interlocuteur privilégié des Européens dans la région sur cette question.

Par ailleurs, la négociation de cette aide de 500 millions traîne depuis des mois. Les attentes et les exigences de Rabat concernant la distribution des fonds européens sont restées élevées, tandis que Bruxelles souhaitait davantage d’engagements de la part du Maroc, notamment en ce qui concerne la réadmission de ses ressortissants entrés irrégulièrement sur le continent. Pour sa part, le Maroc aurait prétexté que le montant convenu ne couvrait pas les coûts que le pays devrait supporter (435 millions d’euros par an selon un rapport de Bruxelles) pour jouer le rôle de gendarme de l’Europe contre l’immigration clandestine.

Le coup de pression marocain sur Ceuta a porté ses fruits…

Quant à l’origine des fonds débloqués par l’UE, l’argent proviendra de l’instrument dit de voisinage, de développement et de coopération internationale (IVDCI), un outil budgétaire qui dispose de 79,5 milliards d’euros pour la période, soit 13 % de plus que pour la période budgétaire précédente (2014-2020). 10 % du total de ce fonds peuvent être accordés à la gestion de l’immigration.

Enfin, il est à noter que les négociations concernant cette aide de 500 millions d’euros ont débuté au printemps 2021, après que près de 10 000 clandestins soient entrés dans l’enclave espagnole de Ceuta au mois de mai de la même année.

À l’époque, plusieurs témoignages avaient notamment rapporté que la police marocaine était demeurée passive face aux groupes de migrants qui s’apprêtaient à tenter de gagner Ceuta. À Tanger, certaines plages habituellement gardées par les autorités marocaines seraient restées sans surveillance durant quelques jours, laissant le champ libre aux migrants cherchant à gagner l’Espagne par bateau.

L’épisode, comparable aux gestes de Recep Tayyip Erdoğan en Turquie ou d’Alexandre Loukachenko en Biélorussie lorsqu’ils ont poussé des milliers de migrants vers l’Europe, n’a pas été bien accueilli à Bruxelles, la Commission européenne prétendant refuser de céder au chantage.

Toujours est-il que la pression exercée par le Maroc sur le gouvernement espagnol pour qu’il revoie sa position de neutralité sur le Sahara Occidental a finalement fonctionné. Ainsi, en mars 2022, l’Espagne s’est rangée du côté du Maroc et a soutenu sa proposition d’autonomie pour son ancienne colonie au lieu du référendum d’autodétermination demandé par les Sahraouis.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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6 réponses

  1. Il faut quitter l’UE ! Rien de bon ne sort de cette soi-disant Unité ! sauf pour faire encore un peu plus de dette ! payer pour qu’un pays garde ses habitants !!! on aura tout vu ! je n’en dirai pas plus, mais je n’en pense pas moins !

  2. Et si on les empêchait d’entrer en electrifiant les barbelés et clôtures ??? En bloquant les débarquements après avoir prévenu ? Trop simple ??

  3. On a du mal à comprendre pourquoi un migrant entré à Ceuta et Melilla peut, de là, se rendre en Europe, ce qui suppose qu’il prenne l’avion ou le bateau. Il ne devrait pourtant pas être trop difficile de le bloquer à ce niveau.
    Ces enclaves africaines de l’Espagne posent un problème permanent, mais ne pourraient-elles devenir une solution ? Si Melilla est surpeuplée, Ceuta dispose de vastes terrains qui pourraient accueillir un énorme camp de réexpédition des migrants illégaux arrivés en Europe. Fermé sur trois côtés, le quatrième étant la frontière marocaine ! Si les migrants illégaux avaient la certitude de se retrouver dans une telle situation, en terre africaine, ils y réfléchiraient à deux fois et la pression migratoire baisserait vite.

  4. des millions d’euros au maroc, à la turquie, à la Libye,et aux organismes qui vont patrouiller en méditerranée pour les faire passer en europe, logique!

  5. Nos sociétés sont malades, elles pensent que tous les problèmes peuvent se régler avec de l’argent. Et tant de milliards par ci, et tant de milliard par là. Autrement dit, en achetant les gens. Cela ne peut que renforcer le mépris que certains ont de nous.

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