Chères féministes, nous continuerons d’enlever nos poils !

Tel le tube de l’été, elle nous importune à chaque période estivale : l’annuelle polémique sur l’épilation féminine. Depuis 1968, on nous explique que les poils sous les aisselles, c’est super cool, c’est le must de l’activisme féministe ; l’épilation, par contre, serait complètement has been. Plus qu’un simple effet de mode, l’élimination de la pilosité devrait être combattue au nom de la femme rebelle, les néo-féministes de tous poils étant sans équivoque : l’épilation serait un relent de soumission au patriarcat, une obéissance aveugle aux diktats masculins en matière de désir.

Le vocabulaire est choisi : le terme d’activisme tout d’abord. Pas une star de show biz, pas une influencer aussi sotte que banale, ne s’autoproclame désormais “activiste”. Un statut d’autant plus facile qu’il n’engage pas outre la publication de quelques tweets, alignés sur la pensée dominante. Dominante, non parce qu’elle reflète l’opinion de la majorité, mais parce qu’on n’entend qu’elle via tous les canaux de communication… certes, aux mains des mêmes propagandistes, qui ont eux-mêmes choisi qui peut avoir place au sein de ce même show business.

Quant à l’utilisation d’anglicismes, il est tout aussi voulu, puisqu’on le sait, plus c’est anglomorphe, plus c’est moderne. Or, si les États-Unis nous irradient le pire des idéologies conçues sur les campus de leurs universités, la France n’est pas en reste. On nous abreuve de vocabulaire et de locutions soutenues pour débattre de foutaises. Exemple, Miléna Younès-Linhart, “sociologue du genre” qui nous explique que pour entrer sur le marché de l’hétérosexualité, il faut avoir un corps qui est normé, qui est conforme aux désirs, aux désirs des hommes. Et donc c’est ça qui produit aussi le genre.

Un lexique révélateur : pour exprimer le passage à la puberté la sociologue invoque le “marché”. Normal, le féminisme idéologique étant un marxisme appliqué aux relations homme-femme qui renvoie tout aux mécanismes de l’économie et ne perçoit les relations humaines que comme des rapports de force exploitant/exploité. On est, de plus, dans l’autoconstruction pure (un comble quand on prétend vouloir abattre les constructions !) : si ce qui produit aussi le genre est de se conformer aux désirs masculins, un corps qui ne répondrait plus aux désirs des hommes, changerait-il de genre ? Bien sûr que non.

Une fois n’est pas coutume, sur une chose nous sommes d’accord : l’épilation féminine est une injonction sexuée, puisqu’elle est une marque primordiale de différentiation face au mâle. L’homme est viril et dru, la femme est douce et lisse. On peut le déplorer, crier à l’injustice, mais c’en est ainsi chez toutes des civilisations, à de rares exceptions près. Or, le problème est que cette pratique n’est vue ici que comme une forme de domination exercée par les hommes sur les femmes. Le thème n’est repris que pour nous asséner une nouvelle critique du patriarcat, racine à leurs dires, de tous les maux. L’épilation est une norme culturelle, et en tant que telle, elle doit être défaite. Le charme, l’esthétique, le respect justement d’une norme culturelle millénaire, sont décriés. C’est la séduction, l’attraction intergenre qui est attaquée, les relations homme-femme que l’on cherche à miner. Et on fait de nouveau l’impasse sur ce que font les hommes pour plaire aux femmes.

La polémique, qui trouvera ses détracteurs comme ses adeptes, là n’est pas la question, met en évidence la sempiternelle propension des féministes à se focaliser sur des futilités. À l’heure où des municipalités arrangent des horaires de non-mixités dans un pays où la mixité se vit le plus naturellement du monde, nos militantes s’attardent encore une fois sur des chiures de mouche et…passent à leur habitude, à côté du sujet.

Plus que de savoir s’il faut désormais se promener poilue, sans maquillage et décoiffée (allons jusqu’au bout du raisonnement) pour évaluer son grade d’insoumission au patriarcat, peut-être aurait-il été plus pertinent de dénoncer l’excès d’épilation, la mode des corps totalement glabre dont la source est à rechercher dans la propagation de la pornographie et ses canons passés à la société dans son ensemble. Mais étrangement, nous n’entendons pas un mot sur l’industrie la plus lucrative au monde. Rien sur la marchandisation du corps de la femme, et silence radio sur l’encore plus regrettable sexualisation de celui de filles toujours plus jeunes.

Le néo-féminisme, ou l’art de débattre de faux problèmes…

Audrey D’Aguanno

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

5 réponses

  1. rien n’est inutile dans la nature/ Les poils ont un rôle de protection contre les frottements/ Les enlever créé des urritatuns et mycoses qui s’ensuivent..

    En fait c’est un rejet de notre humanité et qui veut faire l’ange fait la bête disait on.

    1. Pas faux mais encore faut-il penser à l’origine de la « trichotillomanie » .

      Pression sociale FEMININE pour ressembler à des mannequins trafiquées de A à Z.
      Cela fait vendre un tas de produits, d’accessoires, esthéticiennes et chirurgies esthétiques.

      Puis, les industriels étaient ravis de pouvoir vendre des « rasoirs pour femme » beaucoup plus chers que les rasoirs pour homme même s’ils n’ont aucune différence autre que la couleur rose bonbon.
      (la version « femme » de mon rasoir électrique machin-blade coûte 10€ de plus à l’achat, pareil pour les lames, bien qu’il n’y a aucune différence entre la version homme et femme)

      Dans le même temps (vérifiez) les femmes se sont mises à s’habiller comme des mecs (double garde robe féminine-masculine) , se tatouer comme des mecs (le fric là aussi) etc…

      Toujours dans le même temps les femmes ont été éduquées à être castratrices et vindicatives sur base de « repentance intergénérationnelle » et dominatrices.
      Comme les femmes sont scientifiquement beaucoup plus réceptives que les hommes à la pub, les modes de toute sorte, ce nouveau statut de « femme enfant capricieux + femme-chef qui négocie matériellement le Q » , là aussi ça rapporte un paquet de pognon.

      Ensuite de tout cela découle l’explosion de la famille volontairement organisée par nos politiciens, la gauche en tête de liste « la famille c’est patriarcal, antiféministe, réac, etc… »
      On doit un gros paquet de châtiments à la gauche n’est-ce pas ^^

  2. Au contraire, la féminité est toxique car c’est un attrappe-couillon. « La plus grande ambition de la femme est de susciter l’amour » (Molière). « L’Amoura été inventé par les femmes pour dominer… » (Rousseau). « L’homme véritable veut 2 choses: le danger et le jeu. C’est pourquoi il veut la femme, le jouet le plus dangereux. » (Nietzsche). Et ainsi de suite, Schopenhauer, etc…
    Depuis la nuit des temps et pour le bien de la perpétuation de l’espèce, nous faire croire que c’est le mâle qui domine la femelle, c’est se foutre de la gueule du monde: la femelle recherche les ressources du mâle qui lui recherche la beauté, la jeunesse et le c.. de la femelle. C’est le c.. de la femme qui domine l’espèce, nous faire croire le contraire relève de la pure hypocrisie sachant que sur Tinder ce sont les hommes qui se font arnaquer, pas les femmes, qui ont 10 prétendants en 10mn alors que les hommes approchent 1 femme en 1 mois. Non, sérieux????????????? En matière de séduction, c’est la femelle qui, comme dans beaucoup d’espèce, mène le jeu, c.. épilé ou pas, foufoune ou pas, par contre si vous êtes petit, chômeur ou radin, n’envisagez aucunement d’approcher une femme, elle est par essence exigeante et hypergame, c’est normal, il en va de la salubrité de sa descendance. Est-ce que nous les hommes nous nous en plaignons? Et enfin, comme je l’ai vu dans une manifestation féministe dans les rues, il sera quasiment impossible de voir une féministe prendre les armes si les Russes attaquent le pays: elles se disent toutes pacifistes, alors, bon… Ne pas s’épiler c’est très important pour elles, et d’ailleurs tout le monde s’en fout, par contre sauver sa peau, là yaura plus personne, et d’ailleurs, je m’en fous un peu…

  3. ils m’énervent, ils parce que j’englobe aussi les donneurs de leçons hommes, bi, trans, queer, +, etc.
    qu’ils se contentent de se déconstruire (eux mêmes) et nous fichent la paix, une info oui, une injonction, non ! j’ai bien aimé les commentaires explicatifs

    1.  » j’ai bien aimé les commentaires explicatifs »

      Vous devriez donc adorer étudier le nudge, les spin doctors (cabinets de com), et surtout Edouard Bernays le neveu du psychanalyste Sigmund Freud qui a fait fumer les femmes, a fait accepter de mondialiser les guerres, a trempé dans l’organisation de la révolution féministe US etc….et beaucoup plus que cela encore …
      Celui qui ignore les techniques de manipulation n’a aucune chance d’y échapper un peu.

      Vous ALLEZ ADORER les livres et émissions Youtube de Sylvain Laforet « La déprogrammation » et « Guerres et mensonges ».
      Ses livres sont plus digestes, « attractifs » et pluridisciplinaires que ceux qui ne traitent que d’ingénierie sociale et de neuropiratage.
      Ses émissions reprennent le contenu de ses livres, vous verrez que les factcheckers sont humiliés, c’est comme si Trotski faisait des organes de vérification anti-propagande.
      Les factcheckers mainstream sont aussi ridicules que cela.
      (par contre vous avez les excellents « deqodeurs » qui sont cent fois plus crédibles que nos factchecker issus du milieu de la propagande professionnelle, Les déqodeurs leur mettent de telles dérouillées qu’on en redemande)

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