Italie. Giorgia Meloni : entre poigne et revirements

Giorgia Meloni, la Présidente du parti conservateur italien Fratelli d’Italia, est une femme de caractère. Elle est en colère et ne s’en cache pas. Ses discours sont impeccables, elle a du répondant. Elle est préparée et cela se sent, sur tous les sujets qu’elle aborde ou sur lesquels elle est interrogée, le plus souvent pour la coincer. Mais elle s’en sort toujours avec brio. Élue députée pour la première fois à l’âge de 29 ans, ses compétences politiques semblent indéniables. Formée au sein du Mouvement Social Italien, le MSI des néo-fascistes, où elle s’engage à seulement 15 ans, son bagage culturel est solide. 

Si, vu de l’étranger cela peut paraître anachronique ou inquiétant, tant le terme fascisme est devenu un simple synonyme d’autoritarisme, voire de nazisme, en Italie il recouvre une réalité bien différente et ce, malgré les décennies d’hégémonie du parti communiste et d’antifascisme institutionnel. À côté des nombreux nostalgiques du passé, pour beaucoup, le fascisme est porteur de valeurs atemporelles, il est une éthique spartiate, un socialisme non-marxiste à l’origine des politiques sociales de la République.

Raison pour laquelle la campagne de dénigrement et de haine opérée par la gauche et leurs médias – mode opératoire d’un système hégémonique qui devient particulièrement violent lorsqu’il se sent menacé – prend ici moins qu’ailleurs. Pire, plus Giorgia Meloni est attaquée, plus elle riposte, et plus sa côte de popularité augmente. Tout a été pris pour cible : son passé (qu’elle n’a d’ailleurs jamais renié), son enfant, son sexe, son poids, ses préférences en matière de… football. Fidèles à eux-mêmes les apôtres de la tolérance, n’ont hésité devant rien et s’accroche à tout, même au ridicule. 

Aux insultes, les médias un peu plus sérieux mais tout aussi fallacieux, ajoutent les caricatures. En ébullition, ils se limitent, sans jamais semble-il avoir lu une ligne du programme FdI, à présenter d’une part, la démocratie libérale, tournée vers l’avenir, le progrès, la présumée naturelle marche du monde et de l’autre, le populisme autoritaire et réactionnaire, le cataclysme, les heures les plus sombres de l’Histoire. Mensonges, hypocrisie et inexactitudes caractérisent le travail de sape de la presse. Une totale mauvaise foi, à laquelle les mouvements patriotiques sont coutumiers. 

La Chef de file FdI a tout de même voulu rassurer, dans une vidéo destinée à l’étranger, réitérant que sa coalition ne représente aucun danger pour la démocratie, ayant rangé le fascisme dans les rayons de l’Histoire. Or, ce qui est plus surprenant pour un parti qui a fait de la souveraineté son maître mot, qui n’a de cesse de prétendre vouloir “défendre les intérêts nationaux”, c’est la promesse d’allégeance faite à l’U. E. Meloni est claire : son parti n’envisage aucune sortie de l’Euro et ne mettra à risque ni le fond européen de Next Generation UE, ni la mise en place du Plan National de Reprise et Résilience, en bref l’œuvre de Mario Draghi. Dans une entrevue avec l’agence Reuters, elle apaise aussi aux marchés en excluant tout projet de renationalisation de l’entreprise pétrolière Eni et du géant de l’électricité Enel, anciennement propriétés d’État.

Pour lutter contre la crise migratoire, elle propose de dépasser les actions menées par la Lega de Matteo Salvini et en appelle à l’armée pour mettre en place un blocus naval dans le cadre d’une mission européenne en accord avec les états nord-africains, pour stopper la traite d’êtres humains au départ et non plus à l’arrivée. Or, si la volonté y est, elle se heurtera nécessairement au droit international, aux conventions signées en précédence et aux magistratures civiles qui imposent l’obligation de secours en mer et interdit les refoulements.  Matteo Salvini, dont toutes les manœuvres s’étaient vues annihilées, en avait déjà fait les frais.

Dans tous les cas, le système politique italien, créateur d’instabilité, est tellement complexe et verrouillé qu’il lui sera bien difficile de mettre en œuvre quoi que ce soit, tant les compromis – avec ses alliés comme avec ses adversaires – y sont nécessaires. Même si elle en venait un jour à avoir un poids tel à imposer ses choix à ses partenaires, seule une remise en question générale de ce système institutionnel pourri de corruption et de bureaucratie pourrait alors faire la différence.

Sans une refonte de la machinerie institutionnelle, sans une sortie des traités internationaux et sans nationalisation des secteurs clés de l’économie – conditions sine qua non du changement qu’elle appelle de ses vœux – son programme semble bien difficile à réaliser. 

Le changement d’étiquette de parti “souverainisteà “conservateur” aurait déjà dû nous mettre sur la voie…

Audrey D’Aguanno 

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

14 réponses

  1. C’est ce qui nous manque en France, le regne du matriarcat vient ! il etait temps ! puisque les hommes son bons à rien, j’attends avec impatience Marion Marechal, elle aura ce qui manque à nos dirigeants aujourdh’ui, des c…….s

    1. @ gautier. Tiens donc !
      Les seraient par nature plus vertueuses que les hommes ?
      C’est Ursula Von der Leyen qui va être contente.
      Roselyne Bachelot aussi, de même qu’Agnès Buzyn, Hllarry Clinton, la pédégère de Youtube, etc.

      1. CETTE FEMME, EST UN MITTERRAND RÉINCARNÉ, COMME EN FRANCE, L’ITALIE NE SORTIRA PAS DU MARASME FRANÇAIS DÉCLENCHÉ PAR CE MITTERRAND ET SON TRAITÉ DE MAASTRICHT ! LES ITALIENS, DOIVENT SE DÉTOURNER D’ELLE S’ILS VEULENT VRAIMENT SORTIR DE LEUR MERDIER ACTUEL !

  2. « La personnalisation est une forme , elle part bien sur de l’apparence c’est à dire des gens qui mènent les actions et semblent conduire le monde. La personnalisation escamote le fait que les acteurs sont soumis à des déterminations qui les dépassent , elle veut croire qu’ils sont autonomes, qu’ils décident. Honnêtement croyez vous que le malheureux Macron décide quoi que ce soit?

    La personnalisation n’est pas la vérité mais un mode d’exposition de la vérité vue à travers l’action des gérants du système. » in https://brunobertez.com/2022/09/24/cest-le-week-end-il-est-temps-de-prendre-du-recul-et-de-la-hauteur-historique-pour-comprendre-le-sens-des-evenements/

    1. VOUS AVEZ RAISON !
      POUR MA PART, CETTE FEMME EST DE LA MÊME LIGNÉE DU MITTERRAND ET DU SARKOZY RÉUNIS ! ELLE VA TRAHIR SES ÉLECTEURS POUR SES PROPRES INTÉRÊTS ! NUL NE PEUT SORTIR DE CETTE EUROPE ET SES RÉGLEMENTATIONS SANS LA QUITTER !

  3. Une analyse percutante et intéressante. Pourrons nous un jour réformer l’Union Européenne de l’intérieur, c’est toute la question. Attendre l’aide de Poutine qui enverrait une bombe sur le quartier Europe de Bruxelles, un jour de session plénière? Cette cooptation permanente de fonctionnaires grassement payés pour mettre en oeuvre l’idéologie dominante est écoeurante.

    1. RÉFORMER L’EUROPE DE L’INTÉRIEUR EST IMPOSSIBLE PUISQUE BRUXELLES, EST DIRIGÉE PAR L’OLIGARCHIE FINANCIÈRE ULTRA LIBÉRALE, SOUS DOMINANCE AMÉRICAINE ! POUR CELA, IL FAUDRAIT QUE LA BELGIQUE, RETOURNE À SES FONDAMENTAUX, IMPOSSIBLE, DORÉNAVANT, BRUXELLES AVEC SA BCE QUI EMPRUNTE À LA FED, DOIT DES TRILLIARDS DE MILLIARDS DE DOLLARS AUX USA !

  4. COMMENT PEUT-ON SE PROCLAMER ÊTRE SOUVERAINISTE, ET FAIRE ALLÉGEANCE À UN TIERS ÉTRANGER À SA NATION ? ELLE NE DOIT PAS SAVOIR QU’UN VRAI SOUVERAIN, NE DONNE RIEN AUX TRÉSORIERS ÉTRANGERS, IL NATIONALISE TOUT CE QUI REPRÉSENTE LES RICHESSES DE SON ÉTAT, LE FAIT FRUCTIFIER POUR SON ÉTAT, SA POPULATION PARTICIPATIVE !
    ENCORE UNE AUTRE DU GENRE MITTERRAND QUI SE FOUT DE LA FIOLE DE SES ÉLECTEURS, QUI COMME LES FRANÇAIS SE SONT FAIT ENTUBER GRASSEMENT PAR CE MITTERRAND QUI LEUR PROMETTAIT MONTS ET MERVEILLES EN ENTRANT DANS L’EUROPE, UNE EUROPE GÉRÉE PAR LES USA BANNI DE CHARLES DE GAULLE POUR LES RAISONS QUE NOUS TOUS VRAIS VICTIMES EN FONT LES FRAIS ACTUELLEMENT !

  5. seule diatribe la concernant : elle est post-fachiste ! tout est résumé! un siècle après l’accession au pouvoir de mussolini! pourtant on n’entend jamais le parti démocrate être qualifié de post-communiste ! je voudrai bien comprendre les journaleux français…

  6. Les médias français s’en donnent à coeur joie de qualifier la victoire italienne de fasciste….l’extrème gauche oubliant l’ histoire et leur admiration pour Staline à l’époque ! Nous avons vu quels résultats les partis dits démocratiques politiquement corrects ont eu depuis 30 ans…une catastrophe… alors pourquoi ne pas essayer autre chose ? Visiblement cette expérience fait plus peur que l’invasion islamique de toute l’Europe….à chacun ses peurs !

  7. Audrey d’Aguanno fait dans son article un juste réquisitoire contre Meloni. Elle est pro UE, pro euro, pro OTAN, pro Ukraine ( c’est à dire pro américaine et anti russe ) etc. Soit elle est un traitre, soit elle est une imbécile.
    Et les dirigeants des droates françaises l’applaudissent ! Ils devraient lire B I.

  8. Le seul moyen de changer de politique dans toute l’europe est d’en sortir. cette femme aussi brillante soit-elle ne pourra rien faire car tant que l’on reste dans l’Europe, c’est l’Europe qui commande et les politiques ne sont que des marionnettes entre les mains des von der layen et autres. Oui il est possible de sortir de l Europe contrairement à ce que beaucoup croient. Lisez sur le site UPR.FR de François Asselineau « comment sortir de l’Europe’, et une foule d’autres sujets concernant la France et des pays européens, ainsi que de remarquables conférences concernant des sujets cruciaux. Aucun président ou ministre ne pourra faire quoi que ce soit tant que nous serons dans lEurope. une Europe qui nous condamne à une agonie lente et à la destruction totale de la France et de tout ce qui a fait sa grandeur.

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- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

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