Harcèlement scolaire. Devenu un délit, ce fléau aurait déjà touché 8 jeunes Français sur 10

harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire empoisonne la vie de nombreux jeunes Français, principalement au collège, mais aussi parfois dès l’école primaire. Désormais reconnu comme un délit pénal, ce fléau a déjà poussé certaines victimes jusqu’au suicide.

Harcèlement scolaire : 77 % des jeunes Français l’auraient déjà vécu

Nombreux sont les enfants et adolescents de l’Hexagone à être victimes de harcèlement scolaire. Un récent sondage OpinionWay réalisé pour le compte de la fondation Apprentis d’Auteuil a rapporté à ce sujet que le fléau concernerait près de huit jeunes sur dix.

En effet, 77 % des jeunes scolarisés ont déclaré avoir subi des violences au sein de l’école. Des violences qui, si elles demeurent majoritairement verbales, n’en sont pas moins traumatisantes pour les victimes. Ainsi, l’enquête révèle que 26 % des sondés ont déclaré avoir subi du harcèlement moral, 15 % des coups et 14 % du sexisme, du harcèlement sexuel ou des violences sexuelles.

Un harcèlement scolaire qui aurait principalement lieu au collège. Toutefois, un certain nombre d’élèves français a subi ces violences dès le plus jeune âge puisque 30 % d’entre eux ont indiqué en avoir été victimes dès le primaire ou avant.

Des conséquences dévastatrices pour les victimes

Par ailleurs, si le harcèlement scolaire est désormais davantage pris au sérieux par les pouvoirs publics (bien que le politiquement correct en vigueur en France empêche toute analyse exhaustive des causes initiales du phénomène…), c’est notamment parce que ce fléau a de multiples conséquences sur les victimes. Quand certains jeunes subissant du harcèlement scolaire perdent progressivement confiance entre eux ou décrochent en classe, 26 % de ses victimes ont confié avoir déjà eu des pensées suicidaires.

Pour ne rien arranger, la parole a bien du mal à se libérer chez les jeunes Français victimes de harcèlement scolaire puisqu’environ un sur cinq n’a pas osé en parler, préférant garder le silence. D’autre part, 26 % ont également avoué avoir fermé les yeux lorsqu’ils ont été témoins de cyberharcèlement envers d’autres élèves, ne dénonçant pas ces pratiques.

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Une campagne de sensibilisation contre le harcèlement scolaire aux effets mitigés

Aussi, alors qu’en cette année 2022, la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, instaurée en 2015, a lieu le 10 novembre, les services de l’Éducation nationale ont mis en place une campagne de sensibilisation contre cette autre forme d’ensauvagement qui touche la société française. Au programme dans les établissements scolaires du pays :  conférences, séances de sensibilisation, expositions, jeux de rôles, ateliers de coopération, présentations d’ouvrages dans les CDI. Avec une efficacité plus que mitigée si l’on en croit les résultats de l’enquête précédemment évoquée…
Selon le ministère de l’Éducation nationale, le harcèlement scolaire se définit comme suit : il s’agit d’une « violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique ». À l’école, « elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves qui se fondent sur le rejet de la différence et sur la stigmatisation de certaines caractéristiques d’une personne qui ne peut se défendre (l’apparence physique, le sexe, le handicap, un centre d’intérêt original, etc.). » Enfin, « ce rapport de force et de domination, ainsi que la régularité des agressions dans le temps, participent à l’isolement de la victime. »

Loi du 2 mars 2022 : acte symbolique ou réel effet dissuasif ? 

En dernier lieu, tandis qu’auparavant aucune sanction ne pouvait être prononcée à l’encontre des harceleurs, depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est devenu un délit, susceptible de poursuites judiciaires pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende dans les cas les plus graves.
Acte symbolique ou réel effet dissuasif ? En pratique, un enfant de moins de 10 ans coupable de harcèlement ne risque que peu au pénal : remise aux parents, remise aux services d’assistance à l’enfance, placement dans un établissement d’éducation ou dans un établissement médical, etc.
Entre 10 et 12 ans, d’autres sanctions pénales pourront venir s’ajouter : interdictions de fréquenter des lieux ou des personnes, confiscation d’objets, travaux scolaires, mesures de réparation… Enfin, à partir de 13 ans, mais surtout à partir de 16 ans, un harceleur pourra encourir des peines de prison et des amendes.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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5 réponses

  1. Sur 6 enfants, c’est 100 % au moins pendant le primaire. Ensuite, bourrage de crânes et tutti quanti.
    Si cela pouvait aussi s’appliquer aux enseignants et personnels !

  2. Le harcèlement scolaire ne date pas d’aujourd’hui, mais bien depuis la création des écoles.
    Et d’ailleurs cela ne se limite pas à l’école, mais dans le quartier, bien des jeunes se sont fait harceler depuis des siècles avec des agressions(voir le livre la guerre des boutons).

    Alors, qu’on fasse autant de propagande pour le harcèlement de notre époque me fait soupçonner des buts plus sombres. Par exemple, la suppression de l’anonymat, ou l’obligation de porter un bracelet électronique et connecté pour tous les enfants.

    Quand tous les médias sont unanimes sur un point, c’est qu’ils en ont reçu l’ordre, et qu’il y a une entourloupe à la clé.
    C’est toujours « pour notre bien » (ou celui des enfants, dans notre cas) qu’on nous prépare un beau coup fourré.

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