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Non, l’industrie textile bretonne n’est pas condamnée à disparaître ! Le secteur d’activité, après avoir connu un long déclin, semble rebondir depuis quelques années, avec un nombre d’entreprises et de salariés en augmentation.
L’industrie textile bretonne commence-t-elle à remonter la pente ?
Souvent présentée comme un secteur en déclin marqué par la désindustrialisation française, l’industrie textile connaîtrait plutôt un regain de forme depuis quelques années, si l’on en croit les conclusions de l’étude approfondie sur ce secteur dans les quatre départements de la Bretagne administrative. Une étude menée par la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) Bretagne en lien avec Mode Grand Ouest. À noter cependant que cette enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la filière, soit 90 entreprises, a vu ces dernières être interrogées au mois de juin 2022, le climat économique français s’étant dégradé depuis…
Premier élément à retenir de ce rapport, les effectifs de l’industrie textile ont augmenté de 16 % entre 2015 et 2021. Dans une moindre mesure, le nombre d’entreprises installées en Région Bretagne a connu, lui aussi, une croissance, estimée à 9 %. Cette hausse serait, selon l’étude, la plus importante enregistrée en France après la Corse.
Au total, le secteur de l’industrie textile compterait quelque 350 TPE/PME dans la région administrative. Ces dernières emploient au total plus de 3 000 salariés, soit environ 400 de plus par rapport à 2015, une année qui correspond au début de la reprise économique de cette industrie selon la CCI.
Cependant, dans une région largement dominée par l’industrie agroalimentaire, les salariés de l’industrie textile représentent moins de 2 % de l’emploi industriel breton (toujours sur les quatre départements) et 0,4 % des effectifs salariés totaux. À l’échelle nationale, l’écosystème français du textile emploie aujourd’hui à peine plus de 100 000 personnes.
Un secteur d’activité avec des nuances
Une fois ce constat relativement optimiste dressé, des nuances apparaissent dans ce rebond de l’industrie textile bretonne, avec des dynamiques différentes selon les domaines d’activité.
On peut par exemple noter que cette progression des effectifs dans le secteur est principalement due à la bonne santé de l’industrie du cuir et de la chaussure (+158,1 % en 7 ans). Ainsi, la part de ce domaine d’activité dans l’emploi total de la filière a doublé en 6 ans passant de 14 % à 30 %.
Toujours au niveau des effectifs, il s’avère que 8 entreprises sur 10 en Bretagne administrative sont des TPE employant moins de 10 salariés. Et plus de la moitié des établissements (56 %) emploie au plus 1 salarié.
Sur le plan géographique, l’étude de la répartition des établissements par domaines d’activité révèle des écarts conséquents. Ainsi, 1/3 des établissements de l’industrie de l’habillement est situé en Ille-et-Vilaine. Le département héberge aussi 43 % des acteurs économiques du cuir et de la chaussure. Pour la fabrication du textile, le Morbihan et le Finistère sont les premières terres d’accueil.
Plus précisément, l’étude indique que les zones d’emplois de Quimper et Fougères concentrent à elles deux 51 % des effectifs salariés de la filière textile en Bretagne (pour 18 % des établissements).
Industrie textile : des besoins de recrutement notables
Enfin, en termes d’emploi, la publication de la CCI indique que plus de 1 100 projets d’embauche sont recensés sur les 24 prochains mois sur l’ensemble de la filière. Quant aux dirigeants d’entreprises interrogés à l’occasion de cette étude, 95 % d’entre eux ont fait savoir qu’ils anticipaient une croissance ou une stagnation de leur activité pour les prochains mois.
Dans le détail, ce sont les métiers de la production qui ont les plus forts besoins de recrutement, avec plus de 900 projets de recrutement. Parmi ces derniers, les industriels bretons envisagent d’embaucher 450 couturiers dans les 24 prochains mois.
Problème, bien que le niveau d’études requis n’excède généralement pas le BEP, les candidatures à l’embauche se font rares. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant d’apprendre que 95 % des entreprises de Bretagne administrative interrogées qui déclarent avoir recruté ces deux dernières années avouent avoir rencontré des difficultés.
Par ailleurs, certains métiers du commerce (technico-commercial, responsable de magasin, chargé de e-commerce…) figurent également parmi ceux pour lesquels les entreprises du textile peinent le plus à recruter. Si les recrutements les plus difficiles concernent principalement des profils opérationnels, les profils de management font leur apparition dans le top 10 : responsable de magasin, responsable logistique.
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