La crise du secteur textile gagne la mode pour enfants

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La crise dans le commerce textile continue à faire de nouvelles victimes – d’après un baromètre LSA et Kantar publié par l’Officiel de la Franchise (juillet août 2023) le secteur de la vente de chaussures, vêtements et accessoires, qui avait généré plus de 10 millions d’euros au premier trimestre 2019 atteint à peine 9 millions d’euros début 2023 – et les volumes s’effondrent même de 22% sur les ventes et 20% sur les transactions en magasin par rapport à 2019. Les hausses de charges rendent l’équation impossible.

Dans ce qu’on appelle l’effet ciseau – moins de résultats, plus de charges – la marque de vêtements pour enfants Catimini, il est vrai déjà en difficulté depuis 2020, a annoncé la fermeture la quasi-totalité de ses magasins, soit 44 boutiques, tandis que cinq autres passeraient sous l’enseigne Jacadi du meme groupe. Elle ne sera plus proposée qu’en format « capsule » dans d’autres points de vente du groupe ID Kids et en vente en gros.

Autre enseigne concernée, C&A, qui ferme plusieurs magasins – Limoges en février 2024, Paris Rivoli et Boulevard Haussmann en février 2023, 143 salariés ont été reclassés, Coquelles (59) début 2024 aussi, à Charleroi en Belgique dans le courant de l’année… d’autres sont menacés.

Début juillet 2023, ce sont les enseignes Du Pareil au même et Sergent Major, de la Générale pour l’Enfant, qui ont été placées respectivement en redressement judiciaire et en procédure de sauvegarde, ouvrant la porte à la cession ou la fermeture de 50 à 100 magasins des deux marques et une nouvelle casse sociale, encore. La boutique Du Pareil au même de Mayenne, dans le département du même nom, a déjà fermé fin juillet.

Dans les colonnes de Capital (2.07), les raisons de la crise qui gagnent désormais les magasins pour enfants étaient posées : « depuis une quinzaine d’années le modèle du prêt à porter est soumis à rude épreuve avec des salaires à la hausse, des loyers qui augmentent, de la promotion quasi permanente, le tout engendrant une baisse des marges et de la rentabilité […] Mises sous perfusion pendant le Covid les enseignes doivent aujourd’hui rembourser les prêts de l’Etat [et] les clients […] poussent de moins en moins les portes de ces boutiques, dont les prix des produits ont bondi de 10% en moyenne ». Ajoutez y l’explosion de la fripe 2.0 avec Vinted et la réussite insolente de chaînes comme Zara ou H&M qui écrasent la concurrence, laissez mijoter et on obtient une crise que rien n’arrête.

La crise du commerce textile touche aussi évidemment les boutiques indépendantes, dont la presse annonce les fermetures comme autant d’avis de décès, comme à Saint-Nazaire où la boutique Baker Street a fermé début juillet, ou encore à Louviers (27), Mode à part est en liquidation du fait d’une perte de chiffre d’affaires, de l’inflation et d’une opportunité de vente du local, explique ainsi la Dépêche de Louviers. A Epernay dans la Marne (51), Deeluxe, touché par un incendie fin 2022, ne rouvrira pas non plus. A Lamballe (22) une boutique de maroquinerie et une autre de vêtements pour enfants ont mis la clé sous la porte en mai et pendant l’été respectivement.

10.000 emplois rayés de la carte depuis début 2023, des milliers de boutiques

La Montagne, du 3 juillet dernier, revenait sur la casse sociale majeure liée à la crise du commerce textile – près de 10.000 emplois ont été détruits depuis début 2023 seulement. Et des milliers de boutiques en quelques années, laissant autant de dents creuses dans les zones commerciales, les rues piétonnes et les centre-villes – déjà mal en point – des villes moyennes. A Vernon – toujours dans l’Eure, le Démocrate vernonnais a compté 11 fermetures de commerces en tous genres en quelques mois, minés par les crises à répétition…

D’après le tableau mis en ligne par la Montagne, 116 boutiques Chattawak, 144 Defimode, 186 Scottage, 99 chez DDP, 122 Blanc du Nil, 149 Vet Affaires, 89 Karl Marc John, 170 Sandro, 267 Brice, 127 Maje, une centaine de Cache Cache, 160 Tati, 84 Styleco, 124 Comptoirs des Cotonniers, 81 Pantashop, quelques dizaines de Breal, 20 Kookaï et 600 Camaïeu ont été fermées en quelques années. Dans cette dernière, où 8 employées sur 10 ont plus de 50 ans, à peine 10% des salariés ont retrouvé une activité – beaucoup de magasins étaient dans des villes moyennes où le textile se porte mal et les opportunités d’emplois ne sont pas spécialement abondantes.

Linge de maison : une entreprise des Vosges ouvre deux boutiques en Bretagne

Il y a néanmoins un contre-exemple intéressant, si marginal soit-il. L’entreprise de confection de linge de maison haut de gamme Garnier-Thiébaut, dans les Vosges, a ouvert deux boutiques en Bretagne, à Quimper le 27 juin dernier, et à Brest toute fin juin. Labellisée entreprise du patrimoine vivant, Garnier-Thiébaut confectionne du linge de maison, du linge de table, de lit, de bain… haut de gamme pour les entreprises et les particuliers.

LBG

Crédit photo : Pixabay (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “La crise du secteur textile gagne la mode pour enfants”

  1. Henri dit :

    Et le bouffon Le Maire qui, sourire niais aux lèvres, voulait mettre l’économie russe à genoux ! Ces types vivent sur une autre planète.

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