Dissolution potentielle de l’Assemblée nationale : Mathilde Hignet (LFI) et Jean-Charles Larsonneur (Horizons) en danger

Le 28 septembre, au cours d’un dîner avec les dirigeants de la majorité, Emmanuel Macron avait été clair : « Si une motion de censure est adoptée, ce sera dans la minute qui suit le retour devant les électeurs » (Le Canard enchaîné, 5 octobre 2022). Pour l’instant, l’Assemblée nationale a eu à se prononcer sur six motions de censure et aucune n’a été adoptée. Tout simplement parce que l’article 49.3 rend l’opération difficile : « Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée » ; soit 289 voix sur 577.

« Si demain le Président dissout, dans l’état actuel du paysage politique, il sera la principale victime, assène un cadre du groupe Horizons à l’Assemblée nationale. Le message aux Français serait : « Vous vous êtes égarés aux législatives de juin, on va vous remettre dans le droit chemin ». En revanche, prévient le même, si un jour une notion de censure renversait le gouvernement, Macron n’aurait pas le choix : « Il n’y a pas de majorité alternative, donc il faudra dissoudre. » (Marianne, 24 novembre 2022).

« Si le chef de l’Etat agite la menace d’une dissolution, il n’y a pas intérêt dans l’immédiat (il ne serait pas assurer de retrouver une majorité plus nette). Et la plupart des forces politiques, RN excepté, n’y auraient pas intérêt non plus, tant elles restent fragiles », explique Solenn de Royer dans Le Monde (mercredi 9 novembre 2022). Et puis à l’Elysée, on est obligé de tenir compte des sondages qui ne sont pas encourageants. « Quel jugement portez-vous sur l’action du président de la République ? » 59 % des personnes interrogées répondent : « Défavorable » (Baromètre Ipsos, Le Point, 17 novembre 2022). « Etes-vous satisfait ou mécontent d’Emmanuel Macron comme président de la République ? » 62 % des personnes interrogées sont mécontentes (Ifop, Le Journal du dimanche, 20 novembre 2022).

Si dissolution il y avait, en Bretagne, plusieurs députés seraient menacés – celles et ceux qui ont été élus ric-rac au second tour de juin. Dans la circonscription de Brest centre, pour Jean-Charles Larsonneur (Horizons), le risque serait grand de devoir retourner jouer au diplomate. En effet, au second tour, il n’a battu Pierre-Yves Cadalen (Nupes-LFI) que de 118 voix (18 127/18 009), soit une différence de 0,32 point (50,16 %/49,84 %). A Carhaix, Mélanie Thomin (Nupes-PS) n’a devancé Richard Ferrand (Ensemble-Renaissance) que de 804 voix (23 948/23 144), soit une différence de 1,70 point (50,85 %/49,15 %). A Redon, Mathilde Hignet (Nupes-LFI) l’a emporté avec 22 856 voix (50,36 % des exprimés) contre 22 528 voix (49,64 %) pour la candidate macroniste, Anne Patault (Ensemble-Renaissance) ; ce qui donne une différence de 328 voix et de 0,72 point. La situation risquerait d’être tout aussi délicate pour Lysiane Métayer (Ensemble-Renaissance) à Lorient ; elle n’a devancé Damien Girard (Nupes-EELV) que de 1 032 voix (19 666/18 634), soit 2,70 points (51,35 %/48,65 %) ; et le poids politique et électoral de Jean-Yves Le Drian n’étant plus ce qu’il a été, son appui ne pèserait pas lourd dans la balance.

Promenade de santé pour Molac, Le Fur et Benoît

En Bretagne, il y a également des députés sortants qui seront réélus dans un fauteuil. Le champion s’appelant Paul Molac (régionaliste, Ploërmel). A ce second tour, il a écrasé la candidate macroniste Rozenn Guégan (Ensemble-Horizons) : 37 678 voix (73,43 %) contre 13 631 voix (26,57 %) ; ce qui donne une avance de 24 047 voix (46,86 points). Autre député solidement implanté, Marc Le Fur (LR) à Loudéac. Lui aussi a écrasé son adversaire du second tour, Antoine Ravard (Nupes-PS) : 30 012 voix (64,87 %) contre 16 254 voix (35,13 %), soit une différence de 13 758 voix (29,74 points). A Fougères, Thierry Benoît (Ensemble-Horizons) n’a aucune raison de craindre une dissolution. Au second tour, il avait obtenu 26 431 suffrages (61,69 %), alors que Hélène Mocquard (Nupes-LFI) avait dû se contenter de 16 413 voix (38,31 %). D’où une différence de 10 018 suffrages (23,38 points). Quelques autres députés pourraient également faire preuve d’optimisme, vu leurs résultats du second tour : Julie Laernoes (Nupes-EELV) qui a obtenu 58,02 % des exprimés à Nantes-Rezé. Anne Le Hénanff (Ensemble-Horizons) qui a obtenu 59,25 % des exprimés à Vannes. Jimmy Pahun (Ensemble-Modem) qui a obtenu 58,60 % des exprimés à Auray. Christine Le Nabour-Cloarec (Ensemble-Renaissance) qui a obtenu 58,66 % des exprimés à Vitré. Mais il ne faut pas oublier le « tueur » de Florian Bachelier (Ensemble-Renaissance), député sortant (circonscription de Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande), premier questeur de l’Assemblée nationale. Mickaël Bouloux (Nupes-PS), maire du Rheu, lui a en effet infligé une sévère correction : 28 261 voix (57,97 %) contre 20 489 voix (42,03 %), soit une différence de 7 772 voix (15,94 points).

On peut également signaler une particularité du premier tour de ces élections législatives (12 juin) : en Bretagne, le RN a fait figure de « troisième homme » et même de faiseur de roi, faute de pouvoir se qualifier pour le second tour. C’est Aurélie Le Goff qui a réalisé le meilleur score dans la région : 21,60 % à Gourin-Hennebont. Et Nicolas Gasnier le plus mauvais : 4,99 % à Nantes centre. La sociologie explique tout : des ruraux dans la première circonscription et des bourgeois bobos dans la seconde – d’où la victoire d’Andy Kerbrat (Nupes-LFI).

BM

Crédit photo : DR

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6 réponses

  1. Cela fait bcp de minusculrs écarts de voix

    La démocratie représentative est bien une imposture. Il faut s’en débarasser et adopter la CONSTITUTION SUISSE.

  2. la comptabilité prouve que ces zélus sont plus intéressés par leur gamelle que par le bien publique! macron ne dissoudra jamais tant il redoute d’être encore plus désavoué

  3. Dissoudre? Avoir une majorité opposée? Le Président prépare sa sortie pour 2023, l’année des élections européennes. Madame Van Der Leyen finit son mandat en 2023. Voilà un destin pour lequel MACRON travaille sa COM et son image de grand décideur/négociateur Européen. Peu importe les vrais succès, l’essentiel est d’avoir l’air. D’où les voyages, les visites aux grands de ce monde sans résultats…Bientôt Emmanuel 1er sera sacré empereur d’Europe! Il sera aussi prix Nobel de la paix.. C’est beau un destin… Bon son anglais laisse beaucoup à désirer…

  4. Dissoudre ? OUI. ET. DÉFINITEMENT.

    Alors que les bouffons des prétendues oppositions se refusent à renverser le gouvernement. Alors que les députés pondent des  » lois  » sur la corrida et la chasse… cette assemblée n’a plus de raison d’être, et elle a fait trop de mal depuis plus de 2 siècles.

    Il est temps de donner TOUS les pouvoirs à un gouvernement fort, de militaires, pour sauver ce qui reste possible dans notre pays détruit, d’abord rétablir les frontières, la monnaie refuge du travail épargné, la sécurité civile, et la justice.

    et de constituer sans délai un nouveau Sénat avec des hommes compétents, courageux, ayant réussi leurs vies professionnelles, et pris des risque pour le  » bien commun « . Tous des modèles à l’opposé des énarques, des traîtres, des profiteurs etc. qui ont pris partout les pouvoirs législatifs, exécutifs, judiciaires etc. Ils sauront prendre les décisions stratégiques.

    Des personnalités libres, comme le scientifique Peronne, l’économiste Gave, et deux ou trois cents autres tout aussi compétents et courageux, moins connus hélas car beaucoup ont vu les tyrans vouloir briser leurs vies professionnelles et sociales.

    SUPPRIMER LES MINISTÈRES jacobins qui se sont accaparé la vie des Gaulois, décident de tout à leurs places dans l’enseignement, la santé, l’agriculture, la sécurité, la monnaie, la maternité et la paternité, etc. alors que les fonctionnaires n’ont aucune compétence, et ont acculé les libres entrepreneurs au licenciements de millions de travailleurs.

    SUPPRIMER LES PRÉFECTURES qui imposent les volontés des tyrans parisiens au service des idéologues jacobins depuis deux siècles et maintenant des oligarchies globalistes.

    Rétablir les PARLEMENTS RÉGIONAUX qui veilleront à l’application des lois fondamentales du royaume et de la loi naturelle, et des lois régionales.

    Doter chaque région d’un SÉNAT RÉGIONAL où des personnalités désignées, par le commandement militaire régional en charge du salut du pays, pour leurs qualités prouvées par une vie professionnelle réussie et exemplaire ( comme pour le Sénat National il y a partout en France des Peronne, Raoult, Gave, etc. à tous les niveaux jusque dans les simples lycées professionnels ) qui sera chargé de prendre les décisions politiques.

    Et un GOUVERNEUR Régional chargé de les appliquer.

    Un système politique pouvant s’inspirer au choix : de la constitution suisse, avec sa démocratie directe et la subsidiarité entre villes, régions, état ; et de la monarchie qui fit de la Gaule une nation merveilleuse à la pointe de tout : spiritualité, gouvernement, parlements régionaux, techniques, arts, industries, justice, armée, flotte, etc. jusqu’à inventer le ballon et la machine à vapeur.

    8 millions de chômeurs attendent de pouvoir retravailler, de gérer par eux mêmes leurs caisses d’assurances sociales et de décider quand ils prendront leur  » retraite « . Place aux corporations où la raison l’emporte.

    Et que les deux millions d’énarques tyranniques et de fonctionnaires inactifs, travaillent sous les directives de patrons compétents de PME qu’ils ont brisés menus, et d’artisans qu’ils ont décimés et qui leur apprendront à travailler… sans la haine qui serait un retour après tant de souffrances.

    Fuck l’État omnipotent, incompétent, ennemi des libertés !

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