Réunification de la Bretagne. Louis Le Pensec, un Breton d’opérette

Ils sont trois. Deux journalistes (Benjamin Keltz et Philippe Créhange) et un dessinateur (Eudes). Grâce à une enquête qui a duré deux ans, ils ont accouché d’une bande dessinée « La Frontière bretonne » (Les éditions du coin de la rue). Il s’agit d’une « enquête inédite sur la réunification de la Bretagne ».

Pour ce faire, ils ont interrogé moult personnages, recueilli des témoignages, consulté des archives. Nous avons affaire à un produit « grand public », ce qui nous change des livres habituels. Trente-six anecdotes sont contées. Aujourd’hui, nous nous contenterons d’en évoquer une qui résume bien le fonctionnement des politiques bretons.

En 1981, après la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle, Louis Le Pensec (PS), député-maire de Mellac (près de Quimperlé), est devenu ministre de la Mer. Lors d’un cocktail organisé dans son ministère, il s’entretient avec Alain Chénard (PS), député-maire de Nantes, et Edmond Hervé (PS), ministre et maire de Rennes, de la question bretonne. Un troisième larron, Bernard Poignant (PS), présente le dossier : « La réunification de la Bretagne poserait la question de la capitale régionale : Rennes ou Nantes ? ». Le Pensec interroge Hervé : « Edmond, es-tu pour ? ». Réponse : « Non ». Le Pensec interroge ensuite Chénard : « Alain, es-tu pour ? » Réponse : « Non ».

Le ministre conclut de belle manière la discussion: « Alors c’est simple, le buffet est là… » Louis Le Pensec s’était fabriqué une image de « bon Breton », si bien qu’il était apprécié des militants régionalistes ; il apparaissait volontiers dans Armor magazine – le mensuel de Yann Poilvet. En réalité, il n’a jamais rien fait pour la cause bretonne. Comme d’autres politiciens de droite et de gauche.

Bernard Morvan

PS : la frontière bretonne est à commander aux éditions le coin de la rue, ici

Crédit photo : DR

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2 réponses

  1. Plus que la capitale bretonne c’est avant tout leurs intérêts électoraux que ces élus défendaient en Bretagne historique il n’y a jamais vraiment eu de CAPITALE politique qui n’a aucun sens si ce n’est de créer des postes politiques et administratifs sans aucun sens sociologique ni économique d’où l’intérêt des ces politiques et fonctionnaires vivant d’argents publics en maintenant deux métropoles historiques séparées NANTES le pole économique breton et même celui industriel de l’ouest avec la construction navale et aéronautique avec St Nazaire et RENNES le pole juridique avec le PARLEMENT de BRETAGNE et de sa cour d’appel incluant d’ailleurs la Loire Atlantique dans sa juridiction Citroen à été implanté par de Gaulle à Rennes pour initier une activité industrielle et l’essor de l’immobilier de Rennes du fait de sa proximité de Paris et du TGV ont favorisé son développement à noter l’expertise de l’Ecole Militaire des TRANSMISSIONS dans l’histoire de BZH Rennes a toujours regardé vers Paris tandis que Nantes a toujours regardé vers la mer le commerce et l’industrie dont la construction navale c’est pour cette raison à mon avis que le premier gouvernement Macron du renie quinquennat originaire du port du HAVRE grand concurrent de St Nazaire a saboté le grand aéroport se Notre Dame des Landes souhaité de longue date par la majorité des élus et industriels du bassin économique de Nantes dont l’impact va bien au-delà des simple département de Loire Atlantique car il s’étends sur toute la bretagne administrative dont Lorient et Brest et sur tous les départements limitrophes incluant les Pays de Loire qu’est il le plus important l’économie ou la réaction des élus socialistes ne vivant qu’aux crochets de l’argent public ? yannick louis Mahé

  2. Il ne faut pas tourner autour du pot : LA BRETAGNE EST UNE COLONIE. Ce fut même la première des colonies. Il n’y a que les Bretons, bernés depuis des siècles, pour ne pas le voir. Qu’on veuille bien me pardonner de me citer moi-même à ce propos ou plutôt de citer Lois Kuter, une universitaire américaine qui a publié une thèse intitulée « Breton Identity, Musical and Linguistic Expression in Brittany, France ». Lois Kuter, maintenant à la retraite, publie depuis les années soixante-dix du siècle dernier un bulletin trimestriel, « Bro Nevez », qui est une source unique d’informations sur le combat pour la langue bretonne. Que lui ait été décerné le Collier de l’Hermlne n’est pas étonnant, mais particulièrement mérité. Elle est d’ailleurs, à ma connaissance, la seule personnalité étrangère qui ait eu cet honneur.

    La thèse de Lois Kuter est passionnante. Le chapitre qui a pour titre « French and Breton nationalism », dans lequel elle se réfère à son compatriote Eugen Weber, auteur de « Peasants into Frenchmen :The Modernization of Rural France, 1870-1914 ». Que dit cet historien américain ?

    « D’un point de vue colonial, la Bretagne offrait les plus grandes possibilités. Après son union forcée au XVIième siècle, les villes de Bretagne furent envahies par des Français qui imposèrent leur domination ou remplacèrent les marchands du cru et francisèrent les gens qu’ils employaient ou influençaient d’une manière ou d’une autre. Les ports royaux comme Lorient et Brest étaient des villes de garnison en territoire étranger et le terme de colonie était fréquemment employé pour les décrire. »

    D’après Weber, les méthodes utilisées pour le « développement » économique et culturel de territoires tels que la Bretagne servirent de modèles en Afrique. Du point de vue culturel, qui est celui auquel s’attache particulièrement Lois Kuter, Weber note que la politique du gouvernement central ne visait pas seulement, au moyen de l’enseignement exclusif du français, à faire des citoyens des périphériesdes patriotes français, mais, en Bretagne comme en Afrique, à les civiliser.

    Rien n’a changé. La Bretagne n’a pas son mot à dire concernant les décisions qui la concerne, qu’il s’agisse de la langue bretonne ou de son unité territoriale, ce qui est la définition du terme « COLONIE !

    Marcel Texier

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