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Quand, en Espagne, trois provinces sur quatre enregistrent un nombre de naissances inférieur à celui des étrangers fraîchement arrivés, il est temps de s’interroger sur les transformations sociétales en cours…
En Espagne, l’enjeu démographique plus que jamais d’actualité
La question problématique de la démographie espagnole est un sujet que nous avons déjà abordé à plusieurs reprises sur Breizh-Info. Un sujet qui a également été au cœur d’un rapport intitulé « Espagne 2050, fondements et propositions pour une stratégie nationale de long terme », un document de 676 pages présenté par le Premier ministre Pedro Sanchez au mois de mai 2021. Cette publication, résultat d’un an de travail d’une centaine de chercheurs et hauts fonctionnaires espagnols, a pour objectif de faire de l’Espagne l’un des pays les plus modernes et prospères de l’Union européenne d’ici 30 ans.
À la lecture du rapport, on apprenait ainsi que ses auteurs suggéraient au gouvernement espagnol d’accueillir en moyenne 250 000 immigrés chaque année en Espagne d’ici 2050 afin de limiter la baisse de la population en âge de travailler à 1,8 millions de personnes au cours de ces 30 prochaines années tandis qu’« en 2050, un Espagnol sur trois aura 65 ans ou plus, et pour chaque personne de ce groupe d’âge, il n’y aura que 1,7 personne en âge de travailler (aujourd’hui, il y en a 3,4) ».
Depuis, cet épineux sujet de la démographie est régulièrement abordé en Espagne. Le 15 janvier, le journal numérique El Confidencial a publié un article qui retient l’attention.
Un nombre de migrants supérieur à celui des naissances
À sa lecture, nous apprenons ainsi qu’environ trois provinces sur quatre en Espagne (le pays comptant 50 provinces regroupées au sein des 17 communautés autonomes) enregistrent désormais plus d’arrivées de migrants que de naissances. Un constat qui n’est pas uniforme puisque des exceptions existent au sein du pays. C’est notamment le cas de la région de l’Estrémadure, de l’intérieur de l’Andalousie ou encore de certains secteurs des régions castillanes.
Mais ces précisions n’éclipsent pas l’essentiel : la majorité de la nouvelle population espagnole vient désormais de l’étranger. À l’instar de ce qui se passe dans presque tous les pays d’Europe de l’Ouest, l’évolution démographique de l’Espagne est totalement conditionnée par l’immigration.
De plus, l’article rappelle également qu’un quart des nouveau-nés en Espagne ont également une mère étrangère. Et les statistiques disponibles ne tiennent pas compte des personnes qui ont reçu la nationalité espagnole avant de donner naissance. À titre d’exemple : une immigrée venue de Colombie peut être comptée comme une mère étrangère dans l’enregistrement de son premier enfant et, trois ans plus tard, comme une mère espagnole dans l’enregistrement de son deuxième enfant.
Plus de 200 000 immigrés régularisés en 2021
En Espagne, les démographes préfèrent généralement comparer le solde naturel de la population (les naissances moins les décès) avec le solde migratoire (l’immigration moins l’émigration) pour analyser le phénomène. Au prétexte qu’il s’agirait de chiffres plus élaborés et plus précis, bien que moins intuitifs.
Cependant, dans tous les cas, ils parviennent à des conclusions très similaires : depuis des années, la population de presque toutes les provinces espagnoles est fortement dépendante de l’arrivée d’étrangers.
« L’accroissement naturel est négatif dans pratiquement toute l’Espagne, mais cela ne signifie pas que la population diminue. Et ce qui empêche cela, c’est l’immigration. C’est un phénomène qui se produit dans des pays comme l’Allemagne depuis les années 1980 », selon Antonio J. Argüeso, directeur général des statistiques démographiques à l’INE (Institut national espagnol de la statistique) cité par El Confidencial.
De nombreuses autres comparaisons peuvent être faites pour mesurer le phénomène. Selon le ministère espagnol de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, plus de 202 000 immigrés ont reçu la nationalité espagnole en 2021, à comparer aux 336 000 naissances enregistrées dans le pays la même année.
L’Espagne, un cas spécial de la chute du taux de natalité
La tendance s’est amorcée il y a deux décennies et a continué à s’intensifier par à-coups malgré les crises successives, non pas tant en raison d’une augmentation du taux d’arrivée d’étrangers que de la chute continue du taux de natalité. Le cas de l’Espagne est différent de celui des autres pays occidentaux car, jusqu’à la fin des années 1990, le solde migratoire était négatif (il y avait plus de personnes qui partaient que de personnes qui arrivaient dans le pays).
Mais à partir de 1999, l’une des vagues d’immigration les plus intenses jamais enregistrées a commencé. Julio Pérez, chercheur au CSIC et créateur d’Apuntes de Demografía, rappelle que certaines années entre 2000 et 2010, le solde migratoire dépassait 700 000 personnes par an. « En termes relatifs, ce sont des chiffres qui n’ont jamais été atteints, même aux États-Unis », a-t-il précisé.
Cette vague a été si intense que, combinée à l’augmentation de l’espérance de vie, elle a également réussi à renverser le solde naturel de la population pendant un certain temps, le rendant positif, puisque les migrants ont tendance à entreprendre le voyage à un âge fertile et à avoir plus d’enfants que la moyenne. Puis, à partir de 2008, la crise économique a de nouveau inversé la situation. Avec l’effondrement de l’emploi au cours de ces années, l’Espagne a enregistré un solde migratoire négatif.
Mais il est reparti à la hausse en 2015 et est resté positif depuis, même avec les restrictions de voyage et le ralentissement économique pendant la pandémie de Covid-19. Ainsi, le solde migratoire actuel s’élève à environ 500 000 personnes par an, un chiffre qui permet à l’Espagne de continuer à croître en population.
En 2037, un résident sur quatre en Espagne sera né à l’étranger
Ces dernières années, comme nous le précisions précédemment, plusieurs projections ont été faites sur les évolutions futures de la démographie espagnole, à commencer par celles de l’INE. Ainsi, les prévisions des groupes de chercheurs quant à ces projections démographiques, bien que très « conservatrices » et tendant à prévoir des remontées de la natalité, des ralentissements du solde migratoire et une sous-estimation de l’espérance de vie, anticipent une augmentation significative et constante du pourcentage de la population étrangère. Ces études estiment en effet que, d’ici 2037, un résident sur quatre en Espagne sera né à l’étranger si aucun changement sociétal d’envergure n’intervient d’ici là.
Aussi, dans l’hypothèse où ces prévisions se confirmeraient à l’avenir, il s’agirait alors d’une transformation qui changera la carte politique, économique et culturelle de l’Espagne, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays occidentaux.
Enfin, l’une des analyses réalisées par Fernando Rubiera, professeur d’économie urbaine et régionale à l’université d’Oviedo, est également intéressante au sujet de l’exode qui verrait les Espagnols des régions les plus désertiques converger vers les métropoles et les territoires plus attractifs au plan économique : « Les immigrés sont plus mobiles que les locaux car ils n’ont pas de racines. Ils se déplacent vers les zones les plus dynamiques, où il y a plus de travail, et contribuent à la concentration de la population. Une société comptant davantage d’immigrés est une société plus susceptible de concentrer sa population ».
Une société de déracinés en somme. Et l’Espagne commence elle aussi à en faire l’amère expérience…
Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
5 réponses à “Espagne. Quand le nombre de migrants dépasse celui des naissances…”
Les »migrants » sont des musulmans… qui augmentent l’insécurité dans les pays des non-musulmans! Nos médias ne parlent pas de la PERSECUTION que subissent les Chrétiens dans les pays musulmans:360 millions de chrétiens sont persécutés dans le monde soit 15 chrétiens meurent chaque jour victimes de persécutions voir https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/religion-plus-de-360-millions-de-chretiens-persecutes-dans-le-monde-selon-une-ong_5609444.html….bientôt,en France, les musulmans seront plus nombreux que les non-musulmans…ainsi qu’en Espagne!…
Ne nous réjouissons pas , la France en prend le chemin d’ailleurs macron et son orchestre sont ce jour en Espagne afin de consulter le mode d’emploi .
Le vrai problème n’est jamais » l’étranger » mais dans notre cas c’est l’ Islam conquérant qui veut islamiser toute l’ Europe et remplacer les lois démocratiques par leur loi religieuse islamique et là, ce sont vos petits enfants qui risquent de subir ce processus et pas ceux qui l’encouragent aujourd’hui.
c’est cela la grande journée de réflexion en ESPAGNE ???
c’est cela la nécessité de grandes écoles pour mener le pays et le peuple JUSTE UN PEU DEBILE ????
ils mettent en pratique le plan Bayrou prévoyant l’importation de millions d’immigrés ! merci la macronie