Près de 7 télétravailleurs sur 10 effectuent des heures supplémentaires non rémunérées

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Depuis la crise sanitaire, le travail à distance et le modèle hybride sont devenus la norme pour de plus en plus de travailleurs en Europe avec une progression des accords de télétravail. Il existe, en revanche, de grandes disparités concernant la qualité de vie au travail entre télétravailleurs et collaborateurs sur site. C’est ce que révèle l’enquête « People at Work 2023 » de l’ADP Research Institute, réalisée auprès de plus de 32 000 actifs dans 17 pays, dont près de 2 000 en France.

Des télétravailleurs optimistes sur l’avenir mais plus enclins à se réorienter

Les télétravailleurs français se considèrent relativement optimistes concernant les cinq prochaines années au niveau professionnel (84 %), comparé à la moyenne globale des salariés interrogés (75 %), notamment leurs collègues qui travaillent uniquement sur site (72 %). Si 91 % des salariés travaillant à distance uniquement sont satisfaits de leur emploi actuel, ils sont 81 % à avoir activement envisagé la possibilité de changer de plans de carrière au cours de l’année passée, contre 54 % pour leurs collègues sur site. Leurs différentes options d’évolution professionnelle concernent principalement le passage d’un temps plein à un temps partiel (21 %), le changement de secteur d’activité (20 %), ou la demande d’un congé sabbatique (20 %).

Alors que le salaire reste l’élément le plus important dans leur poste pour l’ensemble des répondants de l’étude, la disparité est notable entre les salariés en télétravail (41 % le classe comme la principale motivation au travail) et les salariés sur site (plus de 68 %). Pour ces derniers, c’est la sécurité de l’emploi qui arrive en 2e position (44 %) alors que les travailleurs à distance mettent plutôt en avant la flexibilité des horaires de travail (26 %).

Un stress accentué en télétravail…

Il semblerait que les salariés qui travaillent à distance soient plus susceptibles d’éprouver du stress dans leur quotidien. En effet, ils sont 78 % à ressentir du stress au moins une fois par semaine, contre 69 % pour les collaborateurs sur site. Un stress qui affecte leur travail selon 82 % d’entre eux, contre 57 % pour les personnes en présentiel.

Contrairement au niveau mondial où 67 % des télétravailleurs affirment se sentir soutenus par leur direction en matière de santé mentale au travail (contre 59 % pour leurs collègues sur site), ils sont seulement la moitié en France (52 %) à considérer recevoir de l’aide de la part de leur manager dans ce domaine, contre 41 % des salariés en présentiel.

… Mais une plus grande part de collaborateurs sur site estiment que leur employeur n’agit pas en faveur de leur santé mentale

Les collaborateurs sur site sont 36 % à juger que leur employeur ne prend aucune mesure proactive pour favoriser leur santé mentale au travail, alors que ce chiffre n’est que de 17 % parmi les télétravailleurs en full remote. L’ensemble des salariés note que les principales actions menées pour promouvoir une bonne santé mentale au travail comprennent le droit à la déconnexion en dehors des heures de travail (17 %), le fait de s’enquérir de leur bien-être (17 %), l’octroi de jours de congés dédiés au bien-être (15 %), ainsi que des pauses dédiées à la gestion du stress (14 %).

Des télétravailleurs coutumiers des heures supplémentaires non rémunérées

Plus de deux tiers des télétravailleurs (68 % contre 56 % de leurs collègues sur site) déclarent effectuer des heures supplémentaires non rémunérées. Un chiffre conséquent mais en baisse par rapport à l’année précédente (76 %). Les travailleurs à distance donneraient en moyenne à leurs employeurs l’équivalent de 7,66 heures supplémentaires non rémunérées effectuées sur leur temps libre chaque semaine, comparé à la moyenne de 5,06 heures pour ceux qui exercent sur site. De plus, ils sont 51 % à avouer envisager de faire des heures supplémentaires non payées pour sécuriser leur emploi (contre 26 % des collaborateurs en présentiel). Ces chiffres montrent que les salariés à distance effectuent des heures supplémentaires chaque jour sans rémunération additionnelle, que ce soit en commençant leur journée de travail plus tôt ou en se déconnectant plus tard, en prenant des pauses raccourcies, ou en restant disponibles en dehors des horaires de travail habituels afin de toujours répondre présents. Par ailleurs, 57 % des télétravailleurs estiment que leur employeur surveille davantage les collaborateurs qu’auparavant et 54 % d’entre eux se sentent même jugés du fait qu’ils jouissent de conditions de travail flexibles.

 Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2024, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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